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Fiche livre | | |
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 Cliquez pour agrandir | Morituri De Yasmina Khadra Editeur : Baleine Parution le : 19 Mai 1998
Un livre document sur l'Algérie actuelle, préfacé par Marie-Ange Poyet, journaliste au Figaro. "De ma fenêtre, je peux voir la misère de la casbah, sa noirceur de rinçure et au bout, la Méditerranée. Il fut un temps où, de mon mirador de patriote zélé, il me semblait que la noblesse naissait de ces gourbis meurtris par la guerre et les déconvenues. C'était le temps où Alger avait la blancheur des colombes et des ingénuités. C'était le temps des slogans, du chauvinisme; le temps où le Mensonge, mieux qu'un pépé mythique, savait nous conter fleurette. Aujourd'hui, de sous les décombres des abus, la Nation retrousse ses robes sur des avortons terrifiants, et mon havre de fierté supplante en laideur la plus horrible des barbaries. Désormais, dans mon pays, il y a des gosses que l'on mitraille simplement parce qu'ils vont à l'école, et des filles que l'on décapite parce qu'il faut bien faire peur aux autres. Désormais, dans mon pays, à quelques prières du bon Dieu, il y a des jours qui se lèvent uniquement pour s'en aller, et des nuits qui ne sont noires que pour s'identifier à nos consciences…". | [Poche]
Commentaires Amazon| 2007-07-31 | Note : 1/5 | décevant J'adore le style de cet écrivain, métaphorique, poétique, très visuel, et dans ce roman s'ajoute un cynisme délicieux, des dialogues secs et vifs, et le personnage de Llob est le champion des réparties cinglantes. Le contexte est forcément noir, l'Algérie aux prises avec le terrorisme et l'intégrisme, etc. Tout ça c'est très bien, mais que dire de l'histoire ? L'intrigue a du mal à démarrer, elle finit par prendre une tournure bizarre, confuse, bâclée. Je n'a pas réussi à m'intéresser à l'enquête de Llob, bien mince et sans surprise. Sans le style de Khadra et le personnage de Llob, j'aurai sombré dans l'ennui total.
La fin est consternante, mais je pense (et j'espère !) qu'elle appelle le deuxième volume. Je ne pense pas récidiver avec les polars de Khadra, ou alors dans longtemps, quand j'aurai oublié ma déception du moment.
| | 2007-01-30 | Note : 5/5 | Sabrine dans la tourmente Comme chaque jour, depuis que la guerre civile sévit en Algérie, le commissaire Llob se réveille aux côtés de son épouse Mina, et reconnaît que c'est un miracle qu'il puisse encore voir l'aube se lever sur Alger vivant et arriver au central, même avec une heure de retard, en raison des mesures de sécurité (« il nous est impérativement recommandé de travestir nos habitudes »). Cette fois Monsieur Ghoul Malek, nabab de la ville, lui fait part de la disparition de sa fille Sabrine et ne lui donne pour toute information qu'une photo d'elle (« c'est suffisant quand on est fin limier »). C'est donc sur la base de ce maigre indice que se fonde l'enquête de Llob et du lieutenant Lino, son fidèle compagnon de route. Une route qui les mène droit aux Limbes rouges, un cabaret que la jeune disparue était réputée fréquenter et qui s'avère être un lieu où se réunissent toutes les huiles des principaux réseaux terroristes du pays... Yasmina Khadra a su, dans un style remarquablement imagé où se conjuguent le langage parlé familier et le savant usage de la métaphore et de l'ironie, donner à voir la guerre civile avec beaucoup de sobriété et de réalisme, sans pathos, au contraire, avec cet humour grinçant qui dresse d'Alger un tableau à la fois intime et satirique, que sous-tend une condamnation ferme de toute forme d'intégrisme et de fanatisme religieux.
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