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Va où ta queue te mène

Va où ta queue te mène

Auteur : Théo Stern

Editeur : Le Dilettante

Pour bien se diriger, suivre les frétillements de sa boussole, se caler sur les vibrations de l’aiguille, surtout celle que la nature vous a fichée entre les cuisses. Marcher à la queue, comme d’autres à l’étoile, ou certains au canon, telle est la méthode de Théo Stern, roi mage en route vers un en-deçà de jouissances permanentes, son pénis comme cap unique. Théo Stern, figure connue de la société civile, agit là sous le loup d’un pseudonyme passe-partout. Il faut néanmoins le truchement malin d’une étudiante, Jill, et les ombres capiteuses, les sièges « moelleux » d’un bar chic, le Crillon, pour ouvrir les écluses d’une mémoire libertine bondée de noms, soûlée de frottements, frôlements, épanchements multiples, postures et caresses complices. Le coup d’envoi a lieu sur un cône de sable, de nuit, au cœur d’un chantier, suit Frédérique pour de l’amour en chambre (de bonne), Clémence tôt partie, Anne-Laure, Mélanie, Laurence l’infirmière, etc., une rafale de petits noms, une parade méticuleuse d’instants choisis, de jouissances précises ne cesseront de défiler, spasmes annotés avec humour par des notes d’une érudition caustique. Les variations semblent infinies, de la petite mélodie physiologique, pays, physique, circonstances, le carrousel n’a de cesse de tournoyer, l’aiguille de vibrer. Le pôle sexe est en vue, toujours à reconquérir, jamais atteint.
Entre l’indolence acérée d’un Frank et les frénésies d’inventaire d’un Bonnand : voilà Théo Stern, son minutier érotique et ses vaginales annales.

16,00 €
Vendeur : Amazon
Parution :
217 pages
ISBN : 978-2-8426-3117-8
Les avis

La presse en parle

Itinéraire recommandé
J'écris ceci le 25 décembre et me sens des envies de vacances. Je vais combler ce caprice : voici un livre que je n'aurais peut-être pas ouvert s'il eût été orné de six mots (le titre) moins gaiement anarchistes. Du Dilettante, du reste, rien ne nous étonne : maison rieuse, joueuse, où l'on se vante de tirer tous les livres à 2 000, mais où l'on trouve papier et encre pour fabriquer les 600 000 exemplaires du livre d'Anna Gavalda. C'est ainsi que doit être l'édition dans une société littéraire devenue bagarreuse, fielleuse et pour tout dire débectante. Un livre comme les souvenirs amoureux de Théo Stern doit-il être livré aux promesses excessives de son joli titre ? Va où ta queue te mène est un conseil risqué agrémenté d'un sourire modérateur : suivons donc cette queue-là, elle ne nous mène pas en enfer.

Qui est Théo Stern ? L'éditeur nous dit avec une discrétion bien brumeuse que ce Théo est né vers 1950 et qu'il est un membre en vue de la société civile. Assez en vue en tout cas pour préférer rester dans l'anonymat, même s'il n'en est pas à son coup d'essai. Encore une remarque sur le travail de l'éditeur : le choix, pour la couverture, d'une peinture poilue peut être considéré comme une évocation des petits clebs de Dorothea Tanning ou un hommage à la sulfureuse toile l'Origine du monde, de Gustave Courbet. Tout ça, on le voit, assez chaud, sinon hard. Ces souvenirs d'un dragueur sont en fin de compte d'une pudeur étonnante. Le narrateur s'y donne le beau rôle avec une bonhomie et une modestie de bonne compagnie.

A quoi ressemble-t-il ? Je crois deviner que Théo Stern aime beaucoup les errances parisiennes, littéraires et gastronomiques de Bernard Frank. De ses rêveries, réflexions, adresses successives, Frank a fait un art de vivre, une nonchalance, un dandysme entre tous reconnaissable. Théo Stern a pigé le truc, et qu'il y faut du talent, du naturel. Il les possède : le narrateur se raconte avec une abondance jamais graveleuse. Ses morceaux de bravoure combleront le lecteur, lequel a envie d'apprendre comment évoluent les bars du Ritz, du Plaza (hélas !), du Pont Royal, du Voltaire (qu'il repose en paix), et le Harry's Bar, et l'étage du Flore ? L'auteur parle-t-il des bars comme de femmes, ou le contraire ? Tout le récit – rencontre de Simon et de Jill, fille d'un de ses vieux amis – déchaîne une frénésie de confidences et, finalement, une entreprise (réussie) de séduction. Ce récit, plein de ce qui emplit tous les livres, est finalement très différent. A cause du ton de flânerie. C'est riche en trouvailles : le développement, par exemple, sur l'utilité de la garçonnière est savoureux. Ce n'est pas, ce récit, un ajouté aux aventures de Miller à Clichy, c'est vraiment Théo Stern dans le Paris des années 70 à 80. Etre un grand tombeur, un casseur de bois, la charmante terreur de cette bonne vieille ville, c'est un full time job. Pas de cossard chez les don Juan. Ni de 35 heures pour Casanova !

François Nourissier, Figaro Magazine

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