Recherche
Plus d'un million de livres référencés
Cahin-caha

Cahin-caha

Auteur :

Editeur : Le Dilettante

Lui, c’est la Tremblote : « pantin assis sur une gégène invisible », handicapé moteur majeur, les moelles en fuite et des gestes à la syntaxe absente. Autour de lui, outre maman, Chloé la sœur piercée à mort, Lulu l’ami et Elsa la toubib avec sa thèse manuscrite, un aréopage de corps en souffrance. A l’école, le freak subit assauts, coups bas, mais tient néanmoins, cramponné à sa souffrance comme à la planche pourrie d’un radeau. Survient le pire : tabassage en règle dans les gogues du lycée. Le freak, alors, se vote la mort. Et il cherche comment. Option pilule en ouverture de bal : échec. De retour à la case scolaire, son pote Lulu lui offre alors la rédemption par le camp d’été. Feu vert de la mère. Départ et désillusion : lieu morose et atmosphère plutôt rude : le poney-club a goût de crottin, la virée au centre commercial une allure d’arnaque. Seul le bain aura saveur et portera leçon, accompagné d’une petite fugue hors de la routine estivale. Puis, peu à peu, une sérénité vient, qui gagne, croît et aplanit et comble cette vie-ornière. La Tremblote se sentira pousser des jarrets de centaures et venir un corps d’ébloui. Histoire lente d’une reconquête que rythment les mots lourds du blues, ainsi va la Tremblote d'Anne Lenner, mort de corps, fort de mots.

15,00 €
Vendeur : Amazon
Parution :
Format: Poche
191 pages
ISBN : 978-2-8426-3118-5
Les avis

La presse en parle

La cour du lycée des « handicapados » est la même que partout ailleurs : les graffitis inspirés maculent les murs et les caïds torturent les plus faibles. A ceci près que les premiers s’avancent debout et que leurs victimes sont des « rouleuteux ». Handicapé moteur majeur, La Tremblote y contemple son horizon se rétrécir à l’époque où s’ouvrent d’ordinaire tous les possibles. Sa parade ? Le cynisme, qu’il dégaine comme un bouclier à qui se frotte dans ses rayons. Dans une gouaille incandescente et formidablement maîtrisée, il raconte ses copains, sa famille, sa passion pour le blues et ses premiers émois. Comme tous les garçons de son âge, il irrite et fait rire, s’enflamme et déprime. Un séjour dans un centre équestre aura raison de ses oeillères et des nôtres. C’était un pari risqué que de faire de ce personnage – par ailleurs furieusement attachant – l’ambassadeur de l’adolescence, cette caste « où l’on brandit les oripeaux de la tolérance sans être capable d’en citer les couleurs ». Mais Anne Lenner slalome entre tous les écueils. Elle est toujours juste, jamais larmoyante, inattendue dans ses points de vue.
Ce récit d’une reconstruction est un miroir tendu aux lâchetés et d’abord à celles de son héros qu’elle ne laisse jamais se poser en victime. « Pour exister dans les yeux des autres, dit-elle, il faut apprendre à se regarder soi-même et accepter ceux qui sont comme vous. » La leçon vaut pour tous. On sort de ce livre fort submergé par l’émotion et le regard plus droit.

Jeanne de Ménibus, Madame Figaro


La Tremblote (...), cet ado qui visiblement a lu Steinbeck, Proust, Chateaubriand, Molière et l'on en passe (...) se vote la mort, mais comment se pendre quand on vit en fauteuil? Alors, adieu tristesse : il n'y a pas une ligne qui soit aérienne dans cette désolante histoire.

Jean-Louis Ezine, Le Nouvel Observateur

Donnez votre avis