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Fiche livre | | |
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 Cliquez pour agrandir | Sérénissime assassinat De Gabrielle Wittkop Editeur : Verticales Parution le : 23 Décembre 2000
"Masqué d'une cagoule et vêtu de noir, le joueur de bunraku faisant agir ses marionnettes, ne cesse d'être visible au public qui oublie son implacable ingérence comme on oublie celle de toute fatalité. Les figures respirent, marchent, tremblent et mentent, s'aiment et s'entretuent, rient ou gémissent mais jamais ne mangent sinon quelque poison. Qu'il en soit donc ainsi : je demeure présente, masquée par convention, tandis que dans une Venise à la veille de sa chute des femmes gorgées de venin vont en crever comme des outres. Dans cette métropole des mascarades, du mouchardage et de la délation, les veuvages successifs d'Alvise Lanzi s'intriquent mystérieusement. Ne cherchez pas et vous serez certain de trouver." |
Commentaires Amazon| 2000-12-07 | Note : 5/5 | Poisons et miroirs On meurt beaucoup à Venise au XVIIIe siècle. Notamment dans la demeure d'Alvise Lanzi, dont les femmes successives décèdent inexplicablement, sans que nul s'en émeuve. Recréant la Venise à l'aide d'oeuvres picturales d'époque, Gabrielle Wittkop, habilement dissimulée sous les traits d'un joueur de bunraku masqué de noir, nous entraîne dans un récit où la plus grande prudence est requise de la part du lecteur. Pour démasquer le coupable de ces empoisonnements, le lecteur devra en effet parvenir à s'orienter dans ce labyrinthe touffu dont Venise n'est que l'expression architecturale et dont les multiples narrateurs de ce récit constituent le pendant narratif. Ville des miroirs, Venise désoriente le regard, tandis que Gabrielle Wittkop se plaît à nous mener par le bout du nez à travers les sombres pestilences de ces cadavres gonflés comme des outres par les poisons. Mais, si la fin nous révèle enfin le nom du criminel, ne nous laissons pas abuser par ce nouvel opus d'une écrivain qui, depuis la parution en 1972 du "Nécrophile", a toujours oeuvré au plus près de la mort, pour en dire les enchantements et les pièges. C'est un monde cruel que Wittkop fait revivre, où le fracas des corps qui s'effondrent ressemble bien souvent au déclic final d'un automate en fin de course, avant la tombée du rideau.
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