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Fiche livre | | |
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 | Le choix des âmes De Olivier Larizza Editeur : Anne Carrière Parution le : 17 Septembre 2008
«J'ai trente-deux ans et je vais mourir.»
1915. La guerre a commencé par lui prendre un doigt, mais le narrateur doit déjà repartir.
Quitter Nantes, sa jeune épouse, qui est enceinte, sa mère et son jeune frère, afin de retourner sur le Vieil-Armand, cette colline du sud de l'Alsace, que les soldats surnomment HWK. C'est là que l'attend son meilleur ami, rencontré sur le front, Louis le Lorrain.
Ensemble, ils iront au bout d'eux-mêmes pour savoir si, en définitive, on peut choisir son destin...
Dans cet effroyable quotidien, le narrateur pense à déserter, transgresser. Un à un, il verra ses amis tomber, ou fuir. Pour survivre, il prend la plume et, confrontant le pire à la poésie du monde et à notre fureur d'exister, il va essayer de survivre en aimant les âmes qu'il s'est choisies.
Le Choix des âmes, qui paraît quelques semaines avant le 90ème anniversaire de l'armistice de la Première Guerre mondiale, jette la lumière sur ce site hallucinant, classé monument national au même titre que Verdun et pourtant peu connu, où plus de 60 000 soldats français ou allemands ont trouvé la mort. C'est que son souvenir a toujours gardé quelque chose de tabou, tant la guerre y a éclaté dans sa logique la plus absurde.
Olivier Larizza vit à Strasbourg et en Martinique. Maître de conférences en littérature anglaise, il a publié une dizaine de livres, principalement des essais, des ouvrages pour la jeunesse et sur le Tour de France. |
Commentaires Amazon| 2008-09-24 | Note : 3/5 | La rage teintée de désespoir Le roman s'ouvre sur cette phrase : "J'ai trente-deux ans et je vais mourir." Elle est prononcée par un soldat qui vit un vrai calvaire. Horloger de son état, installé à Nantes, il a été mobilisé et conduit au Vieil-Armand, une montagne d'Alsace surnommée HWK. Pas peu fier d'avoir tenté d'esquiver l'offensive - l'homme a perdu un doigt lors d'un entraînement - il s'imaginait exempté pour rentrer chez lui, auprès de Natacha, sa jolie femme venue de Martinique. Mais l'Etat Major n'a eu aucune pitié.
Ce que notre malheureux confie à son carnet est un rapport sur les heures de combat, les pluies d'obus et la menace du gaz, la solitude, l'ennui, le désolement, la maladie et les rats qui galopent à leurs côtés. Vision très sombre et amère d'une guerre qui ne découvrait pas son vrai visage dans les journaux ! Pour le moral des troupes, on mentait, on cachait, on édulcorait. Sur le terrain, les hommes deviennent prêts à tout pour fuir ce gourbi (désertion, auto-mutilation, suicide). Tout plutôt que retourner au combat !
A force de voir ses camarades tombés comme des mouches autour de lui, notre narrateur a fini par craquer et secrètement choisi la date butoire de septembre. Il lui faut trouver une solution, lors de sa trop brève permission - durant laquelle il goûte très peu au retour d'une vie normale - mais il ne souhaite plus retourner sur le mortel HWK.
Confession sinistre, mélancolique, douloureuse d'un soldat perdu dans une lutte à laquelle il n'entend rien.
Ce récit révèle aussi la formidable solidarité entre les gars, l'amitié et les temps forts, quelques miettes de bonheur grapillées un peu honteusement. Mais l'instinct de survie trône.
Motivé par l'écriture de ce journal, tel un exutoire, le narrateur se découvre le goût de partager et raconter son histoire, en même temps que la fibre paternelle naît en lui.
| | 2008-09-17 | Note : 5/5 | Une magnifique ode à l'amitié Au-delà d'un roman sur la première guerre mondiale, ce livre est une ode à l'amitié au milieu de la tragédie. L'écriture est vraiment magnifique. J'ai souvent été ému jusqu'aux larmes, je vais le relire pour en apprécier toutes les nuances. C'est admirable!
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