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Sottises que tout cela!

Sottises que tout cela!

Auteur : -Bouquet

Editeur : 400 Coups

"Et dire que vous êtes venu sans méfiance dans le ventre mort de cette ville où trébuchent les ivrognes noirs, vous qui n'avez jamais rien nettoyé de vos mains, que l'acier d'une hache. Mon pauvre petit. "Donnez-moi un peu d'eau, s'il vous plaît. Merci. "Encore un peu. "Ma bouche est pleine de mots râpeux. Pourtant je n'ai pas tout dit. Je cherche. Je dis du vrai, sans être sûre, et du faux, et du glissant. Je n'ai pas étudié comme vous. "Bon. Pleurez, Rodion Romanovravissitch. Ne vous retenez pas. Pleurez, les larmes nettoient les yeux et le cœur. Cette nuit est si belle que tout à l'heure, nous la regarderons quand même." Chacune des onze nouvelles de ce recueil dit et redit l'étonnement de vivre, depuis l'enfance avide jusqu'à la vigilante vieillesse. Un livre bouleversant de tendresse, où chaque personnage nous soumet une fidèle et fraternelle énigme.

Anne Perry-Bouquet est née en Lorraine en 1926 dans une famille ouvrière. Elle racontera son enfance dans son premier roman, Un petit cheval et une voiture (Gallimard, 1966) couronné par le prix Veillon. Professeur de lettres à Lunéville, elle a écrit des romans, des nouvelles, des pièces de théâtre et des fictions radiophoniques.

12,50 €
Vendeur : Amazon
Parution :
152 pages
ISBN : 978-2-8459-6085-5
Extrait

«À votre avis, geignit-elle soudain, est-ce une grâce de ressusciter les morts, surtout une vieille comme voilà moi ? N'est-ce pas (réflexion faite) obliger les gens à mourir deux fois ?... Dites voir : quel jour sommes-nous ?
- Qu'importe, puisque vous l'aurez oublié dans une minute.»
Elle était si petite et si courbée que le plus souvent, il la voyait du dessus, avec ses épaules résignées et son chignon hirsute comme un nid hors saison. S'étant incliné, il rencontra son regard méfiant, vit qu'elle serrait les lèvres de dépit et devait réviser ses jérémiades.
«Pour moi, pleurnicha-t-elle, je me croirai toujours fin juillet ou début août, cette première fois où vous êtes venu sans la hache et cette deuxième où vous la cachiez dans votre manteau.
- Quand vous l'aurez suffisamment rabâché !
- La belle idée de choisir une hache pour assassiner une vieille, quand on est si bon jeune homme ! Un crime de moujik ! Jamais vous n'aviez débité le moindre fagot de petit bois pour le feu. Chez votre maman, c'est la servante qui s'en chargeait, n'est-il pas vrai ?»
Elle fit son rire syncopé de bonne maligne et, malgré lui :
«Je ne vous ai tout de même pas ratée, ricana Raskolnikov.
- Ah ! quel exploit ! siffla-t-elle, un cou de vieille, maigre et fripé, une patte de poulet.»

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