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Les Trois Médecins
De Martin Winckler
Editeur : P.O.L
Parution le : 20 Août 2004

Un médecin, ça n'a pas toujours été médecin. Il a bien fallu qu'il le devienne. Bruno Sachs, le personnage déjà rencontré dans La Vacation (POL, 1989) et La Maladie de Sachs (POL, 1998), n'échappe pas à la règle. S'il est devenu le médecin qu'il est devenu, c'est grâce, malgré ou à cause des longues années de formation qu'il a passées à la faculté de médecine de Tourmens, dans les années soixante-dix.
Raconter ces sept années de faculté, c'était montrer que devenir médecin c'est vivre plusieurs romans à la fois : un roman de... formation médicale, bien sûr ; mais aussi un roman d'amour ; un roman qui parle de pouvoir et de politique ; un roman sur l'amitié ; un roman où l'on vit, où l'on se bat et ou l'on meurt - bref, un roman d'aventures.
Les Trois Médecins (qui s'intitulait originellement La Formation de Sachs) raconte les sept années d'études de Bruno Sachs en reprenant la trame d'un des romans d'aventures, d'amour et de formation les plus célèbres de l'histoire de la littérature mondiale : Les Trois Mousquetaires d'Alexandre Dumas.
En 1973, lorsqu'il arrive à Tourmens, Bruno Sachs-D'Artagnan rencontre André Solal (Aramis), Basile Bloom (Porthos) et Christophe Gray (Athos), trois étudiants en médecine qui deviennent ses amis et ses frères, et le Professeur Vargas (M. de Tréville), leur mentor. À la faculté de médecine - qui représente le royaume de France du roman de Dumas - tous les personnages du roman ont leur double : le Doyen Fiessinger (Louis XIII) est un grand patron vélléitaire ; le Vice-Doyen Le Riche (Richelieu) est un manipulateur arriviste ; Max Budd (Rochefort) et Mathilde Hoffmann (Milady) sont ses ambitieux chefs de clinique – et Mathilde est liée de près à un laboratoire pharmaceutique. Bruno tombe amoureux de Charlotte Pryce (Constance), assistante de l'épouse du doyen, Sonia Fiessinger, chef de service et femme de tête qui, avec l'aide de son amant, le britannique Professeur Buckley (Buckingham), lutte pour réformer les études de médecine en France.
En respectant fidèlement la trame du roman de Dumas, Les Trois Médecins transpose les aventures comiques, dramatiques, amoureuses et tragiques de tous ces personnages pendant les années soixante-dix - celles du féminisme, de la lutte pour la libéralisation de l'avortement, des prises de conscience et des grandes revendications politiques. Mais le roman donne aussi la parole à ceux qui ne l'ont pas : les "petites mains" des hôpitaux, les appariteurs, les laborantins, et bien sûr les malades...
Écrit à plusieurs narrateurs, à la manière de La Maladie Sachs, l'ambition de ce roman polyphonique est non seulement de raconter comment Bruno Sachs est devenu ce qu'il est, mais quel monde, il y a trente ans, a préparé celui que nous connaissons aujourd'hui.


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2005-02-22Note : 5/5
Une histoire à l'échelle humaine
"Les trois mousquetaires" / "Les trois médecins". Vous avez bien sûr fait le lien et remarqué l'hommage on ne peut plus ostensible que Martin Winckler fait ici à Alexandre Dumas. Bien entendu et il ne pouvait pas en être autrement, nos trois médecins vont rapidement être quatre. La légende est ici scrupuleusement respectée. L'histoire peut débuter.
Le récit, formidablement attractif de par sa structure navigue entre le 15 mars 2003 et les années 70, années pendant lesquelles nos quatre "mousquetaires - médecins" font leurs études de médecine. Martin Winckler nous fait partager les regards croisés des différents et nombreux personnages qui peuplent ce livre.
L'histoire nous transporte entre les amours, les trahisons, les drames, l'IVG, les intimidations, le lobby des laboratoires pharmaceutiques, les questions d'étique et une grande histoire d'amitié qui nous entraîne quelques fois dans des situations pour le moins extraordinaires (à l'image de la rencontre initiale entre Bruno Sachs et les trois autres "mousquetaires - médecins".
Tout au long des 500 pages de ce roman, Martin Winckler exacerbe notre curiosité et nous implique, page après page, dans son tourbillon narratif. Si vous êtes un ancien, présent ou futur étudiant en médecine, "Les trois médecins" est pour vous, dans le cas contraire... il est également fait pour vous!

2005-01-31Note : 5/5
Un magnifique roman !
J'avais adoré "La Maladie de Sachs". Quel plaisir de faire un retour en arrière et de retrouver Bruno pendant ses études de médecine. C'est passionnant !
Une écriture fluide, le soucis du détail, la juste dose d'humour ou d'émotion, tout est parfait !!! 500 pages qui se dévorent ...
L'écrivain est vraiment brillant, mais cela je le savais déjà ...

2004-11-25Note : 5/5
Carabins, jetez-vous sur ce livre!
A recommander en priorité à tous les malheureux (?) qui usèrent, usent et useront leurs fonds de culottes sur les bancs des amphis des facs de médecine. Livre de cape et d'épée, de contestation, d'aventure, d''amour, de passion, d'engagement, livre d'amour de la médecine surtout, d'amour de l'homme, "Les Trois Médecins", pastiche assumé de Dumas, parfois certes un peu trop, brille surtout par les portraits qu'il dresse, saisissants de vérité . Du Grand Chef au petit externe, de ceux qui soignent à ceux qui exercent le pouvoir, des petits "P1 bizuths" angoissés aux "carrés" arrogants, des infirmiers aux kinés, tout est si semb'lable à notre quotidien d'étudiant en médecine que ca en est réconfortant. Non, nous ne somme pas seuls à trouver ces grands docteurs imbéciles, ces indirmières aigries et ces futurs chefs imbuvables! Et oui, il y a de l'espoir, Martin Winckler et son Sachs en sont la preuve, un jour ca changera!

2004-10-25Note : 5/5
L'humanité face à la technique
Cela faisait des années que j'attendais ce genre de livre. J'aime beaucoup les livres, les articles et les feuilletons et films qui parlent de médecine. Fan d"Urgences", pour moi le plus réussi car réaliste à l'extrême, j'ai dévoré la "Maladie de Sachs". Avec les Trois médecins, on comprend enfin pourquoi Bruno Sachs est ce qu'il est : un soignant. Face à l'inhumanité et à la technique "pure" de ses pairs il oppose avec ses 3 amis, la personnalisation du soin, le soutien physique et moral, respecte la dignité de la personne qui lui fait face, qui avec ses peurs, qui avec ses interrogations, son incompréhension des termes médicaux. Ces 4 amis tentent de faire barrage à la masse pesante des grands pontes, de la main-mise des laboratoires pharmaceutiques et de leurs visiteurs. Eux-aussi connaissent des malheurs, des doutes et tout ce qui rend un homme humain, frère des siens et prêts à tout donner pour l'appaiser et le soigner. Un livre à ne pas manquer !

2004-10-14Note : 3/5
Belle structure mais des clichés évitables
Malgré la caution de Dumas l'ensemble est d'un manichéisme affligeant. Les Zouaves se doivent d'être éminemment sympathiques mais, en dépit des tragédies que Bruno subit, ils sont quasiment des idéaux d'hommes et réussissent tout ce qu'ils entreprennent ou presque. Ce sont forcément eux que les patients préfèrent, ce sont eux qui se posent les bonnes questions, qui ne font jamais d'erreurs et qui réussissent brillamment leurs examens. Les autres, ce sont les conservateurs frileux ou les ambitieux calculateurs et jaloux. Le hic, c'est qu'on est habitués, à plus de gris dans le monde, y compris dans la fiction. Aucune nuance dans certains personnages comme Mathilde qui refuse l'aide à son frère homosexuel et séropositif. Les faibles sont toujours innocents et les puissants ont toujours tort. On attendait plus de subtilité et moins de démagogie chez ce Sachs qui fait la morale à tout le monde sans jamais vouloir la faire. Je dois avouer que, parfois ces personnages "parfaits" m'ont franchement irrité. J'aurais voulu qu'ils soient parfois un peu méchants, fatigués, arrogants. Ce qui passait chez Dumas qui situait son action loin de son époque et prenait de larges libertés avec l'Histoire, bref cherchait surtout à divertir et à rembourser ses dettes, coince, à mon sens dans un roman contemporain et c'est un peu dommage.

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