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Fiche livre | | |
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 | Ni toi ni moi De Camille Laurens Editeur : Pol Parution le : 21 Août 2006
Un cinéaste, ayant entendu la narratrice lire à la radio un court récit intitulé L’homme de ma mort, lui demande si elle accepterait de développer pour lui cette histoire, qu’il voudrait adapter à l’écran. Après des hésitations dont elle s’explique, elle entreprend de lui raconter en détail cet épisode de sa vie. La narration est constituée presque uniquement d’une suite d’e-mails adressés au cinéaste, qui vit à l’étranger. Ces messages font alterner des récits au passé, des propositions de scènes cinématographiques dialoguées, des fragments réflexifs sur la difficulté ou l’incapacité d’aimer. Le sujet du film (et donc du roman) est en effet celui-ci : un homme, Arnaud, s’éprend passionnément d’une femme (la narratrice, baptisée Hélène), donne tous les signes d’un amour vrai, puis, presque aussitôt, se déprend d’elle et manifeste indifférence, haine ou mépris. Tous les signes s’inversent sans motif apparent.
La narratrice tente de cerner l’inconstance, la versatilité du sentiment amoureux, la douleur de ce qui ne dure pas. Elle cherche un sens à ce qui, semble-t-il, n’en a pas. Elle scrute sans relâche la frontière entre ces deux phrases : je t’aime/je ne t’aime plus, entre ces deux images : l’éclat du premier regard (le flash amoureux) et le dégoût du dernier regard. Comment « l’homme de ma vie » devient-il « l’homme de ma mort » ? Qu’est-ce qui s’est passé entre les deux ? Qu’est-ce qui a passé ? Tout le roman est vrillé autour de cette question : pourquoi « ça ne marche pas ? ». Il se présente comme une sorte de polar psychique : on enquête sur la disparition de l’amour, on interroge les témoins ou les complices (les parents d’Arnaud, la sœur d’Hélène, etc.), on tente d’établir les responsabilités (Qui est coupable ? Est-ce toi, est-ce moi ? Ou bien ni toi ni moi ?), on en cherche les causes aussi profond que possible, quitte à aller voir du côté de l’inconscient. |
La presse en parleConstruction romanesque subtile et savante, pleine d’ironie et de gravité, Ni toi ni moi fonctionne comme un jeu de miroirs. Pour servir le projet d’autofiction de l’écrivain, Ellénore et Adolphe deviennent Camille et son nouvel amant. Le duo amoureux nourrit en outre, au cœur du roman, un projet de film, une adaptation théâtrale, et voici que se multiplient les incarnations du couple primordial. On en a le tournis... mais peu importe, car le vertige est délicieux. Il est surtout le support d’une méditation sur les ambiguïtés du sentiment amoureux, la part du lion que s’y taillent la souffrance et la mélancolie. L’acuité du constat est saisissante, l’élégance de la forme ne fait que le souligner. Nathalie Crom, Télérama n° 2955 - 2 Septembre 2006 |
Commentaires Amazon| 2008-03-24 | Note : 4/5 | La disparition d'un amour C'est très intéressant de décortiquer à ce point la fin d'un amour, ou plus exactement de décrire le scenario brutal où l'on devient quantité négligeable aux yeux de celui que l'on aime, où l'on ressent que notre seule présence lui devient insupportable. Avec autant d'intensité que l'on a été adulée et idôlatrée, on est brusquement rejeté, haï.
Puisqu'il s'agit d'une correspondance entre l'auteur et un réalisateur (qui n'a pas souhaité dévoilé son identité) dans le but de faire un film, celui-ci l'a t'il réalisé?
Ce roman me donne l'envie de lire les autres titres de Camille Laurens.
| | 2007-02-26 | Note : 5/5 | Amour: quoi, comment, pourquoi? Camille Laurens prend Benjamin Constant comme guide pour démêler sa propre histoire. Elle scrute l'amour, et surtout sa disparition. Jusqu'à l'obsession. Tourbillon de questions, incertitudes, retours sur le passé, réinterprétations...
A la recherche de réponses sur un des des phénomènes les plus inexplicables, l'amour. Le contraste entre l'intimité du sujet et la froideur clinique de l'analyse qui en est faite contribue pour beaucoup à l'effet produit par ce livre.
J'ai lu Adolphe après avoir lu Ni toi, ni moi. Il ne me semble pas nécessaire de le lire avant mais impossible de résister à l'envie de le lire après.
| | 2006-11-16 | Note : 2/5 | Dommage
L'architecture de ce roman est une correspondance par email, entre une romancière et un jeune homme cinéaste qui, après l'avoir entendu lire à la radio quelques pages de son roman "L'Homme de ma mort", la contact pour lui en proposer une adaptation cinématographique. La narratrice qui décide de lui faire confiance explique son livre qui est en fait du vécu. Elle s"y est baptisé Hélène et l"homme qu"elle a rencontré Arnaud. Elle lui raconte leur coup de foudre, cet amour passionnel qu"ils vont partager mais qui va d"un seul coup, sans aune raison apparente, s"arrêter. Il décide de la quitter et ses sentiments se transforment en haine et mépris. Hélène est perdue, elle l"aime encore comme au premier jour et ne comprend pas comment tout ça a pu arriver, elle se sent enfermée dans un labyrinthe d"incompréhension.
Et c"est là qu"il faut suivre car en plus de raconter son histoire, elle lui décrit méthodiquement la mise en scène qu"il doit adopter en changeant (de nouveau) les noms des acteurs en référence au roman "Adolphe" de Benjamin Constant dont elle lui joint des citations, car tout tourne autour de ce livre, qui est aussi une histoire d"amour qui tourne court. Pour la narratrice, c"est le seul homme qui exprime au mieux l'incapacité à aimer. Pour ne pas perdre le fil, il vaut mieux lire ce livre dans la journée car j'en ai eu parfois le tournis et failli l'abandonner. Pour ma part ce n'est pas vraiment le style de livre que j'aime.
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