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Fiche livre | | |
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 Cliquez pour agrandir | Zoo De Marie Darrieussecq Editeur : P.O.L Parution le : 9 Mars 2006
" Pourquoi une truie ? " C'est une question qu'on m'a beaucoup posée depuis la publication de Truismes. le n'ai pas vraiment de réponse, sauf que " truie " est une insulte plus répandue que " kangourou ". Animaux pensifs, clones tristes ou joyeux, spectres à la recherche d'un corps, ou mères problématiques... Peut-être ces nouvelles, égrenées au fil des ans, formulent-elles à leur façon la question. Et comme dans les zoos, on se demanderait qui regarde qui. Farces et fables. Pause, détours. Histoires. |
La presse en parleLes obsessions d'une entomologiste du genre humain rassemblées dans un recueil de nouvelles.
Quinze nouvelles de Darrieussecq, écrites ses vingt dernières années, toujours pour des commandes ( de magazines, de musées, etc. ), choisies par Darrieussecq pour ce recueil bien nommé : Zoo. Mères problématiques, métamorphoses, animaux, clones humains, fantômes... Ces nouvelles brassent les obsessions de l'auteur en un bestiaire léger, où son regard d'entomologiste du genre humain s'épanouit avec une grâce comique, souvent plus désinvolte que dans les romans. Dès l'intro, qui se pose comme la réponse éventuelle à la question " Qu'est-ce qu'une truie ? ", elle livre sa définition du genre : " une nouvelle, ce n'est pas un petit roman. C'est une idée qui vient sur les bords d'un roman, pendant son écriture. Une idée que le roman ne développera pas, parce qu'elle est juste à côté de lui (...) " A découvrir, sa première nouvelle, " La Randonneuse " -avec laquelle elle gagne le prix du jeune écrivain en 1988-, un petit condensé d'angoisse où celle qui a peur, victime potentielle, se mue en meurtrière cynique. A relire, " Simulatrix ", l'excellente nouvelle écrite en 2003 pour Les Inrocks -enfin une écrivaine écrit vraiment sur la sexualité féminine, sans prose ni langue de bois. Et puis la nouveauté : " Juergen, gendre idéal ", écrite en 2006 pour le catalogue de l'expo Juergen Teller qui se tient depuis quelques jours à Paris, dans la tentative de chercher " un équivalent-mots de ( son ) travail plastique qui ne soit ni critique ni illustratif ". Où il sera bien sûr davantage question de chats, de mère, de mort, et de fantômes : en court comme en long, pour soi ou commandé par les autres, l'équivalent-mots que trouve Darrieussecq, comme tout vrai écrivain, c'est toujours celui de son univers esthétique personnel. Nelly Kaprièlian, Les Inrockuptibles |
Commentaires Amazon| 2007-07-03 | Note : 3/5 | Fantômes et délires "Zoo" est un recueil de nouvelles publié courant 2006, mais les 15 textes de son sommaire ne sont guère des épreuves originales car ils ont tous déjà été publiés dans des magazines ou des collections. Inutile de penser que Marie Darrieussecq va au casse-pipe, tout au contraire ! Le style de la nouvelle est un genre qui lui convient parfaitement car c'est véritablement dans la forme courte que son univers alambiqué prend un sens tout à fait cohérent !
Bien entendu, on aborde dans ces histoires le thème du fantastique, des fantômes, du clônage aussi ; et pourtant ce n'est jamais rébarbatif. J'avoue même que certaines nouvelles m'ont scotchée, comme "My mother told me monsters do not exist" et "La randonneuse". Si lire du Edgar Allan Poe vous file quelques frissons, vous pouvez donc sans attendre vous précipiter sur ces deux titres !
Naturellement, il y a deux, trois nouvelles absconses. Marie Darrieussecq ne serait pas ce qu'elle est si on échappait à ses sempiternelles turpitudes sur les sciences inexactes, les théories fumeuses et les délires quasi incompréhensibles. Bref, il faut bien en passer par là, peut-être est-ce aussi la signature d'une carrière débutante, certains textes ont été écrits vingt ans auparavant, bien avant son premier roman "Truismes", et ont servi à la genèse de celui-ci.
Autre chose qu'on ignore sur cet auteur, c'est qu'elle est plutôt drôle et très originale. Dans "Le voisin" elle raconte l'histoire du voisin de John Lennon qui vit cette cohabitation comme un enfer, à tel point qu'il prie pour qu'un malheur survienne et que son quartier retrouve sa tranquillité. A plusieurs reprises, également, M. Darrieussecq explore le sentier de l'érotisme, affiche son féminisme et étale un discours honnête sur la sexualité des femmes et des genres (cf. Célibataire et Simulatrix, par exemple). J'ai également éprouvé beaucoup d'attachement pour l'histoire de "Plage" et "Noël parmi nous" qui offre une chute particulièrement troublante. Et le dernier texte "Encore là" a été publié dans "Naissances", un livre que j'ai déjà recommandé. Ce sont 8 femmes écrivains qui prennent leur plume pour narrer l'expérience bouleversante de la maternité.
Pas de bouleversement dans "Zoo", mais un bon moment sympa à partager. Avec des découvertes très intéressantes, aussi. Le fait que ces nouvelles soient étalées sur les années révèle également une qualité inégale mais confirme la bonne santé de l'écriture de la dame Darrieussecq !
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