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 Cliquez pour agrandir | Syngué Sabour : La pierre de patience De Atiq Rahimi Editeur : POL Parution le : 25 Août 2008
En persan, Synthé sabour est le nom d'une pierre noire magique, une pierre de conscience, qui accueille la détresse de ceux qui se confient à elle. Mais ici, la Syngué sabour, c'est un homme allongé, comme décérébré après qu'une balle s'est logée dans sa nuque sans pour autant le tuer. Sa femme est auprès de lui. Elle lui en veut d'avoir été un héros, et de n'être plus qu'un légume. Pourtant elle le soigne, et elle lui parle. Et c'est une confession sans retenue par quoi elle se libère de l'oppression conjugale, sociale, religieuse, allant jusqu'à révéler d'impensables secrets dans le contexte d'un pays semblable à l'Afghanistan. Un roman écrit directement en français. | Prix Goncourt 2008
Commentaires Amazon| 2008-11-21 | Note : 5/5 | Lorsque l'absence se fait présence « Je ne me suis jamais sentie aussi proche de toi qu'en ce moment. Ça fait dix ans que nous nous sommes mariés. Dix ans ! et c'est seulement depuis trois semaines qu'enfin je partage quelque chose avec toi. » Ainsi parle le personnage central, une femme afghane, à son mari, inconscient depuis qu'une balle s'est logée dans sa nuque.
Alors qu'elle souhaitait dans un premier temps la mort de son homme - désespérée par son état et celui dans lequel ce guerrier d'Allah la laisse, elle et ses deux filles -, elle finit par apprécier cette nouvelle situation : elle peut enfin se confier et dire tout ce qu'elle a sur le c?ur ; cela était impensable lorsque son mari était en bonne santé.
Et cette femme a beaucoup de choses à dire à son mari ! Elle peut enfin se libérer de tout ce qui lui pèse et est resté enfermé en elle. Il y a la violence des hommes face aux femmes: « voler la virginité d'une fille, violer l'honneur d'une femme ! Voilà votre credo ! », leur guerre pour Allah : « ceux qui ne savent pas faire l'amour, font la guerre » ou encore ses phases d'incrédulité religieuse : « Oui... il (Muhammad) n'était qu'un envoyé parmi d'autres... il y en avait plus de cent mille comme lui, avant lui...».
Roman poignant sur la soumission des femmes et la barbarie des hommes, la qualité de ce récit repose sur la force du témoignage de cette épouse afghane. Le coma de son mari lui permet enfin d'exister et de communiquer avec lui. Elle peut affirmer ses émotions et sa soif de vie à sa « pierre de patience » (titre du livre qui renvoie à la pierre qui écoute les secrets des confidents ».
Une autre de ses qualités est sa fin bouleversante qui frappe le lecteur d'un coup de massue et le plonge dans de profondes réflexions.
| | 2008-11-18 | Note : 4/5 | Il faut laisser décanter Ce roman se lit d'une seule traite, tant l'intérêt va crescendo. Pourtant le début stagne un peu, c'est lent, volontairement sans doute de la part de l'auteur. Ne s'agit-il pas d'une histoire de patience? On se demande quand sera évoquée la fameuse pierre, dont la légende provient de la mythologie.
Voulu aussi, probablement, le côté noir, sordide, impudique du récit, une atmosphère oppressante... âmes sensibles, s'abstenir.
Au bout d'un moment le récit s'éclaire un peu, on trouve l'idée géniale. L'ensemble conserve toujours, malgré tout, le même climat lourd, angoissant... jusqu'à la fin, que je me garderai d'évoquer.
En revanche le style est fluide, sans aucun écueil, la lecture facile et agréable. L'auteur a une grande sensibilité, l'émotion se dégage à chaque page et nous prend le coeur.
Après lecture, l'histoire a continué à hanter ma pensée. En vaquant à mes occupations, la "pierre de patience" ne quittait pas mon esprit. L'aspect sombre et choquant s'estompait au profit des qualités littéraires, culturelles et psychologiques de ce roman.
Personnellement, je vois dans ce livre une sorte de psychanalyse un peu particulière de l'héroïne, la femme afghane. La pierre, muette à souhait, joue le rôle du psychanalyste.
Je me plais à rechercher comment le récit aurait pu être légèrement différent si l'auteur était une femme. En même temps il est intéressant de voir comment un homme peut s'approprier l'univers spirituel d'une femme, et de noter les jugements qu'il porte sur les autres hommes quand il s'identifie, justement, à une femme.
"La pierre de patience" est un livre dont je me souviendrai, bien que je l'aie lu un peu trop vite..., comme je le fais souvent quand j'ai hâte de connaître le dénouement. Ne suivez pas ce mauvais exemple. Patience!
| | 2008-11-14 | Note : 4/5 | Un Goncourt utile L'héroine au chevet de celui qu'elle aime et qui meurt des blessures qu'il a reçues au combat déverse sa haine de sa condition de femme musumane dans un pays en guerre en s'adressant à la pierre de patience.
Ce roman écrit d'une plume éblouissante montre la révolte de la femme devant son sort en face deds jeux absurdes de l'homme.
Un très beau roman, marqué culturellement par l'environnment mmusulman et afghan, mais qui témoigne aussi que l'Afghanistan n'est pas qu'un lieu où meurent nos jeunes soldats.
La voix de la femme afghane mérite d'être entendue car elle a des choses bien émouvantes à dire, merci aux Goncourt de l'y aider.
| | 2008-10-12 | Note : 3/5 | Poésie ? J'ai beaucoup aimé "Terre et cendres " du même auteur, mais cette fois-ci, j'ai été déçu.
Certes Atiq Rahimi a une très belle écriture mais pour ma part l'histoire de son roman est trop pesante et malheureusement, cette fois-ci la poésie,la prose ne parviennent pas à relever l'intérêt de son histoire.
Toutefois, il faut reconnaître que l'auteur dénonce le statut de la femme afghane, et pour cela ce roman mérite d'être lu!
Quoiqu'il en soit un livre à lire, ne serait-ce que pour ce faire un avis ! On aime ou on n'aime pas !
| | 2008-08-26 | Note : 5/5 | ATTENTION, CHEF D'OEUVRE !!! Dans Terre et Cendres - son premier roman - Atiq Rahimi retraçait avec brio le silence, les odeurs et la poussiére de sa terre afghane, avec Syngue Sabour (la pierre de patience)- son troisiéme roman - ,le poéte afghan se lance dans un pari risqué : lever le voile sur les sentiments et la vie quotidienne d'une femme afghane condamnée à veiller son mari moudjahed paralysé par une balle perdue.
Délaissant le farsi, sa langue natale, pour le français, sa langue d'adoption, l'écrivain-réalisateur - fils spirituel du grand écrivain afghan Bahodine Majrouh - nous livre un récit haletant aux connotations aussi troublantes que sulfureuses. Porté par la musicalité du texte, cette confession bouleversante écrite au féminin nous révéle - avec un courage inconscient par ces temps de fatwa - une part d'ombre insoupçonnée. Pari réussi, le chef d'oeuvre est au rendez-vous.
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