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Autant en emporte la femme
De Erlend Loe
Editeur : Gaïa
Parution le : 15 Avril 2005

Marianne débarque de nulle part dans l'appartement du narrateur, et dans sa vie en général. Elle s'installe, s'impose. Lui dicte sa conduite. Tu n'as pas d'avis à avoir, dit-elle. Tu n'as aucune intuition, dit-elle aussi. Mais bon. Ils vivent ensemble, sont amants - même s'ils ne savent ni ne peuvent se dire qu'ils s'aiment. Quand le narrateur est licencié de son travail qui consiste grosso modo à liquider les affaires courantes, Marianne choisit pour eux deux qu'ils vont partir en voyage. En train. Et pas question de se fixer un but. Marianne, la fière. Marianne, qui décide seule. Le narrateur se laisse emporter. Se laissera-t-il embobiner ?
Autant en emporte la femme est le récit de la difficulté d'être deux. Mais c'est d'abord le portrait de deux jeunes gens embarqués dans une redoutable histoire d'amour, aux situations cocasses, aux personnages loufoques et à l'humour grinçant.

  • Littérature

  • Commentaires Amazon

    2008-06-20Note : 3/5
    A ne pas prendre au sérieux !
    Marianne est une jeune femme étonnante, pas casse-pieds mais délicieusement arrangeante, du genre à s'inscruster avec le sourire. L'amour qu'elle offre en retour, ou la promesse d'amour, est un pis aller vers une vie de couple que le narrateur accueille avec un air bêta. Bah oui, un jour Marianne déboule avec douze cartons de taille moyenne et une commode ocre. Ce sera sûrement bien, se dit le narrateur. Mais très vite, notre bon bougre va être dépassé et devenir le béni-oui-oui de sa dulcinée. Toutes les décisions lui échappent, lorsqu'il pointe le doigt sur la petite commode à la couleur suspecte, la demoiselle rebondit et propose de coordonner les murs de l'appartement avec la teinte de son meuble. Et pourquoi pas acheter le même, en plus gros ? !

    Vous l'avez compris, l'histoire est gentille, absurde et rigolote. Elle raconte en 300 points la débandade pré-annoncée. "Le voile d'éternité qui enveloppait notre relation se ratatine. Je reconnais que nous sommes éphémères tous les deux." Il faut suivre les soliloques de cet homme qui ne manque ni de flegme ni de cynisme, mais tout doux, tout lisse. C'est avec immensément de philosophie qu'il nous narre les situations grotesques de sa vie de couple, cela pourrait être banal (les jours coulent tranquillement, tout deux s'aiment ou se font la tronche, ils partent en voyage aussi...). C'est le cliché d'une histoire presque ordinaire, qui vous rappelle la difficulté de conjuguer au présent et au futur, et à la première personne du pluriel. Ouf, c'est diabolique et hilarant ! A cautionner en cas de blues.


    2008-03-27Note : 4/5
    Y a une fille qui habite chez moi .
    Vous connaissez tous la chanson de Bénabar où le narrateur se rend compte progressivement qu'une fille habite chez lui à travers différents indices. Hé bien le début du roman d'Erlend Loe Autant en emporte la femme ressemble un peu à ça mais en plus radical. Marianne "débarquait le soir même. pour emménager. avec douze cartons de taille moyenne et une commode ocre." Bon, nous les filles savons qu'il faut parfois forcer un peu le destin mais là, elle y va fort, Marianne ! Nous entrons alors dans un univers à la logique folle où le narrateur nous explique calmement : "Je me décidai à tomber raide dingue amoureux d'elle. Voilà.
    De discussions absurdes en voyage impromptu, leur relation cahote de l'exaltation à la déception : "Le voile d'éternité qui enveloppait notre relation se ratatine.Je reconnais que nous sommes éphémères tous les deux."Avec un flegme très britannique norvégien, le narrateur subit sans broncher les décisions illogiques de sa dulcinée jusqu'au jour où ...
    Lu d'une traite ce roman m'a permis d'entrer avec bonheur dans l'univers si particulier d'Erlend Loe (j'avais connu un échec avec Naïf. Super.) .Les phrases juxtaposées donne un style faussement naïf justement et très décalé à cette histoire d'amour mais une poésie très gaie se dégage de ces pages .

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