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Journal 1942-1944
Suivi de Hélène Berr, une vie confisquée
De Hélène Berr, Mariette Job
Editeur : Tallandier
Parution le : 27 Décembre 2007
Sélection Rue des Livres

« J'ai porté la tête haute, et j'ai si bien regardé les gens en face qu'ils détournaient les yeux. Mais c'est dur. D'ailleurs, la majorité des gens ne regardent pas. Deux gosses dans la rue nous ont montrées du doigt en disant : "Hein ? T'as vu ? Juif." Mais le reste s'est passé normalement. Je suis repartie pour la Sorbonne ; dans le métro, encore une femme du peuple m'a souri. Cela a fait jaillir les larmes à mes yeux, je ne sais pourquoi. » « Pourquoi suis-je si inquiète ? Objectivement, il y a de quoi, parce que j'ai l'impression que nous sommes la dernière fournée, et que nous ne passerons pas entre les mailles du filet. Il ne reste plus beaucoup de juifs à Paris ; et comme ce sont les Allemands qui font les arrestations maintenant, il y a peu de chances d'y échapper, parce que nous ne serons pas prévenus. » D'avril 1942 à février 1944, cette jeune fille française a tenu son journal au jour le jour. Un texte d'une qualité littéraire exceptionnelle, où se mêlent l'expérience quotidienne de l'insoutenable et le monde rêvé des lettres, où alternent à chaque instant l'espoir et le désespoir. Ses derniers mots, le 15 février 1944, « Horror ! Horror ! Horror ! », sont un pressentiment de l'inéluctable. Arrêtée le 8 mars 1944, elle est déportée à Auschwitz avec son père et sa mère. Elle survit presque jusqu'au bout à l'épreuve, succombant à l'épuisement à Bergen-Belsen en avril 1945, quelques semaines avant la libération du camp.


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2008-04-11Note : 4/5
Mémoire et respect
Hélène Berr a commencé à écrire son journal le 7 avril 1942. Jeune fille française de bonne famille, de bon milieu, étudiante brillante, elle vit à Paris chez ses parents et partage ses journées entre cours à l'université, musique, visites et goûters chez les amis.

Mais être française, jeune, sage ne la protègera pas.

Hélène Berr sera déportée à Auchwitz puis Drancy en 1944 et mourra en 1945, peu de temps avant la libération du camp.



Au départ spectatrice des rafles qui ne portent que sur les Juifs étrangers, Hélène raconte, constate, témoigne. Sans jamais se départir de sa jeunesse, de son regard encore innocent sur Paris, la lumière, le printemps. Le ton est parfois monotone, évidemment. La vie d'Hélène est somme toute assez banale, sage, linéaire. Elle porte cependant un regard lucide sur la montée du nazisme, les informations qui parviennent lentement, mais effroyablement, des camps. Lentement, mais surement, elle ouvre les yeux. La poésie des débuts disparaît au fur et à mesure qu'elle prend conscience de l'horreur et de l'infâmie. La peur s'installe juqu'à sa déportation.

Lire ce livre est sans doute un devoir de mémoire, de respect.


2008-01-23Note : 3/5
Quotidien d'une jeune juive dans le Paris occupé
Hélène à 21 ans, elle vit à Paris, fait de brillantes études, aime la littérature, mais nous sommes en 1942 et elle est juive. Nous vivons ainsi jour après jour les lois anti-juives qui apparaissent discrètement, pour s'imposer régulièrement, les premières arrestations, les rumeurs d'internements, puis d'autres encore... L'intérêt du livre n'est pas de nous apprendre des choses nouvelles, car l'on sait à peu près tout de cette période ; non, nous sommes juste près de cette jeune fille, à ses côtés lorsqu'elle sort pour la première fois dans la rue avec l'etoile jaune, dans ce train où on lui demande d'aller dans le dernier wagon, et nous vivons près d'elle son cercle de connaissance disparaitre peu à peu, arrêté, déporté, disparu... L'horreur guette, s'infiltre partout, et pourtant Hélène Berr ne fuira pas, malgré la certitude que bientôt, des poings viendront frapper à sa porte pour l'ultime voyage... Alors certes, il s'agit là d'un témoignage parmi tant d'autres sur cette période, au demeurant il y a dans ces pages une vie, un drame et un destin brisé, ce qui en fait un témoignage de plus, et tant mieux pour la mémoire collective.

2008-01-21Note : 5/5
Aucune hésitation
C'est un bouleversant témoignage que l'on découvre dans l'intimité de ce journal où évènements et états d'âme, exprimés avec talent, nous donnent toute la mesure du déni, de l'humiliation, de l'horreur en somme à quoi un être humain peut être confronté... Rien de misérabiliste pour autant surtout quand on découvre, mêlé à l'innommable, autant de poésie et de propension, chez son auteur, à goûter la vie avec un tel appétit !
MA

2008-01-19Note : 4/5
Pour complèter les lectures sur cette époque.
Il est évident que les maisons d'éditions surfent sur une mode... et que l'on veut ici reproduire le succès du journal d'Anne Franck. Mais ceci n'est pas condamnable. Car on prend de "l'intérieur" en pleine face une nouvelle vision. De plus (et là, ça pose des question quand même sur le manuscrit original) le style est agréable, et bien souvent reflète la façon d'écrire de parler de l'époque...



2008-01-16Note : 5/5
La valeur de l'expérience
Contrairement au commentaire précédent j'ai lu le livre, ce qui semble utile pour donner son avis.
Le Journal d'Hélène Berr apporte un regard éclatant sur la vie d'une jeune fille certes issue d'une famille privilégiée, française qui est confrontée brutalement à la ségrégation et à la mise en Suvre des mesures antisémites.
Ce que le journal nous apporte, comme tout témoignage, est un éclairage personnel sur le fait historique. Marcher dans Paris avec Hélène Berr et ses mauvaises chaussures, son panaris, ses amis de la Sorbonne. Goûter, faire des visites de courtoisie,se retrouver pour faire de la musique au printemps 1942, alors que les juifs étrangers sont déjà dans les camps du Loiret et du Sud. Prendre le métro dans la voiture réservée aux juifs. Tout cela concourt à la valeur unique de ce texte qui a séduit déjà des milliers de lecteurs.
Qualifiée d'Anne Franck française, Hélène Berr apporte la maturité et l'analyse d'une étudiante brillante.
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