Topique, N° 104 : Psychanalyse et sculpture
Si Freud se réfère à l'archéologie pour parler du refoulement, c'est au sculpteur qu'il compare le psychanalyste dans l'exercice de son métier. Certains développements de la théorie et de la pratique psychanalytiques n'auraient peut-être pas été les mêmes si Freud n'avait pas tenté de reconstituer la démarche d'un Michel-Ange, mettant son regard dans celui du sculpteur.L'irréversible de l'entaille du sculpteur peut-il mieux alerter sur le point de non-retour d'une interprétation ? Il nous a paru aussi que le questionnement pouvait déborder le " per via di levare " de Freud, relançant sur les pistes du déjà-vu, de la figuration, de la temporalité de l'inconscient, de la phylogenèse, sans oublier la piste de la créativité elle-même. Se confronter au temps géologique de la pierre, temps incommensurable pour l'humain, prépare-t-il à la confrontation avec le hors-temps de l'inconscient ?On pourra enfin se demander en quoi la présence de sculptures dans le cabinet de l'analyste peut faire partie du cadre de la cure et d'un dispositif d'écoute.
