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Le canapé rouge
De Michèle Lesbre
Editeur : Sabine Wespieser
Parution le : 23 Août 2007

Parce qu’elle était sans nouvelles de Gyl, qu’elle avait naguère aimé, la narratrice est partie sur ses traces. Dans le transsibérien qui la conduit à Irkoutsk, Anne s’interroge sur cet homme qui, plutôt que de renoncer aux utopies auxquelles ils avaient cru, tente de construire sur les bords du Baïkal un nouveau monde idéal.
À la faveur des rencontres dans le train et sur les quais, des paysages qui défilent et aussi de ses lectures, elle laisse vagabonder ses pensées, qui la renvoient sans cesse à la vieille dame qu’elle a laissée à Paris. Clémence Barrot doit l’attendre sur son canapé rouge, au fond de l’appartement d’où elle ne sort plus guère. Elle brûle sans doute de connaître la suite des aventures d’Olympe de Gouges, auteur de la Déclaration des droits de la femme et de la citoyenne, de Marion du Faouët qui, à la tête de sa troupe de brigands, redistribuait aux miséreux le fruit de ses rapines, et surtout de Milena Jesenská qui avait traversé la Moldau à la nage pour ne pas laisser attendre son amant. Autour du destin de ces femmes libres, courageuses et rebelles, dont Anne lisait la vie à l’ancienne modiste, une belle complicité s’est tissée, faite de confidences et de souvenirs partagés. À mesure que se poursuit le voyage, les retrouvailles avec Gyl perdent de leur importance. Arrivée à son village, Anne ne cherchera même pas à le rencontrer…
Dans le miroir que lui tend de son canapé rouge Clémence, l’éternelle amoureuse, elle a trouvé ce qui l’a entraînée si loin : les raisons de continuer, malgré les amours perdues, les révolutions ratées et le temps qui a passé.
Le dixième livre de Michèle Lesbre est un roman lumineux sur le désir, un de ces textes dont les échos résonnent longtemps après que la lecture en est achevée.

  • Littérature française

  • Commentaires Amazon

    2008-04-05Note : 2/5
    Michèle t'emmène, écouter les sirènes...
    Tout au long du récit j'avais cette musique en tête :

    Michèle (Suzanne) t'emmène
    Ecouter les sirènes,
    Elle te prend par la main
    Pour passer une nuit sans fin...

    (Vous connaissez certainement ce classique, à la guitare lancinante).
    Car c'est de lenteur dont il s'agit.
    Dans une ville parisienne, trépidante, où il n'est question que de lectures, de souvenirs murmurés, ce n'est pas banal.
    Un voyage dans un transcontinental, où l'on ne perçoit que les espaces immobiles, n'est pas banal non plus.
    Lesbre a cette capacité d'échapper à la normalité, pour rapporter de ses évasions, des mots teintés d'émotion.

    Michèle me prend la main, me conduit au rythme de son long voyage et sa vie parisienne comme lectrice au domicile d'une dame âgée.

    Michèle promène son récit dans la chaleur du wagon-lit, les cuisses collées contre le faux cuir du siège banquette. Je reste debout au centre du compartiment, appréciant les paysages enneigés que ses yeux curieux auscultent sans répits ni repos.

    Michèle m'installe au bord du canapé rouge du couloir de sa voisine, et j'attends silencieux sa voix douce rompre le silence d'une solitude partagée à elles deux.

    Calme et reposée une ambiance s'échappe de ses pages à humer avec délicatesse.

    Le récit n'est pourtant pas une oeuvre littéraire à part entière. Il ressemble à ses effluves subtiles de parfums agréables à ressentir, très vite submergé par la masse imposante des autres senteurs envahissantes. Un pont s'établit entre Irkoutsk et Paris, passage obligé d'une quête de souvenirs et la recherche d'un avenir à construire.

    Les références littéraires trop présentes m'ennuient.

    L'édition est de bonne qualité, ce qui ne gâche rien au plaisir de lire du Michèle Lesbre.

    2008-03-31Note : 5/5
    Une auteure à ne pas manquer !
    Avec Le canapé rouge, Michèle Lesbre nous conte l'histoire d'une femme qui se met en quête d'un amour perdu ... à Irkoustk en pleine Sibérie, au bord du lac Baïkal et du fleuve Angara.
    Cette quête, c'est celle du désir des choses perdues : un amour qui s'en est allé, un idéal (politique) qui ne s'est pas réalisé, un enfant qu'on n'a pas eu, ...
    Comme tous les voyages, ce n'est pas tant la distance parcourue qui compte que le cheminement de l'esprit (le plus grand voyageur est celui qui a su faire une fois le tour de lui-même, disait Confucius) et Michèle Lesbre sait bien rendre cela.
    Les chapitres alternent entre la vaine quête de l'héroïne arrivée sur les rives du lac Baïkal (à ce stade elle ne croit même plus trop à ce qu'elle était venue plus ou moins chercher sans grande conviction) et les souvenirs des conversations avec une vieille dame laissée à Paris sur son canapé rouge.
    Toutes les deux se souviennent d'un amour perdu.
    Toutes les deux ont attendu trop longtemps que "leur vie commence enfin", comme des petites filles qui auraient oublié de grandir. Beaucoup trop longtemps.
    Une très très belle écriture que celle de Michèle Lesbre.
    Sans esbrouffe, intime, pleine de sens.
    Une auteure à ne pas manquer, un bouquin excellent qui mériterait de monter sur le podium 2008 si ce n'est ... que nous avons, depuis, lu un autre roman de Michèle Lesbre qui nous a paru encore meilleur ! À suivre donc !

    2008-02-21Note : 5/5
    Douceur du voyage et de la mémoire
    Anne est décidée à revoir l'homme qu'elle a aimé jadis. Ils ne se sont pas revus, ils ne se sont plus écrit, mais Anne prend le train jusqu'à Irkoutsk où Gyl s'est exilé.

    Elle a laissé Clémence derrière elle. Clémence à qui elle lit tous les jours les destins de femmes exceptionnelles, exaltées, passionnées. Clémence qui hante son voyage et ses pensées. Clémence assise sur son canapé rouge, Clémence habitée par son passé et ses souvenirs qui s'estompent et s'effacent. Aspirés par la maladie ils ressurgissent en lambeaux épars de plus en plus fugaces.

    Le rythme du roman est lent, aussi lent que ce train qui traverse la Sibérie , mais le voyage est serein, paisible, parsemé de souvenirs et de mélancolie.

    Des moments de tendresse partagés avec Clémence, aux rencontres éphémères avec d'autres voyageurs, Anne ressuscite ses relations avec Gil, avec d'autres hommes aussi, qu'elle a connus puis quittés.

    Michèle Lesbre caresse ces souvenirs brumeux et cette nostalgie lumineuse. Elle les esquisse avec une délicatesse et une sensibilité exquises.

    Quel talent a-t-elle pour nous faire vivre et ressentir cette affection profonde, intime, qui unit Anne et Clémence ! Ses phrases sont des fragments de poésie, aussi vaporeux que les souvenirs qui surgissent, uns à uns, pointant leur éclat, leur beauté et leur douceur.

    Il y a une grâce et une luminosité sereine dans ce roman que l'on referme en frissonnant.


    2008-01-22Note : 5/5
    Des pétales crémeuses de gardénia
    Ce roman dont le titre, très beau et subtil, le "canapé rouge" est d'une ineffable poèsie. Anne, est la recherche se son ancien amant,Gyl,qui la conduit dans un îlot de rêves avec des rencontres fugitives dans le transsibérien qui l'amène à Irkoutz,"leurs visage s'estompaient avec le temps, mais je gardais cete impression d'avoir approché des hommes et des femmes qui ne me quitteraient plus." Îvre de vertige et de solitude dans ce paysage de la Russie ou les éléments de la nature et les êtres prennent des couleurs satureés et phosphorescentes. Mais ce voyage est aussi une traversée de l'âme, de la recherche de soi et la ramène à, Clémence Barrot, sa voisine, qui vit dans ses souvenirs de son ancien amour,Paul, trop tôt disparu et à qui elle lui narre des récits de femmes aux destins héroïques ou des pages d'une finesse rare de poètes qui vous accompagnent toute une vie,"j'étais absent de moi plutôt un nuage indécis un passant pas très sûr d'être vraiment quelqu'un".Ce beau roman qui a toute la délicatesse et la fraglité des petales ivoires d'un gardénia, est une très belle et divine invitation pour une lecture envoutante

    2007-10-22Note : 5/5
    UNE PEPITE
    Vraiment ne ratez pas la lecture de ce petit livre magique .D'abord magie de l'écriture superbe , magie également dans la construction du livre :une amitié se crée entre une femme dans la quarantaine et sa voisine d'étage une vieille femme ,Clémence,à qui elle vient faire la lecture .Au fil des pages et d'un voyage initiatique en train jusqu'au lac BaÏkal , nous découvrons l'amour unique de Clémence trop tôt ravi et la quête d' amour de la narratrice qui fait le point sur sa vie en essayant de retrouver un amour de jeunesse .Ces petits retours en arrière,au fil de la narration, nous permettent de découvrir le portrait de deux femmes très attachantes . Ce livre fait avec raison partie de la sélection pour le prix Goncourt.

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