 Cliquez pour agrandir | De lait et de mielDe Jean Mattern
Editeur : Sabine Wespieser Parution le : 26 Août 2010 ISBN : 978-2-8480-5086-7 EAN13 : 9782848050867
De lait et de miel. Au premier regard, quand il la rencontre en 1957 à la sortie d’un concert au bénéfice des réfugiés hongrois, le narrateur sait qu’il peut offrir à Zsuzsanna une vie de lait et de miel. Avec cette jeune femme volontaire et lumineuse, qui a fui Budapest et sa révolution manquée, il a en commun l’expérience de l’exil et, chevillé au corps, le désir de construire un avenir possible. Arrivé en France quelques années plus tôt, il a lui aussi échappé à l’étau de l’histoire. Parvenu au soir de sa vie, il se remémore son long combat contre le typhus, dans un hôpital de fortune, après qu’à l’automne 1944 il a quitté précipitamment avec son ami Stefan la ville de Temesvar que se disputaient les puissances ennemies. Roumain du Banat, d’origine française pourtant, il ne s’est jamais senti tout à fait chez lui dans cette Champagne où avec Zsuzsanna devenue Suzanne il a fondé une famille. D’autant que la malédiction d’un drame intime n’a pas tardé à rattraper ces deux-là, qui avaient tant voulu oublier les traumatismes collectifs. Le vieil homme, qui se confie par bribes à son fils Gabriel, aimerait trouver l’apaisement. L’on comprend à quel point Stefan lui a manqué pendant tout ce temps. Leur séparation sur un quai de gare à Budapest soixante ans auparavant le hante toujours… Dans ce deuxième roman, Jean Mattern construit avec justesse et maîtrise l’histoire intime d’un double exil. Tissant avec une grande subtilité sentiments et sensations diffuses, il donne corps à des personnages d’une émouvante vérité. |
Prix conseillé : 17,25 € - Prix : 16,39 € |
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Commentaires Amazon| 2010-08-28 | Note : 4/5 | un beau roman A l'aube de sa mort, condamné par la maladie, un vieil homme revient sur son passé, et aimerait savoir ce qu'est devenu son ami de jeunesse, Stefan Dragan, violoncelliste, dont il s'est trouvé séparé sur un quai de gare à Budapest en 1944. Son fils Gabriel, à qui il se confie, va faire des recherches pour lui.
p.18 : « L'idée de regarder en arrière seulement parce que la mort est proche me désole. Pourquoi céder à la nostalgie un quart d'heure avant la fin ? Je me suis refusé toute ma vie à la complaisance des souvenirs. J'espère que l'agonie ne fera pas vaciller ma résolution. »
Point de complaisance dans ces souvenirs, non, mais le cheminement d'une vie par le biais de retours en arrière entremêlés. Le vieil homme, roumain du Banat mais d'origine française, raconte comment il a fui Timisoara en 1944, comment il a failli mourir du typhus peu après, l'exil au moment de l'insurrection hongroise de 1956 de celle qui deviendra sa femme, Zsuzsanna, qu'il rencontrera à Paris en 1957. Suzanne, à qui il promet une vie « de lait et de miel », une vie de famille sereine que la perte d'un enfant attristera à jamais. Il n'oublie pas non plus son ami Stefan, il a beau être « ivre de sa femme », il n'a personne à qui parler. « Notre bonheur a-t-il besoin d'une ombre au tableau afin que son éclat soit rehaussé ? Stefan était ce voile sur ma conscience, cette absence qui aiguisait mon regard sur le présent. Où était-il ? » (p.57)
Jean Mattern offre là un roman doucement nostalgique à la beauté indéniable, classique mais sans emphase, rehaussé par une fin qui dénoue les raisons de la séparation des deux amis, laissant la part belle au souvenir et à l'apaisement : une amitié fidèle ne meurt jamais, même lorsque le temps et la distance ont fait leur chemin pendant plus de soixante ans.
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