| Pierre Roussel De François Quere Editeur : Amateur Parution le : 19 Avril 2007
Bien que peu connu du public d'amateurs, Pierre Roussel (1723 - 1782) n'en est pas moins un ébéniste et marqueteur réputé, auteur d'une production abondante, diverse et d'excellente qualité. Ses oeuvres restent parmi les plus réputées des règnes de Louis XV et Louis XVI, bien qu'il n'ait peut-être pas fait preuve d'autant d'originalité que certains de ses confrères tels Jacques Dubois, Roger van der Crus ou Bernard van Risamburgh. Fils d'un compagnon ébéniste, il acquiert très vite une grande notoriété, et fournit des meubles au prince de Condé pour le Palais-Bourbon et le château de Chantilly, et travaille pour son confrère ébéniste et marchand Pierre IV Migeon. Ses meubles, toujours de fabrication très soignée, couvrent tous les styles du XVIIIème siècle, de la rocaille au néoclassicisme. On connaît notamment de nombreuses commodes Louis XV plaquées de bois de rose et de bois de violette, certaines gardant la forme "tombeau" héritée de la Régence, d'autres ornées de marqueteries de fleurs en bois clair, avec noeuds de rubans et rinceaux entrelacés. D'autres encore sont habillées de décors de laque et de vernis européens représentant des paysages et des scènes dans le goût chinois. Les bronzes, souvent abondants, y sont toujours de grande qualité. Mais il a aussi oeuvré à la réalisation d'encoignures, secrétaires, bureaux plats ou à gradin, coiffeuses, petites tables, etc. Cependant, la manière la plus caractéristique de Pierre Roussel se manifeste principalement sur les commodes Transition et sur les quelques meubles Louis XVI qu'il conçut : les marqueteries de paysages y laissent apparaître diverses architectures, des vues de villes ou de ports, des pièces d'eau avec des bateaux et des volatiles, ces décors se trouvant parfois incrustés de petites plaques de nacre et d'ivoire. Il est vraisemblable que certains meubles signés de Roussel aient été réalisés après sa mort par son fils cadet, Pierre II, qui utilisa la même estampille. En fait, celui-ci ne fit que poursuivre l'oeuvre de son père, lequel lui avait d'ailleurs laissé un stock important. |