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 Cliquez pour agrandir | Le Vertige des auteurs De Georges Flipo Editeur : Le Castor Astral Parution le : 4 Janvier 2007
Sélection Rue des Livres
Pour complaire à son patron qu'il vénère, Sylvain Vasseur se lance dans l'écriture. N'a-t-il pas tout pour devenir écrivain ? Tout : l'égoïsme, la foi en son talent, des admirateurs et groupies, et même un incessant soutien de la presse, peut-être quelque peu prématuré. Que lui manque-t-il, si ce n'est une œuvre ? De mesquines impostures en folles espérances, le voici parti à la conquête d'un destin littéraire. Mais sa compagne sera-t-elle tentée par une vocation de femme d'écrivain ? Pour les auteurs potentiels, ce livre constituera peut-être le premier exorcisme contre le démon de l'écriture. avec un humour aussi noir que féroce, par petites touches d'une acide vérité, Georges Flipo brosse allégrement le portrait de ces millions de français qui possèdent un manuscrit dans leur tiroir. Le Vertige des auteurs les fera frissonner de plaisir ou d'effroi. | LittératureL'avis de Rue des livresComment avoir beaucoup d'amis ? En devenant écrivain à succès. Comment perdre tous ses amis ? En devenant auteur sans succès. Sylvain Vasseur se lance dans l'écriture par hasard, par défi. Et il se prend au jeu, devient auteur, comme un comédien fragile devient son personnage. Sa vie paisible devient un enfer, surtout pour son entourage. La littérature vaut bien quelques sacrifices, n'est-ce-pas ? A un détail près, c'est que le chemin qui se dessine devant lui n'est pas la route vers la gloire mais le parcours du combattant que connaissent bien tous ceux qui ont tenté de se faire éditer.
Ecrit avec beaucoup d'humour et un brin d'autodérision, le Vertige des auteurs est le premier roman de Georges Flipo, auteur par ailleurs de nouvelles ("La Diablada" publié chez Anne Carrière). On se laisse entrainer avec plaisir par Sylvain Vasseur dans ses aventures littéraires. Bien sûr, on va côtoyer les donneurs de bons conseils, les éditeurs qui passent à côté de l'oeuvre du siècle, des auteurs qui ne voient qu'eux et leur "oeuvre" et quelques journalistes complaisants avec l'oeuvre encore inexistante de l'auteur. Personnages plus bêtes que méchants. Et si Georges Flipo tire quelques cartouches sur ce petit monde, c'est sans agressivité, presque avec gentillesse.
Côté lecteur, on sourit tout au long de ce roman. Sauf si l'on a quelques velléités d'écriture. Là, on aurait plutôt tendance à rire... jaune. J.Marc, Rue des livres |
La presse en parle« Le Vertige des auteurs », de Georges Flipo (Le Castor astral, 15 euros), est vivement déconseillé à tous ceux qui écrivent, ou qui pensent le faire, ou qui ont un manuscrit dans un tiroir. La petite république des lettres en prend pour son grade. Comment, vous ne connaissez pas Sylvain Vasseur, auteur de « les Bains et les Malles », magistral roman décrivant les vacances d'antan ? Il a tout pourtant pour devenir un plumitif à succès, égoïsme et gloriole, cécité et entêtement. Mais son écriture rencontre une déconvenue complète. La tournée des éditeurs est une longue valse des sanglots. C'est le grand mouroir de l'écriture sur les étagères à refusés. On rit jaune, on subodore la chute la plus noire. Georges Flipo, auteur tardif, publicitaire de son état, nous donne ici un premier roman vachard, et ses slogans prédateurs sur la vanité de l'acte d'écrire font mouche à tout coup. Patrice Delbourg, Le Nouvel Observateur |
Commentaires Amazon| 2008-07-08 | Note : 4/5 | Indispensable à tout aspirant écrivain ! Sylvain Vasseur, le plus ancien employé du département marketing de chez Air Hexagone, est mis en préretraite forcée. Avant son départ, il peaufine ses dernières lettres « relations clientèle » qu'il porte à la signature du grand patron, Noël Delorgey. Celui-ci voit déjà en lui un futur grand écrivain, et lui offre en cadeau de départ le PC portable qui ne pourra qu'encourager son talent...
Osez passer la couverture quelque peu austère de ce (premier) roman et succombez vite au vertige des auteurs, le gouffre est aussi profond que drôle et ... douloureux. Sylvain est un personnage détestable et pourtant je ne compte plus le nombre de fois où j'ai éclaté de rire toute seule : plus il est pitoyable, plus c'est hilarant ! Il faut le voir tenter de résumer son grand roman de science-fiction métaphysique dont il n'a pas encore l'ombre d'une brindille d'idée ! C'est moqueur, manipulateur, et assez réjouissant ! Même Arlette, sa chère et tendre, va vite comprendre que femme d'écrivain, c'est un calvaire qui n'était pas dans le contrat de mariage, et qu'elle fait bien mieux de se consacrer à la broderie (qui n'a de broderie que le nom..)
Si le premier tiers du roman est empli de rires sarcastiques, la suite est plus triste et presque déprimante. Sylvain Vasseur va tout écluser : les concours de nouvelles, les photocopies « au thon », « au mérou » ou « à la baleine », les lettres de refus des éditeurs, l'édition à compte d'on ne sait trop quelle arnaque, mais toujours, toujours, il caressera ce doux vertige d'être enfin reconnu pour son Suvre, fut-ce par la seule bibliothécaire de Plesson-Châtillis qui semble mieux s'y connaître en tantrisme qu'en littérature. Il mérite la médaille de la ténacité, ce Sylvain-écrivain.
Un humour caustique qui finit en véritable pitié pour ce pauvre personnage : c'est vrai, quoi, pourquoi vouloir à tout prix écrire quand on n'a déjà pas assez d'une vie pour lire ?
George Flipo nous démontre avec humour et semble-t-il une bonne connaissance du milieu qu'écrire rend fou : voilà qui devrait calmer bon nombre d'écrivaillons en herbe le temps d'une lecture, celle de son roman !
| | 2007-11-29 | Note : 5/5 | Et si c'était vous? "Le Vertige des auteurs", c'est d'abord et avant tout une belle leçon de modestie pour tout écrivain, qu'il soit en devenir ou confirmé: à un moment ou à un autre, chacun de ceux qui font profession de faire des phrases auront été la victime d'un des travers de Sylvain Vasseur, personnage de ce roman, qui met en scène un bonhomme qui veut à tout prix s'imposer dans le jeu littéraire.
Si Georges Flipo devient génial dans ce roman, c'est parce qu'il concentre, justement, en un seul personnage tous les travers de l'écrivain un peu imbu de lui-même. C'est simple: si un homme normal peut faire des bêtises dans sa vie, Sylvain Vasseur les fait TOUTES. Le résultat, c'est ce roman savoureux, qui a frôlé le Prix de l'Humour Noir... et s'avère extrêmement drôle - et riche en réflexions pour ceux qui taquinent la muse de l'écriture. C'est à eux que ce texte s'adresse.
| | 2007-03-13 | Note : 4/5 | Un pamphlet sarcastique plein d'humour
Sylvain Vasseur travaille depuis des années comme gestionnaire des lettres de réclamation pour la compagnie Air Hexagone. Il est fier de ses propositions de réponses qu'il relit pour s'en repaître et qui lui donnent le privilège d'accéder au bureau du Président qu'il vénère. Mais tout son petit monde vient de s'écrouler depuis qu'il vient d'apprendre que la compagnie l'envoie en préretraite. C'est un coup dur pour cet homme qui n'a pas prévu ce départ anticipé ni même penser à ce qu'il allait faire après, il a quelques idées comme s'abonner au câble, s'inscrire au club de pétanque, faire du vélo avec ses copains... mais tout ceci ne le satisfait guère jusqu'à ce que son Président, habitué à sa facilité d'expression, voit en lui un futur écrivain. Pour ne pas le décevoir, il se revêt du rôle et le voilà propulsé sur le chemin de l'écriture avec l'aide du soutien de la presse quelque peu prématuré.
Georges Flippo avec beaucoup d'humour et de causticité dresse un portrait remarquable sur les jeunes auteurs en mal de reconnaissance qui sont prêts à tous les sacrifices pour arriver à leur fin, comme son personnage Sylvain qui petit à petit change d'attitude en reniant sa vie d'avant, sa femme et ses amis, il devient hautain et toise le monde du haut de ses belles lettres. Il participe à des concours de nouvelle, en recherchant la célébrité et l'adulation pour ses premiers écrits sans penser qu'il subira, comme tous ses confrères en quête de gloire, le tourment, l'attente d'une réponse, la course à l'éditeur...
Je tiens à remercier l'auteur pour l'agréable moment que j'ai passé en lisant son premier roman je ne peux que vous inciter à en faire de même, car croyez-moi vous ne serez pas déçu.
| | 2007-01-21 | Note : 5/5 | Découvrez l''"écrivain-attitude" Les remises de prix en province, les bons d'achats chez les commerçants locaux, les discours des organisateurs et des élus sont atrocement réalistes, comme l'est ce personnage qui s'observe de l'extérieur, avec son "oeil" d'écrivain, sa femme d'écrivain, ses (mauvaises) habitudes alimentaires d'écrivain, son PC d'écrivain, son cabinet d'écrivain, son costume d'écrivain, et ses vacances sur une île d'écrivains, bref, l'"écrivain-attitude" à fond.
Et puis sa course aux "signes extérieurs proximité avec les puissants", ses trahisons, sa lâcheté, ses proches, qui finissent par lui voler la vedette... L'envie, la jalousie, la haine ! J'ai pensé bien fait pour lui mais c'est dur quand même...
Au début, j'ai trouvé ça hilarant, jusqu'à la distribution des manuscrits aux éditeurs. Et puis c'est devenu vaguement déprimant, puis triste, désespérant, carrément affreux.
Mon coeur saigne pour ce pauvre Sylvain qui ne méritait quand même pas tout ça. Mais c'est de sa faute aussi, il l'a cherché. (D'où la question : est-il plus cruel de l'encourager ou de lui dire que ses textes sont nuls ?)
Jusque là, les livres dont le personnage principal était un écrivain m'ont toujours profondément ennuyée. (C'est vrai quoi, les livres ne peuvent ils pas parler de gens normaux comme vous et moi ?) Celui-ci, dieu sait pourquoi m'a beaucoup touchée. Et je crois qu'il touchera aussi ceux qui n'écrivent pas, qui aiment juste lire.
Merci de l'avoir écrit.
| | 2007-01-09 | Note : 5/5 | Un bijou coruscant Cest lhistoire dun gars, Sylvain Vasseur. Depuis tout petit, cest un sycophante obséquieux (il ny a pas que Paolo qui mémorise le dico, noméo !). En clair, il cafardait en tremblant de bonheur ses petits camarades dans le bureau du dirlo. Et côtoyer ce monde des « puissants » lui filait des sensations dans le bas-ventre. Bref, cest un minable, à la base, et ce ne sont pas ses mines et son apparente candeur qui vont nous le rendre sympathique, avis aux mouchards.
Alors quil séclate comme un petit fou en rédacteur épistolaire dans une grande compagnie aérienne (une plainte = une réponse, toujours la même, en fait, changez deux ou trois mots et hop), le voilà mis de force en retraite anticipée. Le PDG, pourtant initiateur du truc dans un mouvement dhumeur versatile dont il est coutumier, lui indique sa nouvelle voie : il va écrire.
Entre ici, Littérature, avec ton terrible cortège.
Et notre Sylvain sy met à fond.
Sauf que.
Il na pas lombre du commencement dun début de disposition, et il sy prend comme un manche&
Et alors là, cest un festival : aspirants-écrivains, groupies et requins du monde de lédition, organisateurs et concurrents des concours de nouvelles, journalistes, chefs dentreprise, photographes, concepteurs publicitaires, vedettes TV, accrochez-vous tous bien serré, la distribution est vacharde et généreuse.
Mais quel plaisir fou.
Je suis dans limpossibilité de mettre en avant tel ou tel point, la magie est dans lensemble.
On fait connaissance, on se moque un peu, on sintéresse, on se passionne, on ricane et on rit franchement, on sinsurge, on réprouve, mais finalement, aux ¾ du roman cest la tristesse qui sinsinue, et on termine bel et bien par un vrai pincement au cSur. Nest-ce pas là un fort complet voyage littéraire ?
La plume de Georges Flipo est chatoyante, je suis séduite, je lui trouve une finesse toujours spirituelle, alors je ne vais pas en faire des tonnes : consultez aussi la très jolie critique de Pascale Arguedas, et lisez Georges Flipo, vous nous remercierez !
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