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Fiche livre | | |
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 Cliquez pour agrandir | Les dames de nage De Bernard Giraudeau Editeur : Editions Métailié Parution le : 1 Mai 2007
Je l'ai aimée comme un enfant, comme un homme, comme je n'ai plus jamais aimé… Elle s'est dissoute un jour, peu après notre amour, dans une eau claire. C'était dans un cristal d'émeraude glacé… J'ai continué à grandir sans elle, bien sûr, avec ce don qu'elle m'avait fait dès l'enfance de cette découverte sans cesse renouvelée de l'amour. Tout au long de ma vie j'ai aimé les nuques déliées, les femmes comme des gerbes et le secret des graines dans les épis… J'ai gardé de l'enfance, et d'Amélie, ils sont liés, l'amour de l'inconnu à défricher, avec la peur au ventre comme une jouissance.
Bernard Giraudeau nous embarque, au fil des amours de ses héros, de l'Afrique à l'Amérique du Sud, à la recherche de cet inconnu qui toujours fascine, avec un don irrésistible pour dire le clair-osbcur des sentiments. Son regard précis s'exprime dans une prose drue, nette, crue et poétique à la fois qui échappe à toute nostalgie. | Littérature françaiseLe débutJe peux voir la canopée comme des vagues immobiles auxquelles seul le vent de la montagne donne une vie de mer sombre. Il traîne des brumes alanguies que le soleil levant finit toujours par enflammer. Au-delà il y a un grand fleuve et bien au-delà la mer, la vraie, l’infinie, qui se dessine parfois comme un trait de lumière pour souligner l’indéfini du ciel. J’aime cet endroit comme une escale de paix. Je suis un égaré ayant décidé de se poser, de rester là dans chaque instant des souffles. J’écoute l’oiseau, un chant sur la page de silence. A la fin du jour il y a celui des voix de la vallée, isolées comme des notes échappées. J’apprends l’attente, celle de l’instant, celle de la pluie, des jours à venir, de la nuit, de la première étoile, celle du feu pour les repas et pour réchauffer les soirs. J’attends sans impatience, en vivant l’instant comme une éternité. Ajouté à ce bonheur, il y a l’inattendu de cette vie là-haut, les coups de vent soudains qui annoncent l’orage. Il y a alors une plainte rugueuse des écorces blessées, un bavardage précipité du feuillage sous les ailes sombres des nuages, et je me régale d’un poignard de feu, derrière les voiles d’eau. Il me semble que ces instants-là ne peuvent finir. Tous les soirs avant la noyade solaire, quand l’ombre du petit sycomore s’étire en géant, je m’assois sur le tronc couché qui barre le sentier. J’ai alors, comme le veilleur, le sentiment de garder un territoire. |
Vos avisj'ai loué ce livre dans une bibliothéque. Je lis...arrivé à la page 22, je m'attarde sur la description du "temps". Cela est tellement beau, tellement vrai que je referme le livre. Je le rends à la bibliothéque. Je l'achéte, car je veux le posséder dans "ma" biliothéque. lecture en cours.
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Commentaires Amazon| 2008-06-05 | Note : 3/5 | A lire pour le style Récit de voyages lointains, de l'Afrique aride et brûlante à l'Amérique du Sud moite et étouffante en passant par la Polynésie ou un Paris nostalgique, Bernard Giraudeau n'écrit pas, il peint, il esquisse, il fait naître des paysages et des personnages lumineux.
Ses mots subliment des rencontres, éphémères ou durables, des femmes aimées, aimantes, aimables, des instantanés de partage et d'intimité, des moments magiques où les êtres se confient et se confondent.
Ses phrases sont des mélopées, des partitions sur lesquelles évoluent des personnages troublants, surgis du passé, fantômes erratiques et troublants.
D'Amélie « le lit de son âme », que Marc, le narrateur, aimera silencieusement pendant son enfance, en passant par Marguerite, avec laquelle il n'échangera jamais un mot mais qu'il comprendra et devinera à travers son reflet, son regard, son silence, à Maïmouna, la maîtresse du vent, à Mama « la bonne à tout faire, même l'amour avec le père », à Ysé ou Marcia qui veut oublier qu'elle est née Marco, c'est une mosaïque de portraits délicieux, parfois fugaces, étranges mais scintillants.
Les mots, souvent crus mais jamais vulgaires s'enchaînent et forment un récit qui se lit avec beaucoup de facilité.
Bernard Giraudeau n'écrit pas, il conte. Pour notre plus grand bonheur.
| | 2007-06-09 | Note : 4/5 | Une belle plume ! Il suffit de lire quelques lignes des premières pages pour deviner que Giraudeau possède une très jolie plume. Je n'avais pas lu le premier ouvrage de Giraudeau. Mais je vais le faire. Son style parfois si poétique rappelle les belles phrases de Ch. Signol ou celles de CH. Prat dans "Bruissements d'ailes".
Pour la biographie, je laisse chacun découvrir.
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