Recherche
Plus d'un million de livres référencés
Ground XO

Ground XO

Auteur :

Editeur : Editions Métailié

Christophe Leibowitz, notre désastreux avocat, poursuit toujours sa quête désespérée du bonheur Ainsi, il fêtera bientôt ses vingt ans d'exercice et pourtant ne voit rien d'autre se profiler à l'horizon qu'un enchaînement de mornes causes. Mais voilà qu'un beau jour, par le hasard d'une succession, il se retrouve héritier d'une marque de cognac. Cette boisson qui conserve en France l'image de la bouteille qu'on dépoussière pour clore un repas dominical est aux Etats-Unis le symbole de la sophistication dans la culture hip-hop. Il n'en faut pas plus pour ragaillardir notre pénaliste névrosé. Riche de son carnet d'adresses au pays des dealers, il se lance avec enthousiasme dans le show-business en misant sur l'un de ses clients trafi­quant de cocaïne et rappeur à ses heures, qu'il charge de chanter les vertus de son cognac.
Avocat, producteur de gangsta rap et bouilleur de cru, n'est-ce pas trop pour un seul homme ?

Avocate pénaliste, Hannelore Cayre est née en 1963. Elle est l'auteur de Commis d'office, qui a reçu le prix Polar derrière les murs 2005, et de Toiles de maître.

8,50 €
Vendeur : Amazon
Parution :
Format: Poche
134 pages
ISBN : 978-2-8642-4623-7
Extrait

C'était la veille de Noël.
J'avais prêté serment un 24 décembre, cela faisait exactement vingt ans.
Vingt années de barre que je venais de m'enquiller avec à chaque rentrée la même promesse : "Encore cinq ans et c'est fini, je raccroche la robe."
Grisé d'ambitions aussi imprécises que puériles, je rêvais, jeune avocat, de devenir un type qui marquerait son temps. Je me trouvais beau, alerte, et j'imaginais que les filles mouillaient jusqu'aux genoux rien qu'à me voir déambuler au Palais dans ma robe toute neuve.
Vingt années plus tard, je me retrouvais là, assis dans ma cuisine, la tête entre les mains à faire des compromis avec moi-même pour savoir combien de centilitres de calva viendraient à bout du souvenir pénible de la nuit que je venais de passer.
C'est mon humeur maussade et mon impuissance à me mettre en train qui me poussèrent ce matin-là à rédiger la première de mes confessions à l'inquiétant docteur Kafhar.

Le 24 décembre.
J'ai fait ce rêve atroce, ce rêve typique d'anniversaire, qui hante mon esprit depuis mon réveil.
Je suis devant les grilles du Palais de justice en train de me branler la nouille jusqu'au sang.
Alors que je recherche vainement une quelconque excitation, mes confrères défilent devant moi, gênés, en murmurant pour les plus compatissants : "Le pauvre, il est là tous les jours" et pour les moins sympas : "Et l'Ordre qui ne fait rien, c'est à ne pas y croire !"
Je sue et mes mains sont poisseuses.
Un garde mobile s'approche et d'une voix douce me dit : "Maître Leibowitz, c'est fini ; il faut rentrer maintenant !" Là, je remballe à contrecoeur mon appareil génital et m'éloigne, boulevard du Palais, en maugréant.

Je me relus : j'étais assez fier de moi. En un jet, j'avais réussi à pondre de la super came pour psy. En fait, c'était moins dur que je ne le croyais. Si Kafhar tenait ses promesses, j'allais la purger vite fait, ma mise à l'épreuve.

Donnez votre avis