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L'homme du lac
De Arnaldur Indridason
Editeur : Metailie
Parution le : 25 Janvier 2008

À la suite des tremblements de terre qui ont eu lieu en Islande en juin 2000, le lac de Kleifarvatn se vide peu à peu. Une géologue découvre sur le fond asséché un squelette lesté par un émetteur radio portant des inscriptions en caractères cyrilliques à demi effacés. Erlendur et son équipe se voient chargés de l'enquête, ce qui les mène à s'intéresser aux disparitions non élucidées ayant eu lieu au cours des années 60 en Islande. Peu à peu, Erlendur, Elinborg et Sigurdur Oli remontent la piste de l'homme du lac dont ils finiront par découvrir le terrible secret. L'Homme du lac nous raconte aussi une maginifique histoire d'amour contrarié.

  • Policier et Suspense

  • Commentaires Amazon

    2008-07-02Note : 5/5
    Un excellent Indridason
    Comme toujours lorsque je lis un Indridason, j'ai été totalement convaincu par cet excellent roman noir qu'est L'homme du lac.
    Le style d'Indridason me plaît énormément. Si loin du thriller effréné, mais pourtant au moins aussi bon. Erlendur est un policier qui sait prendre son temps sur une enquête ; de la même façon, Indridason est un auteur qui sait prendre son temps pour raconter une histoire et ce sans donner au lecteur l'impression de perdre le sien. C'est quelque chose de plutôt rare dans la littérature policière actuelle où tout doit aller vite au risque de paraître mauvais, ou pire : vieillot ! C'est en partie pour cela, je pense qu'Indridason est un auteur remarquable et remarqué, qui a su conquérir un grand nombre de lecteurs avec sa touche si particulière.
    L'homme du lac, comme souvent les romans d'Indridason, se situe dans deux cadres chronologiques différents : ici, les années 60, en pleine Guerre Froide, et aujourdhui.
    Evidemment, il sera impossible à Erlendur et à ses coéquipiers de résoudre l'enquête actuelle sans se replonger dans cette sombre période.
    On s'attache au moins autant que d'habitude au quotidien des différents personnages, avec Elinborg qui se met à écrire des livres de cuisine à succès et le commissaire Erlendur qui a toujours des problèmes relationnels avec sa fille. L'Islande, grande héroïne des romans d'Indridason, est ce coup-ci un peu moins présente, puisque, Guerre Froide oblige, une grande partie de l'intrigue se déroule sur le continent.
    Indridason est un des tous premiers auteurs que je conseille aux personnes désirant lire des romans policiers mais ne sachant pas par où commencer. Si cest votre cas, n'hésitez pas ! J'espère que vous serez convaincus.

    2008-06-12Note : 5/5
    Le maître islandais
    Avec "L'homme du lac", l'islandais Arnaldur Indridason, s'impose définitivement comme un des maîtres du polar contemporain. La comparaison avec son homologue suédois Henning Mankell est inévitable mais l'écrivain islandais n'a pas à faire de complexes : il est bien son égal. Son dernier livre, qui joue sur plusieurs registres (historique, social, sentimental, politique etc.), deux époques (aujourd'hui et au temps de la guerre froide) et deux pays (Islande et RDA), est constamment maîtrisé et va bien au delà du simple suspense. On y retient surtout le regard désabusé d'un auteur sur son pays qui semble en dépression permanente (comme la Suède de Mankell) et en quête de valeurs. Les amateurs de vraie littérature, même ceux qui sont allergiques au polar, trouveront en Indridason un auteur au véritable sens du terme.

    2008-06-10Note : 5/5
    De mieux en mieux
    C'est avec une avidité non dissimulée que je me suis plongée dans ce quatrième et tout dernier opus des enquêtes du commissaire Erlendur. Et là, alors que d'ordinaire dans ce genre d'intrigue envoûtante les pages se tournent allégrement, je me suis surprise à ralentir ma lecture pour savourer plus lentement son déroulement.
    Pourtant il n'est ici pas question d'une intrigue déconcertante et surprenante qui brouille régulièrement les pistes car son fondement se profile assez vite par la construction caractéristique de l'auteur qui insère parallèlement l'histoire au c?ur de l'enquête.

    D'un côté, suite à la découverte dun squelette au fond dun lac, une enquête est menée par l'équipe du commissaire Erlendur qui reste toujours très attaché aux disparitions classées faute dindices. De l'autre l'histoire nous mène aux côtés d'un groupe d'étudiants socialistes islandais accueillis dans les années 60 dans une université de Leipzig en Allemagne de l'Est. Là se retrouvait une jeunesse cosmopolite bercée, au départ, des mêmes idéaux politiques très vite envahie par les doutes puis certaines désillusions découvrant quelques réalités du Parti en pleine guerre froide et plus particulièrement celles de la Stasi (cette police politique d'Allemagne de l'Est).

    J'ai à nouveau savouré cette plongée dans la société insulaire islandaise avec laquelle l'auteur a su nous familiariser au fil de ses quatre romans et j'ai retrouvé avec plaisir l'équipe du commissaire Erlendur, confrontée une nouvelle fois à une tranche de l'histoire de son pays.



    2008-05-17Note : 4/5
    "Tu n'as qu'à surveiller tes fréquentations."
    Un squelette lesté d'un émetteur radio portant des inscriptions cyrilliques remonte à la surface d'un lac islandais et c'est tout un pan d'un passé , pas si lointain , qui refait surface: celui de la guerre froide, de ses espions et de ses illusions...
    Pour donner une identité à ce squelette et surtout pour retrouver celui qu'une femme a attendu en vain devant une crèmerie, Erlendur devra faire preuve d'obstination, ce qui n'est pas la moindre de ses qualités.
    En alternance, une autre quête, celle d'un ancien étudiant Islandais, parti étudier en Allemagne de l'est et qui s'est trouvé confronté à l'univers de "La vie des autres"...
    J'ai mis du temps à entrer dans ce nouvel opus d'Arnaldur Indridason mais finalement je me suis régalée avec cette superbe histoire d'amour sur fond de Stasi et de surveillance généralisée. En filigrane, la relation du commissaire avec sa fille est éclairée sous un jour nouveau par l'apparition d'un nouveau témoin du passé d'Erlendur.
    En toile de fond,dans l'homme du lac, l'Islande à a fois déprimante et lumineuse, farouchement défendue par Erlendur, pays où la poésie semble partout présente, fût ce par la présence d'un recueil lu et relu sur la table d'un vieux paysan acariâtre...

    2008-03-30Note : 5/5
    Encore un grand Indridason, le maître du polar islandais
    Les avis étaient unanimes sur les blogs ici ou là, mais on a essayé de résister un peu, beaucoup, ... pas du tout, à l'achat compulsif du dernier Arnaldur Indridason.
    On avait déjà lu tous les précédents opus, déjà tous excellentissimes, mais un de plus, ça pouvait attendre, un peu, beaucoup, ... pas du tout.
    Finalement, valait mieux pas tergiverser : c'est trop bien.
    Il suffit à Indridason de quelques pages, d'un seul chapitre pour vous emporter loin d'ici.
    Alors nous voici donc embarqués de nouveau pour la lointaine et exotique Islande aux côtés de l'impossible inspecteur Erlendur, celui qui vit sur une île où la nuit dure 6 mois ...
    Erlendur toujours obsédé par les disparitions, depuis celle de son jeune frère lors d'une randonnée tragique dans les mystérieuses montagnes islandaises.
    Car il s'agit de nouveau d'une disparition.
    Ou plus exactement d'une ré-apparition : celle d'un squelette qui dormait au fond d'un lac depuis 60 ans et qui refait surface.
    Et avec lui tout un pan de l'Histoire : celle de la guerre froide, quand les jeunes étudiants islandais aux idéaux socialistes partaient étudier en RDA et, une fois passé le rideau de fer, découvraient le communisme ... et la Stasi. "La vie des autres", quoi.
    Une alternance de chapitres entre la lente et laborieuse enquête d'Erlendur et ses acolytes autour du squelette remonté du lac ficelé à un vieux poste radio et ce qui s'est passé à Leipzig en ce temps là, au temps où la Stasi régnait sur les consciences.
    Car ce qui intéresse Indridason ce n'est jamais le côté criminel du polar, ce sont «les gens», leurs pensées, leurs rapports aux uns et aux autres, leurs rêves ... et leurs cauchemars aussi.

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