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Fiche livre | | |
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 | La robe bleue De Michèle Desbordes Editeur : Verdier Parution le : 10 Mai 2007
Une vieille femme assise sur une chaise dans un parc. Elle attend. Le parc est celui de l'asile de Montdevergues, et l'homme qu'elle attend est son frère. Il s'appelle Paul Claudel. Elle, donc, serait Camille. Trente années dans le parc, près d'Avignon. Présent, passé, tout se mêlerait dans la grande lumière de là-bas, et se rejoindrait. De l'amour et de la beauté. De la haine. De l'abandon. Et de ce que c'est que la fin des choses quand, de si près, depuis si longtemps, elle chemine près de vous, silencieuse et poignante. |
Commentaires Amazon| 2006-02-27 | Note : 3/5 | Une bonne surprise Une bonne surpriseMichèle Desbordes, j'avais eu quelque difficulté à finir l'un de ses précédents romans, dans lequel elle faisait intervenir un Léonard de Vinci, vieillissant... non que la trame ne soit pas intéressante, mais seulement par ce parti pris d'une écriture à la Proust, avec des phrases qui n'en finissent pas ... mais le malheur est bien que n'est pas Proust qui veut ! Et dans ma médiathèque préférée, me voilà nez-à-nez avec son dernier roman, "La robe bleue". Après tout, ma première impression sur cet écrivain n'était pas forcément fondée ? et je me suis plongé dans la lecture de cette "Robe bleue" ; mais d'entrée de jeu le même style, et quand on est à la 26e ligne d'une seule et même phrase on se demande quel en est le début, et obligé de recommencer ... tout cela pour s'apercevoir qu'il n'y a aucun lien entre le début et la fin. Alors vous savez ce qui se passe ? votre oeil et votre sens de la langue française, font que vous restituez toutes les ponctuations qui manquent et du coup ce texte devient très lisible ! Et heureusement ! Car son récit est passionnant : elle imagine Camille Claudel, dans cet asile d'aliénés où l'a placée de force sa famille : elle revit les moments de sa vie antérieure et actuelle, et surtout cette attente des rares visites que lui fera son frère Paul. Contrepoint extraordinaire entre l'extrême mobilité de ce Paul diplomate qui ira de Prague à Washington, ou Pékin ou encore Rio, et cette quasi immobilité de Camille. Contrepoint extraordinaire entre le silence de l'agitation de Paul (sa production littéraire est-elle mentionnée seulement 5 fois ?) et l'extrême vitalité créatrice de Camille ! Contrepoint encore extraordinaire entre la pauvreté, pour ne pas dire le vide, sentimentale de Paul et la fantastique richesse amoureuse de Camille. Contrepoint enfin, et non des moindres, entre cette passion de Camille, femme, pour la sculpture et cette incompréhension dont elle sera victime de toute cette société du début du 20e siècle. Oui, une fois dépassé cet obstacle de l'écriture, on ne peut qu'aimer ce roman qui nous fait rentrer dans ce cheminement intérieur qu'a dû emprunter Camille Claudel.
| | 2004-07-07 | Note : 5/5 | Une robe de fiolie La nuit a été longue mais ce jour, du coup, est pareil à nulle autre. Il y a des livres que l'on ne peut reposer avant de les avoir « terminés ». Des livres qui font que plus rien ne sera comme avant. Des livres qui font qu'on ne dira plus « C'était mieux avant ». La vie devant soi de Romain Gary, Mourir d'enfance d'Alphonse Boudard, La vie mode d'emploi de Georges Perec, Armen de Jean-Pierre Abraham mais aussi ce merveilleux La robe bleue de Michèle Desbordes sont de ceux-là. Solitude et exil sont partout présents dans l'?uvre de Michèle Desbordes. Ses personnages sont écrasés par le poids du temps, par leur vie. Ici il s'agit d'une attente. Une femme attend son frère depuis longtemps,bien trop longtemps. Cette femme vieillie et meurtrie assise sur sa chaise devant l'hospice c'est Camille Claudel. Dans l'attente, elle se retourne de manière confuse sur les événements qui ont marqué sa vie : son amour de la sculpture, sa rencontre avec Rodin, l'incompréhension de sa famille et la folie envahissant progressivement sa vie de frayeurs et de tourments ne la laissant jamais en paix. Au travers d'une belle prose Michèle Desbordes nous parle de l'amour, de la beauté, de la haine et de l'abandon, de la fin des choses, des petites et grandes morts. Hier soir j'ai moi aussi navigué entre deux eaux, entre amour et folie. Quel voyage ! Il y avait même parfois, dans certains passages, quelque chose de cette fulgurance que l'on trouve chez Kerouac, non pas dans la forme mais dans l'effet. Une belle langue, des répétitions légères, des phrases qui essoufflent, des parfums de Giono qui nous emmènent loin, très loin.
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