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Cet étrange colosse

Cet étrange colosse

L'éléphant en Europe, deux mille cinq cents ans d'histoire

Auteur : Alan Hutchinson

Editeur : Arléa

Dès le commencement de leur histoire commune, les Européens, comme les autres peuples du monde, ont traité l'éléphant avec un curieux mélange de respect, d'affection, de haine et de cruauté. Les éléphants étaient entraînés pour le combat ; on leur apprenait à piétiner à mort traîtres et prisonniers ; on les faisait se battre entre eux, affronter d'autres animaux ou combattre contre des hommes armés ; on les chassait aussi sans merci pour leur ivoire.
Mais ils étaient par ailleurs fêtés et admirés ; ils marchaient en tête des triomphes des généraux romains ; leur image figurait sur les monnaies, les assiettes, les mosaïques et les fresques. L'histoire de l'Europe nous enseigne que les princes s'offraient des éléphants, considérés comme des présents d'une très grande valeur.
C'est le calife Haroun al-Rachid qui, le premier, inaugura cette pratique en faisant don d'un éléphant à Charlemagne. Plus tard encore, lors d'intrigues diplomatiques complexes visant au contrôle de la moitié inexplorée du monde, un éléphant indien, blanc, surnommé Annon, fut expédié de Cochin à Rome, présent du roi Manuel du Portugal au pape Léon X. Depuis, peuplant les zoos et les cirques, représentés à l'opéra, dans les romans et à l'écran, les éléphants sont devenus familiers aux yeux des Européens. Les beaux arts leur ont fait honneur, ils ont souvent été filmés lors de campagnes publicitaires, de jeunes mannequins se sont exhibés sur leur dos, et ils ont fini par symboliser tout ce qui est grand et fort dans nos sociétés, depuis de simples pommes chips jusqu'au Boeing. Au Danemark, l'ordre de chevalerie le plus élevé est celui de l'Éléphant ; aux États-Unis, l'animal est le symbole du parti républicain.
Et durant la guerre froide, dans un accès - et un excès - de fierté nationale, l'Union soviétique s'autoproclama la «patrie de l'éléphant». Quant à nous, en quelques décennies, nous sommes passés d'une attitude de laisser-faire en matière de safari (principalement européenne) au désir éclairé de protéger l'espèce à tout prix, en passant par le braconnage tous azimuts (principalement africain). En même temps, nous avons peu à peu perdu notre goût pour l'exhibition des éléphants, et les zoos ont suivi le désir du public d'offrir plus d'espace et de liberté au plus grand mammifère terrestre. Plus que tout autre animal vivant, l'éléphant semble le survivant d'un monde où il n'y avait pas encore d'êtres humains.
Ce livre, abondamment illustré et maquetté par Pascale Ogée (une des plus grandes graphistes de l'édition) retrace l'histoire de la relation, vieille de deux mille cinq cents ans, que l'Europe entretient avec ce chef-d'oeuvre de la natures. Une histoire qui a commencé le jour où un guerrier d'une petite tribu des Alpes est tombé nez à nez avec un monstre étrange, énorme et terrifiant, aux défenses étincelantes, au cou orné de cloches de guerre, et dont le long nez s'élevait à dix mètres au-dessus du sol et faisait retentir un cri épouvantable jusqu'aux cimes des montagnes lointaines.

30,00 €
Vendeur : Amazon
Parution :
288 pages
ISBN : 978-2-8695-9794-5
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