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La garde-robe ou les phrases de taffetas

La garde-robe ou les phrases de taffetas

Auteur : Idelette de Bure

Editeur : Arléa

Et si le meilleur moyen de parler d'une femme était de faire l'inventaire des vêtements qu'elle a portés ? Ces étoffes, ces drapés, l'impeccable tombé d'une robe en apprendraient-ils plus sur leur propriétaire que de longues confidences sur sa vie ?C'est ce que semble penser Idelette de Bure, qui entrouvre pour nous son armoire intime, ne gardant que les vêtements emblématiques et originaux, ceux qui fixent pour toujours un moment heureux, un amour enfui, une angoisse passagère.La plongée dans cette mémoire de chiffons nous entraîne tour à tour dans une île grecque, dans un quartier du nord de Londres ou dans les rues de Paris, mais aussi à Venise, dans les Alpes suisses ou dans le jardin d'une maison de vacances. Tous ces lieux sont ceux d'une vie, la vie d'une femme joyeuse ou mélancolique, amoureuse ou solitaire, qui se dévoile à nous en nous donnant à voir ce qui la pare.Le vêtement est alors un rempart contre le monde, le temps qui passe, le bonheur qui se dérobe. Tout est dans la nuance, l'irisé d'une couleur, la douce caresse d'une étoffe laineuse. Chaque parure est un tableau, un morceau de vie qui s'offre.Peu à peu, un chemin se dessine, une histoire de femme qui se livre, se retournant avec élégance sur ce qu'elle a été. Plus qu'un catalogue de mode, La Garde-Robe ou les phrases de taffetas est un livre sur ce qui a été et n'est plus, un regard sur une silhouette dans laquelle on ne se reconnaît plus, une démarche légère qui se perd dans les plis du temps.Vous le savez : en mars 2006, pour le grand bonheur de quelques milliers de lecteurs et des éditions Arléa, Emmanuel Pons a tué sa femme.En 2008, c'est Patrick Barrault - « ami » d'Emmanuel Pons -, qui, avec le même soulagement et la même exaltation, perd sa mère :Ma mère est morte. L'autre bonne nouvelle, c'est qu'elle est morte riche. C'est une tradition dans la famille. Ses parents et ses grands-parents ont couvé leurs sous jusqu'au dernier jour. Parce que, l'argent durement gagné, ça ne se dilapide pas, ça se transmet, c'est pour « après ».C'est par ces mots qu'Emmanuel Pons nous embarque une fois encore dans un roman qui se joue de la réalité - car, si tout y est vraisemblable, c'est bien souvent pour le pire ! Sous ces aspects « farçeurs » et légers, c'est une histoire tragique : celle d'une femme (la mère) qui, avare de coeur, ne sait pas aimer, ou ne sait aimer qu'elle-même.C'est aussi l'histoire d'un enfant qu'on n'a su ni voir ni aimer, et qui finit par prendre sa revanche sociale, familiale, dans le monde très violent des traders.Le parallèle qui s'établit alors entre argent et sentiment compose une vision terrible de la vie, rationnelle, insensée, et surtout impitoyable et cruelle, à laquelle la vie même ne saurait tout à fait résister.Nous voilà encore partagés entre rire et frisson d'inquiétude. C'est la confirmation du talent singulier d'Emmanuel Pons.

13,00 €
Vendeur : Amazon
Parution :
87 pages
ISBN : 978-2-8695-9797-6
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