 | Accusés Baudelaire, Flaubert, levez-vous !Napoléon III censure les lettres De Emmanuel Pierrat
Editeur : André Versaille Parution le : 3 Février 2010 ISBN : 978-2-8749-5069-8 EAN13 : 9782874950698
Sélection Rue des Livres
1857 : année mythique de la censure. Charles Baudelaire, Gustave Flaubert et Eugène Sue sont tour à tour poursuivis par le même procureur, Ernest Pinard. Les œuvres incriminées ? Les Fleurs du Mal, Madame Bovary et Les Mystères du Peuple. Par ces procès, le régime de Napoléon III entend juger le poète et les deux romanciers pour leurs outrages et leur insubordination à l’ordre politique et moral. À l’aide de documents d’archives, d’articles de presse, des plaidoiries et des réquisitoires, des correspondances que s’échangent les écrivains pourchassés par Pinard, Emmanuel Pierrat nous replonge dans cette année 1857. Dans un décor saisissant, il fait revivre les procès intentés par le procureur impérial à des écrivains de génie soudainement pris dans l’implacable mécanique de la censure. Le lecteur découvrira donc la galerie de créateurs devenus depuis célèbres et des journalistes qui se lancent dans la bataille, tout comme l’état de la censure sous le Second Empire (et ses prolongements actuels). Jamais le tableau de ces quelques mois qui vont durablement marquer le milieu des Lettres n’avait été dépeint avec autant de force. Les pièces du dossier (plaidoiries, réquisitoires et jugements) sont publiées en annexe de cette saga tout autant judiciaire que littéraire. |
Prix conseillé : 19,90 € - Prix : 18,91 € |
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La presse en parleEmmanuel Pierrat s'est attaqué à un procureur à effets de manches dévastateurs. Ernest Pinard a trainé au tribunal la même année Gustave Flaubert, Charles Baudelaire et Eugène Sue pour atteinte à la morale publique et aux bonnes mœurs. 1857 est ainsi devenue, selon l'auteur de ce livre d'histoire littéraire, une année mythique de la censure. Le livre ne se contente pas de retracer les procès de trois figures : le bourgeois de province, le poète maudit et le grand exilé sur la fin de sa vie. Ces procès préfigurent, selon Pierrat, la censure moderne “telle qu'elle se perpétue et croît de nos jours”. Frédérique Roussel, Libération | | | Madame Bovary et Les Fleurs du mal sont montrées sous un angle original qui donne irrésistiblement envie de les redécouvrir.
Milieu du XIXe siècle, Charles Baudelaire, Gustave Flaubert et Eugène Sue sont jugés par Ernest Pinard, procureur obsédé par les bonnes mœurs, qui va censurer leurs chefs-d'œuvre au nom de la morale publique. Un livre qui peut paraître un peu coriace mais qui s'avère être un passionnant voyage dans cette époque de lumières empreinte du débat encore très actuel de la liberté d'expression. Metro |
ExtraitUn exemple d'article de presse sur Les Fleurs du mal :
“Jamais on ne vit mordre et même mâcher autant de seins dans si peu de pages ; jamais on n’assista à une semblable revue de démons, de fœtus, de diables, de chloroses, de chats et de vermine ! Ce livre est un hôpital ouvert à toutes les démences de l’esprit, à toutes les putridités du cœur.”
(Gustave Bourdin, Le Figaro, 5 juillet 1857)
Flaubert écrit à Baudelaire (14 août 1857) :
“Je viens d’apprendre que vous êtes poursuivi à cause de votre volume ; […] Pourquoi ? Contre quoi avez-vous attenté ? Est-ce la religion? ? Sont-ce les mœurs ? Avez-vous passé en justice ?? Quand sera-ce ? […] Je suis grandement indigné. Donnez-moi des détails sur votre affaire si ça ne vous embête pas trop, et recevez mille poignées de mains des plus cordiales.” |
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