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Les Voies romaines en Gaule

Les Voies romaines en Gaule

Auteur : Gérard Coulon

Editeur : Errance

Les voies romaines nous fascinent.
Dans notre imaginaire collectif, ces routes antiques toujours rectilignes sont, comme les rues de Pompéi, revêtues de larges dalles et striées de profondes ornières creusées par le passage répété des chars.
Aujourd'hui, les voies romaines nous apparaissent dans une étonnante diversité : chemins de terre, chaussées asphaltées, simples lignes de buissons, limites de parcelles ou de communes. Quand elles ont disparu, seule la photographie aérienne permet parfois de les faire revivre de façon éphémère et souvent spectaculaire sous la forme de tracés linéaires dans les champs cultivés.
A travers sept chapitres consacrés notamment à la mise en place du réseau routier, à la construction des chaussées, à la signalisation, aux ouvrages d'art et aux aléas du voyage, cet ouvrage de référence fondé sur les découvertes les plus récentes, offre une vision suggestive de ces voies qui jouèrent un rôle essentiel dans la romanisation de la Gaule.
Jamais encore un livre n'avait réuni une telle somme d'images pour ressusciter l'univers des routes romaines.

Conservateur en chef du patrimoine, Gérard Coulon est l'un des spécialistes de fa Gaule romaine. Il est l'auteur de Voyage en Gaule romaine (en collaboration avec J.-C. Golvin), des Gallo-Romains et de L'Enfant en Gaule romaine.

22,40 €
Vendeur : Amazon
Parution :
ISBN : 978-2-8777-2359-6
Extrait

L'Itinéraire de Bordeaux à Jérusalem

En 313, par l'Edit de Milan, Constantin accorde la liberté de culte aux chrétiens. Vingt ans après, des fidèles d'Aquitaine effectuent un séjour en Terre Sainte. Les souvenirs de leur périple où ils mentionnent les stations traversées, constituent la plus ancienne relation d'un pèlerinage à Jérusalem. Même si le trajet révèle quelques détours - probablement pour visiter des sanctuaires à reliques comme l'ont supposé maints commentateurs - l'Itinéraire indique 371 milles romains, trente relais et onze étapes de Bordeaux à Arles. Les pèlerins passent par Bazas (Gironde), Eauze, Auch (Gers), Toulouse, Narbonne puis la voie Domitienne. Après Arles, le trajet se poursuit en Gaule par Valence, Die, Luc-en-Diois (Drôme), Gap, Embrun, Briançon, Montgenèvre (Hautes-Alpes) où l'on franchit les Alpes pour parvenir à Suse en Italie.

Malgré son caractère partiel puisqu'il ne concerne qu'un seul trajet, l'Itinéraire de Bordeaux à Jérusalem, par les détails qu'il apporte sur la traversée des Alpes, n'en constitue pas moins un document précieux pour les chercheurs.

L'examen des cartes anciennes

La consultation des cartes réalisées à partir du XVIIIe siècle est tout aussi indispensable pour qui s'efforce de retrouver le tracé d'une chaussée antique. J'en donnerai trois exemples qui montrent d'une part combien ces cartes atteignent alors une exactitude suffisante pour le chercheur, et d'autre part combien les voies romaines sont restées longtemps visibles dans le paysage qu'elles ont dans certains cas continué à structurer.

En 1755 en Belgique, le Chevalier de Beaurain (Père) réalise une carte destinée à localiser les camps de Vignamont au cours de la campagne du Maréchal de Luxembourg en 1694. Les relevés ne manquent pas de précision à tel point qu'un long ruban en relief est dessiné qui traverse les campagnes : c'est l'importante voie romaine de Bavay à Cologne, désignée sous l'appellation de «grande chaussée de Brunehaut».

En France, à partir de 1760, à l'instigation de Louis XV commencent les premiers relevés de la carte de Cassini. Si certaines feuilles sont publiées avant la Révolution, il faut attendre 1815 pour que soit achevée cette oeuvre gigantesque qui couvre l'ensemble du territoire français.

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