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Fiche livre | | |
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 Cliquez pour agrandir | Séraphîta De Honoré de Balzac Editeur : Berg International Editeurs Parution le : 18 Septembre 2007
Dans Séraphilo, Honoré de Balzac a transcrit en langage romanesque une spéculation métaphysique, élevé l'aventure humaine à ses dimensions mystiques. Par ce roman étrange et rare, il propose une explication totale de l'homme et du monde. |
Commentaires Amazon| 2008-02-03 | Note : 5/5 | L'efflorescence mystique Dans la splendeur enneigée des fjords de Norvège, deux êtres semblent voler jusqu'aux cimes du mont Falberg. Au sommet, l'être qu'elle nomme Séraphîtus offre à Minna, la fille du pasteur, une fleur unique et rare. Dès l'ouverture, à des années-lumière de la géographie et des thèmes balzaciens réalistes, un paysage oraculaire, paysage-emblème dont l'altitude, la blancheur et la magnificence préfigurent l'élévation, la pureté et la beauté des plus impressionnantes pensées et des plus somptueuses visions déployées par l'âme mystique du romancier; et l'offrande symbolique de la fleur, comme une image de ce don unique d'un Balzac visionnaire à ses lecteurs: "Séraphîta" est le grand roman métaphysique de la Comédie Humaine, son efflorescence mystique et secrète. Au coeur du roman, rayonne la figure de l'ange androgyne, Séraphîta, enfant d'un cousin du grand théosophe Swedenborg, filiation fictive créée par Balzac comme pour fondre dans un creuset alchimique l'Imaginaire et le Réel, le rêve et la science occulte, d'où puisse surgir la Révélation. Sur l'espace romanesque, l'écrivain transpose et illustre magistralement la théosophie de Swedenborg: Séraphîta apparaît au fil des pages comme l'incarnation de "l'esprit angélique", tel que le définit le grand maître suédois, initiant les êtres à des vérités d'ordre supérieur, laissant entrevoir les sphères célestes et le chemin pour aller au Ciel. L'ambitieuse démonstration de l'existence de Dieu, au centre de l'oeuvre, fascinera tous ceux qui admirent l'art balzacien, livrant la clé de voûte métaphysique d'un système romanesque injustement réduit - en particulier par la tradition scolaire - à son versant "réaliste", révélant l'ampleur démesurée d'une vision d'ensemble qui établit les fondations de La Comédie Humaine sur la Révélation des principes et des essences divins, à travers la quête incessante des correspondances secrètes entre la Matière et l'Esprit. Si Balzac dépeint d'éblouissantes constellations de visions mystiques, il n'en mesure pas moins notre inaptitude à accéder à la Vérité. L'ange ne peut apparaître que voilé aux yeux de qui le regarde: "Si je l'éclairais, elle périrait, cette pauvre fleur!" C'est que "cette lumière tue tout homme qui n'est pas préparé à la recevoir. Nul ici-bas, ni même dans le ciel, ne peut voir Dieu et vivre." Et lorsque Minna, Wilfrid et le pasteur s'éloignent de l'orbe angélique, ils sont "remplis de ce sentiment vague qui n'est ni le sommeil, ni la torpeur, ni l'étonnement, mais qui tient de tout cela; qui n'est ni le crépuscule, ni l'aurore, mais qui donne soif de la lumière." Sentiment comparable à l'impression ressentie par le lecteur: un écho désenchanté qui retentit avec douceur dans nos coeurs fermés à l'Inaccessible. Tout juste nous est-il donné d'entrevoir, de pressentir... "Séraphîta" est un de ces livres dont on sait, une fois refermés, qu'ils ne nous quitteront plus, qu'il suffit qu'ils soient là, à notre portée, pour éclairer l'esprit et ouvrir le coeur à l'Amour. Un livre de vie, un don du ciel, une illumination, quelque éphémère qu'elle soit. " Les plus réelles magnificences ne sont pas dans les choses, elles sont en nous-mêmes."
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