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Fiche livre | | |
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 Cliquez pour agrandir | LQR : La propagande du quotidien De Eric Hazan Editeur : Liber - Raisons d'agir Parution le : 2 Février 2006
De modernité à gouvernance en passant par transparence, réforme, crise, croissance ou diversité, la Lingua Quintae Respublicae (LQR) travailla chaque jour dans les journaux, les supermarchés, les transports en commun, les " 20 heures " des grandes chaînes, à la domestication des esprits. Comme par imprégnation lente, la langue du néolibéralisme s'installe : plus elle est parlée, et plus ce qu'elle promeut se produit dans la réalité. Crée et diffusée par les publicitaires et les économistes, reprise par les politiciens, la LQR est devenue l'une des armes les plus efficaces du maintien de l'ordre. Ce livre décode les tours et les détours de cette langue omniprésente, décrypte ses euphémismes, ses façons d'essorer les mots jusqu'à ce qu'ils en perdent leur ses, son exploitation des " valeurs universelles " et de la " lutte antiterroriste ". désormais, il n'y a plus de pauvres mais des gens de condition modeste, plus d'exploités mais des exclus, plus de classes mais des couches sociales. C'est ainsi que la LQR substitue aux mots de l'émancipation et de la subversion ceux de la conformité et de la soumission. | [Poche]
Commentaires Amazon| 2008-02-26 | Note : 5/5 | Le rôle essentiel de la propagande sur l'inconscient Bien que la démarche, et le titre du livre, s'inspirent du livre LTI de Victor Klemperer, qui analyse la langue de la propagande nazie, Eric Hazan exclut tout parallèle entre notre société et cette de l'Allemagne nazie. De même qu'il précise que son travail est tout sauf savant. Ce qu'il reste de lien entre Klemperer et le livre d'Hazan est pourtant une citation essentielle :
"l'effet le plus puissant [de la propagande nazie] ne fut pas produit par des discours isolés, ni par des articles ou des tracts, ni par des affiches ou des drapeaux, il ne fut obtenu par rien de ce qu'on est forcé d'enregistrer par la pensée ou la perception. Le nazisme s'insinua dans la chair et le sang du grand nombre à travers des expressions isolées, des tournures, des formes syntaxiques qui s'imposaient à des millions d'exemplaires et qui furent adoptées de façon mécanique et inconsciente".
L'effet de la propagande est d'autant plus efficace que les idées que l'on assène restent dans l'inconscient de chacun. Rien que ce message et les exemples qui l'illustrent, pris dans notre quotidien, suffisent à donner une grande valeur à ce livre.
| | 2007-11-11 | Note : 2/5 | Peut mieux faire
Ce livre traite d'un sujet en se voulant savant. S'il y a des remarques pertinentes, leur articulation est plus que souvent artificielle, la faute au libéralisme, bien sur. On reconnaitra des travers bien connus; théorie du complot, reflexe de l'assistanat, besoin de tête de turc etc.
Car on dénonce le politiquement correct et la langue de bois. soit, cela a été particulierement marqué jusque dans les années 90 (technicienne de surface, hôtesse de caisse). cela fait aujourd'hui a mon sens figure de combat d'arrière garde (merci internet). n'en est-on pas a l'époque du langage sms !?
au milieu des annees 2000, sarkozy se presente comme un homme de rupture 40 ans après de gaulle, avec un franc parler qui l'a sans doute beaucoup aider. A cote de cela les socialistes perdent une troisieme fois les presidentielles, qui a lu leur motion de synthese ? J'attends avec impatience le meme livre sur les rhetoriques post-68ards, touches pas a mon pote, bobos ... Sur les derives qui nous ont fait passer des congres socialistes historiques a la vacuite des motions de synthese.
Cela fera peut etre des etudiants francais un peu moins des sous citoyens qui s'auto-excluent, des citoyens des gens un peu plus lettres et des universitaires des personnes un peu plus a l'ecoute des problemes humains qui comprennent l'evolution de la societe depuis l'anarcho-syndicalisme jusqu'au social liberalisme. quelqu'un connait il le social liberalisme en france ? c'est vrai qu'on voit plus ex-maoistes parler de neoliberalisme, sic.
On pourrait aussi reflechir au biais de l'analyse qui en dit long, immersion dans un monde universitaire qui refuse de voir une societe civile francaise exsangue, un appareil administratif dépassé, une population suiveuse et tressautante, le fantasme insurrectionnelle. quelle contribution.
Quand au parallèle avec les nazis, n'importe qui mériterait une baffe des meres de toutes les victimes du nazi ou du communisme pour flagrant delit d'instrumentalisation, mais l'auteur est trop vieux pour avoir le temps de les recevoir toutes.
| | 2007-02-12 | Note : 4/5 | Contre la Nov Langue Beau livre qui permet de percer à jour les mots de la "nov-langue", terme défini par George Orwell dans "1984". Une prochaine version pourrait heureusement intégrer d'autres mots issus du monde économique dont la "transparence", la "gouvernance", "la création de valeur" par exemple. A lire.
| | 2006-08-28 | Note : 5/5 | Ce que deviennent les mots... Ce que deviennent les mots quand ils sont utilisés par les journalistes et les hommes politiques :Libéralisme à la place de Capitalisme, Frappes aériennes à la place de bombardements, Affabulation à la place de Fabulation, "Partenaires sociaux" à la place de "Syndicalisme" , "Racisme" au lieu de Anti-sémitisme etc. Dans le livre d'Hazan vous trouverez la suite de tous ces nouveaux "maux" de notre langue qui disparaît peu à peu sous un flot de néologismes incompréhensibles.
| | 2006-04-12 | Note : 4/5 | Souvent utilisé, rarement analysé: "prêt à penser" en kit LQR : Lingua Quintae Respublica. Hazan s'inspire du travail d'un historien juif sous le IIIème Reich (Linga Tertii Imperii, Victor Klemperer), qui décortiquait la transformation linguistique provoquée par l'utilisation quotidienne des termes de la propagande nazie. On commence donc par un parallèle audacieux entre les nazis et la société "libérale" (un terme qui n'est lui-même pas neutre). Le terrain est planté, les camps sont clairs.
Hazan fait ici un un recensement intéressant des termes les plus représentatifs de ce nouveau langage, termes créés par les publicitaires, adoptés par les médias, qui ont remplacé dans un euphémisme généralisé des termes plus forts et plus traditionnels : détermination, rigueur, courage apparaissent là où on les attend le moins, tandis que opprimés et exploités sont remplacés par exclus dans une tentative de segmentation de la société.
On appréciera donc cette mise en évidence du "prêt à penser" fourni en kit, souvent utilisé, rarement analysé. Mais on attendait plus. On veut des conclusions révolutionnaires, des barricades, et rien de ça n'arrive car l'essai n'est qu'une analyse qui ne propose pas de solutions ni même de véritable conclusion autre que l'exposition de ce nouveau langage.
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