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Marseille, la ville où est mort Kennedy

Marseille, la ville où est mort Kennedy

Auteur :

Editeur : Jigal

En 1963, à Marseille une époque tire à sa fin. À Dallas, le président Kennedy meurt sous des balles inconnues.
Quelque quarante ans plus tard, Clovis Narigou toujours plus enclin à se laisser nonchalamment vivre dans les collines de l'Estaque qu'à venger ' i veuve et l'orphelin, se voit, bien malgré lui, embarqué sur les traces des assassins de JFK. Et de la French Connection aux grèves brisées en 47 sur le port, Clovis va rouvrir un pan entier de l'Histoire de Marseille. Un passé peu glorieux et jalonné de morts violentes où se mêlent politique, hommes de l'ombre, mafia, CIA, complot, milliards de dollars, trafic de drogue et pouvoir. Un cocktail explosif qui des années après, continue à malmener truand repenti, journaliste véreux et malfrat aux dents trop longues...

9,13 €
Vendeur : Amazon
Parution :
278 pages
ISBN : 978-2-9147-0436-6
Extrait

Mercredi 14 avril Vous êtes-vous déjà retrouvé à six mètres de hauteur, une tronçonneuse à la main, en équilibre sur une interminable échelle calée contre le tronc d'un peuplier qui oscille au gré du vent ? J'ai connu dans une autre vie des situations plus périlleuses, mais je dois avouer que je n'en mène pas large ! Le mistral a cassé une grosse branche et je joue les élagueurs équilibristes tandis qu'une voix d'outre-tombe semble monter des profondeurs de la terre et ânonne : «Cheudeu, Clo, on n'y arrivera jamais, c'est trop haut...». En guise d'encouragement, on fait mieux... Mais Milou n'a jamais été d'un naturel très optimiste. Vu du haut de l'échelle, il a l'air tout petit. Un nain, un pin's. C'est à peine si je l'entends grogner sous sa casquette à carreaux. Il tient l'échelle, plus pour marquer sa solidarité avec le travailleur haut perché que je suis que par souci d'efficacité. Avec ses cinquante kilos tout mouillé et ses quatre-vingts berges, que pourrait-il si par malheur je dévissais ? La tronçonneuse hurle lorsque j'attaque la branche cassée. La chaîne mord le bois et les secousses qui se propagent dans tout mon corps font vibrer l'échelle. Le peuplier n'a heureusement pas la consistance du chêne, il ne peut résister longtemps au féroce appétit métallique de ma Mac Culloch. J'ai toujours aimé ces engins bruyants (le boucan donne une impression de puissance), mais quand même pas au point d'imiter le foldingue de «Massacre à la tronçonneuse» qui course ses victimes avec l'instrument vrombissant à bout de bras afin de les découper en rondelles ! Il est con ce mec, non ? Et imprudent par-dessus le marché ! Imaginez qu'il se casse la gueule : il pourrait se blesser ! Les copeaux de bois blanc volettent, j'en ai plein les cheveux et Milou époussette continuellement sa casquette en ronchonnant. Les ombres sont longues en avril. Un soleil pâlichon dégringole derrière le baou des maùfatans. Dans une demi-heure, la fraîcheur submergera le vallon de La Varune. Il est temps de terminer ma périlleuse entreprise : - C'est bientôt fini, Milou. Tu devrais t'éloigner main­tenant, la branche va tomber. - Ouais, mais fais gaffe à toi, tu risques d'être entraîné dans la chute et... Il a à peine le temps de reculer de deux pas. Le craquement signale l'imminence de la dégringolade. Pas la mienne, celle du bois. Je maintiens l'échelle bien serrée contre le tronc. Je n'ai jamais dû étreindre une femme aussi vigoureusement. Ce n'est donc pas encore cette fois que mes bricolages hasardeux auront raison de ma carcasse !

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