 Cliquez pour agrandir | RacaillesDe Vladimir Kozlov
Editeur : Alvik Parution le : 21 Janvier 2010 ISBN : 978-2-9148-3390-5 EAN13 : 9782914833905
Sélection Rue des Livres
Chronique noire d'une bande de gopniks dans une cité crasseuse de l'Union soviétique au temps de la Perestroïka. Ecole, castagne, baise et alcool font le quotidien de ces adolescents bas du front, sans éducation ni avenir, pour qui seule compte la loi du plus fort. Un récit sans lumière et sans rêve, sans jugement ni compassion, rapporté dans un langage minimaliste, cru et argotique ; une histoire de brutes racontée dans une langue de brute. " Une littérature autochtone. " |
Prix conseillé : 18,00 € - Prix : 17,10 € |
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Commentaires Amazon| 2010-03-08 | Note : 4/5 | "une histoire de brutes racontée dans une langue de brute." « On boit sans trinquer.
- Comment va ton vieux ? Il t'écrit ?
- Il revient l'été prochain.
- S'ils lui rallongent pas sa peine, ricana Tsigane.
- Raconte pas de conneries, t'y as jamais foutu les pieds, dit le Cèpe. Moi,j'ai fait un an et demi chez les mineurs. C'est pas si dur, la taule, mais il y a pas de gonzesses.
1985, la perestroïka a commencé, mais Gorbatchev "arrive trop tard. Il aurait fallu ça bien avant", selon un des personnages.
La couverture résume admirablement bien ce livre. Tout est noir et blanc, délabré. Chronique d'une bande de jeunes, écrit dans une langue minimale où l'argot et les injures prédominent, la violence de l'écriture prend aux tripes.
Violence entre amis, avec la famille, avec la police, elle rythme le quotidien de ces jeunes d'une quinzaine d'années, sans avenir, sans ambition. On se bat pour rien, on se bat « pour le quartier » on écrase le plus faible. Les quartiers sont ravagés, les parents ont abandonné ou sont trop saouls pour s'en soucier et l'école organise encore des conférences « contre la propagande bourgeoise « ...le communisme, il y a longtemps qu'il ne se soucie plus d'eux, il y a longtemps que plus personne n'y croit d'ailleurs.
Violence dans les rapports humains, les filles n'ont d'intérêt que lorsqu'elles couchent, le viol n'est pas rare. Les amis n'en sont pas vraiment, plutôt des compagnons de boissons et un camping entre amis n'a plus d'intérêt dés que les bouteilles sont vides. L'alcool seul échapatoire.
Alcool, violence, sexe, voilà ce quotidien, la monotonie du livre qui pourtant ne tourne pas en rond montre l'enlisement de toute une jeunesse des quartiers prolétaires russes dont la colère est immense mais dirigée contre rien, ce rien qui semble être leur avenir.
Récit, j'imagine, largement autobiographique, Vladimir Kozlov s'impose comme un auteur majeur de la littérature russe contemporaine.
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