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  Fiche livre


D'accord monsieur, je sors

La libido primitive
De Valy-Christine Océany

Editeur : Demeter
Parution le : 10 Octobre 2009
ISBN : 978-2-9165-4845-6
EAN13 : 9782916548456

La rencontre du premier homme de sa vie, le père, peut tout aussi bien procurer de la joie ou, au contraire, provoquer une immense tristesse. Enfant en devenir, nous subissons plus que nous choisissons le ressenti de cette rencontre première qui en théorie devrait être sublime, magique et pétrie d'amour. En théorie seulement, car en pratique les choses se passent autrement. C'est ce premier contact, ce premier échange, ce premier sentiment qui va accompagner l'enfant tout au long de sa vie jusqu'à sa maturité. Mais, si d'aventure, l'enfant éprouve dès l'aube de son existence un sentiment de tristesse et de désespoir, il demeurera longtemps en prise au doute. La société, l'éducation, la tradition veulent qu'un enfant aime inconditionnellement ses parents, la même société impose la thèse indéfendable que, malgré un comportement inapproprié, tout parent aime son enfant. Le monde des émotions que les enfants possèdent facilement à la naissance provoque l'appréhension parmi les adultes dénués depuis longtemps de cette dimension intérieure. D'accord monsieur, je sors! relate les difficultés qu'éprouve une jeune fille de dix ans à saisir la manière dont son père l'aime et à accepter que ce qu'il exprime envers elle puisse être de l'amour. Tiraillée entre la révélation de son premier ressenti et le poids de concepts socio-éducatifs très rigides, notre héroïne essaie par tous les moyens de se faire aimer, en travaillant bien à l'école et en respectant les consignes paternelles. Mais est-ce que l'amour est conditionné par ce que l'on fait ou par ce que l'on est ?

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Extrait

“- T’as fait tes devoirs ? La question remplit le cœur de Violeta de tendresse. Quelqu’un s’intéressait à ses devoirs, à ses préoccupations. Elle sentit presque une chaleur dans son corps. Contente d’avoir la parole, elle enchaîna en vitesse sans réfléchir, emportée par une grande émotion. - La semaine prochaine c’est la fête de fin d’année. On n’a plus de devoirs. Je souhaite y aller avec vous pour recevoir mon prix. C’est une grande festivité, je vais… - Le cœur de ton père est fragile. Il ne supporterait pas la foule. Et toi, avec ton prix, tu nous gaves. Bien sûr que t’as le prix, tu es toute la journée dans tes livres. Tu les connais par cœur. Très bien qu’il n’y ait plus de devoirs. Tu pourras donner un coup de main à la maison. Demain matin il faut aller faire la queue au magasin de viande. Je te réveille à cinq heures. Violeta se sentit piégée. D’ailleurs, depuis sa naissance, elle se sentait piégée. Naître dans une famille différente de soi était un vrai piège. Comment va-t-elle faire pour lire et surtout pour écrire ses petites histoires ? Se lever à cinq heures du matin lui était égal, même si elle avait froid à chaque fois en sortant du lit, même si elle éprouvait un sentiment de honte en croisant un voisin, une voisine dans l’escalier, même si elle avait peur dans le noir des rues, même si elle se sentait seule et ridicule parmi tous les adultes ressemblés devant le magasin. Mais ne plus pouvoir se dissimuler derrière ses devoirs pour écrire était au-dessus de ses forces. Un nœud étreignit sa gorge, elle essaya de l’avaler, de le faire glisser dans le ventre. La salive passa à travers et elle sentit un étouffement. Violeta toussa très fort. - Arrête ton cirque, grogna la belle-mère. Vas à la salle de bain brosser tes dents, et au lit ! Une fois dans sa chambre, chambre de passage, elle se sentit à l’abri et laissa les larmes inonder ses joues. Quand la femme traversa la chambre, Violeta retint sa respiration. La femme s’approcha d’elle, vérifia en tâton... Lire la suite

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