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Balintawak, le cri de la liberté

Balintawak, le cri de la liberté

Auteur : Emile Martinez

Editeur : Pietra Liuzzo

Né en 1870 en Espagne, Jean-Baptiste Perez a grandi en Algérie où ses parents trouvèrent refuge après le coup d'Etat de 1874 contre l'éphémère première République espagnole. Volontaire du corps expéditionnaire envoyé aux Philippines en 1896 pour combattre l'insurrection tagale, il y rencontre Ana et vit un grand amour contrarié par les événements que traverse le pays. Placé à des postes d'observation privilégiés (attaché au service de presse de l'état major, officier dans une unité combattante, responsable du Service d'Insertion des Repentis) il suit de près l'évolution d'un conflit qui aboutit à l'intervention américaine et à la défaite espagnole. L'échec de la colonisation qu'il découvre alors préfigure l'avenir de l'Algérie et l'aide à se forger une solide conviction sur la façon dont devrait se construire ce pays pour éviter une tragédie semblable à celle que connaissent les Philippines. C'est le cœur plein d'espoir que Jean Baptiste Perez confiant en la capacité des Algériens à vivre ensemble rentre avec Ana, le 15 août 1899, dans le pays où il a choisi de vivre.

17,90 €
Vendeur : Amazon
Parution :
ISBN : 978-2-9166-8513-7
Extrait

« Il me fallut beaucoup de patience et de temps pour réapprivoiser sur ses lèvres les rires et les mots tant le malheur avait marqué son âme mais, aujourd'hui, dans ses yeux émerveillés qui regardent venir vers nous la terre d'Afrique, je lis une promesse de bonheur éternel. Notre vie, celle de nos enfants et des enfants de nos enfants, celle de la lignée que nous allons fonder commence demain en Algérie. »

En juin 1962, José Linares tombe par le plus grand des hasard sur le journal où Jean Baptiste Perez avait consigné ces évènements et le lit d'une traite entre Alger et Marseille, achevant le voyage initiatique qui soixante trois ans plus tôt avait jeté son grand père dans la tragique confrontation ou devaient périr les derniers vestiges de l'Empire espagnol. Sur le bateau, pour un voyage sans retour, des réfugiés semblables à ceux qui abandonnaient les Philippines en 1899:

« - D'après vous M'sieur, quand est-ce qu'on pourra rentrer chez nous?

Que lui répondre? José Linares pensa à Jean Baptiste Perez qui avait prévenu Ana: « vous êtes condamnée à vivre dans un exil intérieur bien plus douloureux que l'exil réel. » Mais il l'invitait à partager une autre perspective: « Moi je construis un pays dont l'avenir est entre nos mains ». Ce rêve était définitivement mort. Qui leur dirait qu'on les avait trompés en les disant Français alors qu'ils n'étaient que des Algériens comme les autres qui devaient simplement apprendre à tisser l'avenir avec leurs frères de naissance et de ciel ? Ils avaient réussi à former un peuple où les Juifs, après bien des souffrances, avaient trouvé leur place mais ils avaient laissé les Arabes sur le bord du chemin. Maintenant ils devaient payer collectivement leur erreur du prix de l'exil. Il préféra esquiver la question:

- Merci pour la bière! On se reverra sans doute à Marseille. »

C'est cette histoire que raconte « Balintawak… » Traversé par les thèmes de l'identité, de l'exil, de l'amitié, de l'amour et de la mort, ce roman qui se déroule dans le cadre historique de la guerre d'indépendance des Philippines avec un constant renvoi à l'Algérie de l'époque raconte en creux l'histoire manquée de ce que ce pays aurait pu devenir.

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