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L'Ordre

L'Ordre

Auteur : Bruno Lafourcade

Editeur : Brumerge

A 54 ans, le journaliste Daniel Peyrehorade traverse une crise morale. Il ne reconnaît plus «L'Aube», où il est entré après mai 68, qui n'est plus, sous le règne d'anciens gauchistes, qu'un journal de propagande conformiste. Sous forme d'un collage d'articles et de monologues, il dresse la liste des opinions qui l'habitent et l'opposent à sa direction autant qu'à la société tout entière.

9,00 €
Vendeur : Amazon
Parution :
178 pages
ISBN : 978-2-9177-4522-9
Les avis

Un livre qui ne manie pas la langue bois, loin s'en faut. Le regard du journaliste Daniel Peyrehorade sur la pratique de son métier est sans concession. L'auteur de ce curieux roman aux chapitres très courts et émaillés d'articles, de dialogues et de slogans, ne nous ménage jamais et sur beaucoup de sujets sensibles, il nous déconcerte vraiment... étant à l'opposé du « politiquement correct » comme en témoigne ce passage en ce qui concerne la littérature contemporaine:

"La séparation entre littérature lacrymale et littérature dérisoire correspondrait assez à la séparation sexuelle entre hommes et femmes. Les néo-féministes, en profitant de l’affaiblissement masculin, ont rendu plus nette une coupure sexuelle qui protège leur hégémonie. C’est donc ce que l’on retrouve, assez nettement, dans les livres d’aujourd’hui : ces deux axes, les hommes et les femmes, la gouttelette émerveillée et les grandes eaux souffrantes, le ravissement niais et le gémissement compulsif, pourraient probablement servir de grille de lecture à une bonne part de la littérature française actuelle."

Tout au long de ce roman, le journaliste devra composer avec sa fille Marie a qui il tente d'expliquer les chiffres romains et surtout la structure des nombres à partir de 50 :

"au-delà de 50, ne connaissant pas les nombres, elle aurait eu besoin de la règle. C’est pourquoi nos enfants, avec leurs téléphones portables, leurs rollers et leurs « cartes UGC », se leurrent en croyant ne pas être dupes des « forfaits illimités », des Astérix et des « axes deux-roues » que ma génération leur fabrique : pour avoir connu déjà tous les signes de la consommation jusqu’à 49, ils n’ont pas eu à retenir la règle qui sert à vivre à partir de 50."

Nous sommes fréquemment interpellés sur des sujets comme le racisme, la Shoah, la démocratie... ce qui nous oblige à nous interroger sur nos certitudes... sans qu'il ne soit forcément nécessaire de les revoir. Un excellent exercice pour voir où nous en sommes de toutes nos convictions.

becdanlo

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