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Les aventures de Minette Accentiévitch
De Vladan Matijevic
Editeur : Allusifs
Parution le : 29 Juin 2007

En courts fragments, comme en autant d'instantanés qui n'ont pas froid aux yeux, ce roman signé par Vladan Matijevic nous présente Minette sous toutes les coutures et en découd avec certains mythes sur la féminité cousus de fil blanc. Nous y apprenons ce qu'elle fait à ses amants et ce que ses amants lui font, ce qu'elle aime ou n'aime pas, ce qu'elle pense de ceci ou de cela et notamment des hommes. Par exemple, elle ne croit pas du tout que les amibes soient des organismes vivants les plus simples, elle affirme que ce sont les mecs. Ils se réduisent à peu près à leurs couilles, dit-elle, où se loge également leur cerveau. Mais si elle a en elle cette affolante épice qui fait que les hommes lui courent après, il est vrai aussi qu'elle court après les hommes. C'est même une sacrée coureuse.
Si, pour situer Minette dans l'histoire littéraire (et plus précisément celle des héroïnes romanesques), on prend un raccourci aussi serré que celui du Christ mort de Mantegna, on peut dire qu'au fond, à la tête du gisant, il y a la princesse de Clèves, à mi-chemin, sur la bosse géni(t)ale, Madame Bovary, et au premier plan, aux pieds, Minette Accentiévitch.

  • Littérature étrangère
  • [Erotisme]
  • La presse en parle

    «C'est un ouvrage hors norme, insensé de drôleries et de réflexions brillantes sur la vie, l'amour, l'orgasme. Par petits chapitres extrêmement bien troussés, nous suivons les escapades sexuelles d'une Lolita slave mille fois plus cochonne et plus amusante que son aînée nabokovienne.»

    Fabrice Gaignault, Marie-Claire
     

    «Vous en avez assez ? Vous n'avez rien vu. Vous n'avez pas encore goûté, non plus , toute la fantaisie de ce petit livre savoureux. Rien à voir avec la littérature érotique classique. Plus on avance dans la lecture, plus on rigole. [...] C'est complètement sauté, surréaliste.»

    Danielle Laurin, Le Devoir

    Extrait

    Il y a des nuits tout simplement inoubliables

    Sur le panneau de bois était écrit : maison à vendre. En lettres blanches. Nous avions hâte de nous y cacher. Ses jambes étaient plus longues que les miennes, j'avais de la peine à rester en tête et à éviter qu'elle ne me marche dessus. Ma petite biquette, avais-je envie de lui dire, je m'en souviens. Or la nuit en était encore à envier le noir de ses cheveux à ce moment-là.

    Sur le panneau de bois était écrit : maison à vendre. En lettres blanches. Je n'hésiterais pas maintenant à boire de la pisse de blaireau si cela me permettait de lui dire ce que j'avais tu alors. Mais laissons tomber. Je serrais les bouteilles de bière sur ma poitrine, qui était un vrai glacier, mais ce qui m'inquiétait bien plus qu'une pneumonie c'était que le sac en papier ne se déchire. Voilà comment j'étais. Un vrai trou du cul !

    Sur le panneau de bois était écrit : maison à vendre. En lettres blanches. Je me suis retourné pour m'assurer que personne ne nous voyait. Une chouette m'a fait un clin d'oeil discret. Rien de méchant. Les chouettes sont nos chères frangines. Je lui ai passé le sac avec force précaution, au cours de cette manoeuvre nos doigts se sont effleurés. Nos regards se sont léchouillés un instant. Putain incandescente ! Voyou !

    Ô comme tout cela est indescriptible ! Soif. Soif. Soif. Il me semblait que je n'aurais pas le temps d'ouvrir la porte, que nous allions nous jeter l'un sur l'autre, là, devant le seuil, et nous déchirer sauvagement à belles dents. La clef que j'ai sortie de ma poche brillait au clair de lune d'un éclat si incroyable que j'en ai cligné des yeux. Sur le panneau de bois était écrit : maison à vendre. En lettres blanches.

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