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Paradis, clef en main
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Paradis, clef en main

De Nelly Arcan

Editeur : 400 coups
Parution le : 7 Janvier 2010
ISBN : 978-2-9236-0321-6
EAN13 : 9782923603216
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Une obscure compagnie organise le suicide de ses clients. Une seule condition leur est imposée : que leur désir de mourir soit incurable, pur et absolu... Antoinette a été une candidate de Paradis, Clef en Main. Elle n'en est pas morte. Désormais paraplégique, elle raconte sa vie, elle raconte la compagnie et son processus de sélection, ses tests et ses épreuves, son psychiatre halluciné et son comité de sélection. Mais surtout, elle nous raconte son nouveau désir d'exister. Paradis, Clef en main est un roman sur le désir de vivre autant que sur celui de mourir, un roman sur la responsabilité, sur le rapport à l'Autre, sur le rapporte au corps et à la vie.


Prix conseillé : 13,00 € - Prix : 12,35 €

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Commentaires Amazon

2010-10-03Note : 3/5
Très belle écriture mais...
Nelly Arcan, si vous ne la connaissez pas, était une jeune auteure québécoise. Elle a été retrouvée sans vie dans son appartement à Montréal le 24 septembre 2009: elle s'était suicidée par pendaison.

Le roman raconte l'histoire d'Antoinette qui fait appel aux services de la mystérieuse compagnie "Paradis, Clef en Main" pour mettre fin à ses jours. La compagnie, dirigée par Monsieur Paradis, offre ses services aux gens pour qui la vie est "une maladie à soigner". Monsieur Paradis: "sauve des gens de la vie".

Le récit débute avec une Antoinette paraplégique. Antoinette nous raconte son histoire via des flashbacks: Léon, l'oncle d'Antoinette, avait fait appel au service de "Paradis, Clef en Main" et avait offert à sa nièce un suicide arrangé avec la compagnie. À trente ans, quinze ans après le suicide de son oncle Léon, Antoinette décide de contacter la compagnie et d'utiliser le crédit que son oncle y avait laissé pour elle. Le suicide arrangé d'Antoinette échoue pour des raisons qu'on ne nous dévoile pas et Antoinette devient paraplégique.

Le livre traite donc de suicide. Antoinette et Léon développent un lien fort, le désir de la mort les rapprochent. Le livre traite aussi de relation mère-fille: Antoinette a une relation très conflictuelle avec sa mère. Paradoxalement, le livre traite de la vie: il se termine sur une lueur d'espoir. La relation d'Antoinette avec sa mère s'améliore lorsque cette dernière tombe malade et Antoinette retrouve le goût de la vie.

Il n'y a aucun doute. L'auteure a une grande maîtrise de la langue et il y a plusieurs passages beaux et poignants. L'histoire, par contre, est décevante. Jusqu'à la page 87 (le roman fait 216 pages), je n'arrivais à adhérer. Et puis vient la rencontre d'Antoinette avec le psychiatre de la compagnie (le psychiatre explique la raison d'être de la compagnie) suivie du passage de sa relation avec son oncle Léon: les deux seuls passages du livre où je me sentie "dedans". L'histoire enfin, me touchait.

Le livre traine pendant la première partie mais la fin est par contre rapide. Antoinette retrouve le goût de la vie mais on ne sait pas vraiment pourquoi. Suite à la mort de sa mère qu'elle détestait tout au long et qu'elle commence à aimer tout à coup ? Là aussi, je n'ai pas adhéré.

Voici quelques citations: belles, intéressantes ou touchantes.

Le paragraphe d'ouverture du livre: '"On a tous déjà pensé à nous tuer. Au moins une fois, au moins une seconde, le temps d'une nuit d'insomnie ou sans arrêt, le temps de toute une vie."

Sur le blackout: "Quelques secondes plus tard, j'ai dû être engloutie dans la gueule intemporelle de l'inconscience. Le passage au noir, ça ne se vit pas. Ça ne peut que se supposer une fois de retour, le blackout n'étant pas une expérience à proprement parler mais une déduction."

Sur une porte dans le vide: "Une porte laissée pour compte, non attenante à quoi quoi ce soit, ça ne se peut pas, dans la vraie vie. On ne fait pas ainsi de la poésie architecturale dans le monde de la fonctionnalité."

Et pour terminer avec humour et puis espoir.

Sur les anglicismes. Lyndon était le copain de classes d'Antoinette. Il était anglophone "Souvent, il disait obvieusement, il francisait obviously, et personne ne l'a jamais corrigé: c'était un anglophone, il n'avait donc aucune obligation vis-à-vis du français."

Sur le goût de vivre retrouvée par Antoinette: "La vie vaut toujours la peine d'être vécue, ne serait-ce que pour pouvoir jurer contre elle. Ne serait-ce que pour être témoin, tête haute de son insondable absurdité."

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