 Cliquez pour agrandir | Pourquoi Benerdji s'est-il suicidé ?De Nâzim Hikmet
Editeur : Aden Parution le : 5 Septembre 2005 ISBN : 978-2-9304-0212-3 EAN13 : 9782930402123
J'ai pris le train l'avion l'automobile la plupart des hommes ne peuvent les prendre je suis allé à l'opéra la plupart des hommes ne peuvent y aller ils n'ont même pas entendu parler d'opéra mais depuis 1921 je ne suis pas allé moi à certains endroits où vont la plupart des gens à la mosquée à l'église au temple à la synagogue chez le jeteur de sorts mais il m'est arrivé de me faire lire le marc de café ce que j'écris est imprimé en trente ou quarante langues mes livres dans ma propre langues mes livres dans ma propre langue sont interdits dans mon pays. |
Prix conseillé : 8,20 € - Prix : 7,79 € |
Acheter ce livreVos avisPetit opuscule qui mélange avec la virtuosité la plus moderne prose vers, toujours plein d'humour, sans ironie, et très loin du manichéisme aveugle que l'on pourrait attendre de la part d'un poète communiste du début du siècle. Le conteur se présente les mains dans la création, au plus près de sa créature, Benerdji, son enfant, dont la mort est annoncée dès le titre. Trois histoires se succèdent alors pour résoudre dialectiquement le conflit qui oppose l'individu à la cause commune: Benerdji n'est pas celui qui mourra d'amour, comme les grands héros occidentaux; Benerdji est encore moins le martyr qui mourra pour la cause, comme son ami Somadeva. Benerdji doit mourir comme les Lafargue, en se soustrayant de l'histoire en marche, autrement dit d'une façon réellement sublime. Le livre d'Hikmet offre la rigueur d'une pensée et un attachement sincère, sans jamais tomber dans l'indignation, l'emphase, ou la culpabilisation du lecteur. L
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Commentaires Amazon| 2009-08-05 | Note : 1/5 | Parce qu'il était révolutionnaire ? Littérature militante qui assimile l'enthousiasme des foules (émotion) à leur conscience (raison), le sang à la beauté, l'idéologie au style, la poésie avec l'activisme, et invite le lecteur à brûler de rage devant un impérialisme posé en destructeur (les méchants capitalistes) et à jouer en faveur de l'anticolonialisme (ici, en Inde), allant jusqu'à légitimer les personnages anonymes de l'histoire, les martyrs, leur assurant une mort active, héroïque !, autant d'inepties naïves où le lecteur est presque pris pour un lâche et où l'auteur érige son militantisme aveugle en une littérature engagée vite cassée par une phrase de Wilde : "Une cause n'est pas nécessairement vraie parce qu'un homme meurt pour elle."
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