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  Fiche livre


Mon frère est fils unique
De Antonio Pennacchi
Editeur : Le Dilettante
Parution le : 24 Août 2007
Sélection Rue des Livres

Un roman autobiographique qui évoque l’adolescence sur un ton férocement ironique et pourtant baigné de tendresse. Le livre raconte trois histoires, intimement mêlées : les démêlés du héros avec une famille pauvre où l’on accepte mal son caractère rebelle, sa recherche éperdue, et longtemps vouée à l’échec, de l’amour, enfin les errances qui le mènent du fascisme au maoïsme, dans ces années soixante où une bonne partie de la jeunesse italienne estimait que tout, dans la vie, est politique. Un roman de formation, un roman picaresque et comique nourri de la même verve que la comédie à l’italienne

Le roman d’Antonio Pennacchi (Il fasciocomunista) a été adapté au cinéma par Daniele Luchetti. Présenté au dernier Festival de Cannes dans la sélection Un certain regard, il est sorti dans les salles françaises le 12 septembre 2007.


Antonio Pennacchi. Né à Latina en 1950 et depuis : marié, père de deux enfants, grand-père. Jusqu'à récemment, il fut travailleur de nuit dans une usine. Très jeune, il s'inscrit au MSI (parti néofasciste), avant d'en être expulsé et de rejoindre les troupes marxistes-léninistes, puis le Parti Communiste Italien ainsi que de nombreux syndicats et mouvements comme le PSI, la CGIL, la UIL... En 1982, son expulsion de la CGIL marque une rupture avec la politique. Il a alors plus de quarante ans, fréquente pour la première fois les bancs de la fac, et se met à écrire des romans.


  • Traduction de Jean Baisnée
  • Littérature étrangère
  • Vos avis

    Magnifique émouvant un vrai bonheur. J'entame la deuxième partie et je m'en réjouis à l'avance.
    Ce livre restera dans ma mémoire longtemps après avoir lu Vogliemmo Tutto dans la meme veine il y a maintenant près de 20 ans.
    Cuore Italiano


    Autant que pour sa "lecture" de l’Italie pré-années de plomb, le roman vaut par la justesse du portrait d’Accio, et ce qui arrive après son activisme politique (le roman gagne alors en émotion pure) : combien de militants se sont mis à la politique pour trouver une deuxième famille plus que pour agir? On reconnaîtra alors à Penacchi la réussite dans son exercice difficile: il porte sur lui-même un regard qui n’a rien d’angélique.
    Hubert Artus, rue 89


    La presse en parle

    Il y a des livres en chair et en os, plus vivants que d'autres. Mon frère est fils unique est de ceux-là, dont la très bonne adaptation de Daniele Lucchetti a, de l'autre côté des Alpes, rouvert le chapitre des années 70. On peut aussi dévorer l'original, 400 pages pleines de disputes familiales et de fureur politique, signées par celui qu'en Italie on surnomme "l'écrivain-ouvrier" : Antonio Pennacchi, qui l'a nourri d'une belle partie de ses errances.

    François-Guillaume Lorrain, Le Point
     

    Si le roman compte plus de 400 pages, il se lit d’une traite, parce que le narrateur nous emporte dans son récit avec une énergie débordante avec son franc-parler irrésistible et son esprit canaille. Un très bon moment de lecture !

    Anne-Sophie Demonchy, La Lettrine
     

    Au programme: un peu de séminaire, des engueulades avec les parents, des fugues, des manifs, des débats fumeux et enfumés, des bastons, des gueules de bois, des enthousiasmes sentimentaux, des amours déçues, des rêves brisés. Et même une rencontre avec Pasolini! Sous la plume lumineuse et souvent drôle de Pennacchi, ni remords ni regret, juste un peu de nostalgie pour le temps des camarades. Qu'ils fussent de droite ou de gauche.

    Jean-Christophe Buisson, Le Figaro Magazine
     

    Il y a quelque chose du roman picaresque dans Mon frère est fils unique et on retrouve le côté obstiné et drôle de Lazarillo de Tormes chez Antonio Pennacchi. Cette autobiographie politique a le rythme, la drôlerie, la gravité aussi des épopées espagnoles. (...) C'est l'une des bonnes surprises de la rentrée littéraire. On attend la suite.

    Emmanuel Hecht, Les Echos
     

    Cette langue très originale explique la réussite de Mon frère est fils unique, un roman picaresque parcouru par une énergie inépuisable, qui propose une chronique hilarante et absolument anti-idéologique d'une époque où les jeunes voulaient tout et où la famille politique remplaçait souvent les liens de sang.

    Fabio Gambaro, Le Monde des livres
     

    Che casino! L'école, la religion, la tentation fasciste, puis anarchiste et révolutionnaire... Tout ça pour finir au confessionnal. Plus qu'une autobiographie, voilà une biographie italienne émouvante.

    Nicolas André, La Voix du Nord
     

    Revendiqué ouvertement comme autobiographique, Il Fasciocomunista est un roman d'éducation drôle et mouvementé, cruel et tendre à la fois, un peu dans la veine du néoréalisme italien des années 1950. (...) Mon frère est fils unique est un beau roman de moeurs à l'italienne, sensible et plein d'humour.

    Jean-Claude Perrier, Livres Hebdo

    Extrait

    Un jour, j'en ai eu marre d'être au collège. Je suis allé trouver le père Cavalli et je lui ai dit :
    «Je n'ai plus envie de devenir prêtre, je veux retourner dans le monde.
    - Dans le monde ?
    - Oui, je veux aller voir comment il est fait.»
    Il n'arrivait pas à y croire. Il a insisté autant qu'il a pu : «Mais j'avais l'impression que ta vocation était solide. Il faut qu'on y réfléchisse. Si ça se trouve, il s'agit d'une crise qui va te passer. Demandons conseil au Seigneur et attendons.»
    Pour moi, pas question. J'en avais marre, voilà tout. Alors il a téléphoné à ma mère, ou plutôt il a appelé Mme Elide, qui était la seule dans le coin à avoir le téléphone, pour joindre ma mère et lui suggérer, à elle aussi, d'attendre un peu. Mais celle-ci - je veux dire maman, pas Mme Elide - a été encore plus brutale que moi : «S'il veut rentrer, qu'il rentre et qu'on n'en parle plus ! Inutile de traînasser. Béni soit Jésus-Christ !»
    Et c'est comme ça que je suis revenu.
    Le frère Pippo m'a accompagné. À Rome, nous avons pris le bus. Un bus rouge, je m'en souviens encore. Nous étions assis tous les deux à l'arrière, sur les sièges du fond. Pendant qu'on attendait le départ, les portières étaient ouvertes et laissaient passer l'air. Je sentais le vent sur mon visage. On était au début du mois de mai et le soleil brillait. Le frère Pippo tournait et retournait entre ses doigts le cordon noir de la congrégation de Saint-Vincent-de-Paul qui se mêlait à la couronne de son chapelet. À l'avant le chauffeur, tout débraillé, avait les pieds sur le volant et la radio marchait à plein volume. C'était Betty Curtis qui chantait à tue-tête : «Chari-ooot... La terra, / la terra / ci portera fortuna. / La luna, / la luna / ci svelerà il domani.» Et moi, je rentrais à la maison, heureux et content.
    Mais les autres, à la maison, n'étaient, de toute évidence, ni heureux, ni contents.


    Ils étaient déjà eux-mêmes à l'étroit. Et vaille que vaille, chacun s'était conquis son petit coin. Dans un
    ... Lire la suite


    Photos

    Photos du film "Mon frère est fils unique"

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