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Le Jardin clos
De Undine Gruenter
Editeur : Quidam
Parution le : 7 Février 2007

Le jardin est clos mais derrière ses murs, Soudain, un homme de 60 ans, y aime Équilibre, jeune femme « charmante comme la Vénus de Botticelli, une sylphide ». Ce jardin d'Éden aussi esthétique que théâtral lui est un écrin où contempler à jamais l'objet de son amour. Mais ce songe de l'un vers l'autre, ce rêve érotique entêtant, cet amour exclusif peuvent-ils prétendre à l'éternel ? Qu'apparaisse l'intrus et le bel ordonnancement est rompu. D'un couple défait, il reste pourtant encore l'histoire…
Le Jardin clos est un roman intemporel sur le bonheur qui perdure dans le souvenir comme dans le récit qui en est fait, par-delà la solitude, les déchirements et la séparation. Undine Gruenter livre là, en une langue mélancolique sans pareille, ce qui a fait l'essence de sa vie : l'imaginaire comme lieu du désir. « Que serait celui qui aime sans son imagination ? »


  • Traduit de l'allemand par Marielle Roffi
  • Littérature étrangère
  • Extrait

    Tout ce bruit qu'on fait autour de la virginité m'a toujours laissé froid. Je ne suis pas un immoraliste, mais la vertu ne m'intéresse pas. Quand mes petites sœurs se sont mises à parler de leurs règles en chuchotant, j'ai tourné la tête avec dégoût. Quand mes amis se sont mis à se vanter de leurs premiers succès attestés par des traces de sang sur des draps blancs, je me suis détourné avec dégoût. Je n'ai jamais compris à quel titre il faudrait perdre ou préserver une virginité. Qui plus est, la virginité est morte. Elle est morte sans qu'il n'y paraisse pendant les années soixante du vingtième siècle. Sa mort n'a pas été accompagnée de phrases pompeuses comme celle de ce Dieu soi-disant mort et qui, pourtant, toujours se relevait, tel un démiurge, et remplissait les églises. Son dernier voyage s'est fait sans fanfare, sans étendards ni drapeaux. Nous l'avons congédiée sans requiem ni marche funèbre, sans pluie ni pieds rougis par le froid. Elle avait été chassée depuis longtemps de ses demeures, les jardins virginaux, les couvents silencieux, les chambres blanches de jeunes filles qui ont meublé ses siècles. Des chambres aux rideaux de mousseline masquant l'extérieur, peintes en bleu pâle ou badigeonnées de blanc. Qui ne préservaient que des secrets dans lesquels toute mère aurait pu fourrer le nez en ouvrant un tiroir. Elles ont disparu. Le mot jeune fille a longtemps porté le deuil les jours de noces, bien que l'on continue à exhiber des robes blanches aux portes des églises.

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