Le théâtre algérien de l'engagement à la contestation
Editeur : Orizons
Hadj Dahmane nous livre une étude complète et érudite sur le théâtre algérien. Par les analyses horizontales et verticales qu’il commet, les exemples nombreux qui en alternent le déroulé, par l’agréable fluidité de son écriture, on peut estimer que son livre, quoique la bibliographie consacrée à ce sujet soit abondante, est une introduction importante à la connaissance du sujet.
À l’heure où le théâtre régresserait, « [par les coups de boutoir d’un] Internet qui encourage le goût de la dématérialisation de relations, contraire à la proximité humaine propre au théâtre », selon Georges Terrey, (en 2004), l’étude M. Dahmane nous offre un panorama fouillé du théâtre algérien. On en salue la parution puisqu’elle nous permet d’aborder une Algérie que nous connaissons mal et peu, ou selon le reflet des passions meurtries sur le fil de l’Histoire ; il était bon que cette nécessaire pénétration commençât par le média le plus approprié à la connaissance du genre humain : qui mieux que le théâtre appréhenderait, dans la pulsion cathartique, les utopies, les blessures, les espérances et les angoisses des hommes ?
Kateb Yacine, plus connu en France, n’est certes pas le seul qui ait écrit le langage du théâtre ; le théâtre algérien contemporain est riche d’écrivains, d’acteurs, de metteurs en scène que le livre de M. Dahmane sait fort bien portraire et surtout citer. Bref, cet opus est indispensable si l’on veut connaître l’Algérie, les Algériens, tant le théâtre, avait pensé Sartre, est un appel à un public auquel on est lié par une communauté de situations.
