La Chaîne d'union n° 65
Editeur : Conform Edition
Ce numéro de LA CHAINE D’UNION réunit les meilleurs parmi les auteurs maçonniques français : Irène Mainguy, André Combes, Roger Dachez, Yves Hivert-Messeca, Ludovic Marcos, Pierre Mollier, Jean-Michel Mathonière. S’y ajoute Jan Snoek, spécialiste international des religions et des rites. Peu de revues pourraient réussir cet exploit et recevoir pareil hommage. Qu’ils soient tous ici remerciés Mais plutôt que de vanter les qualités et les singularités de chacun des articles par nous réunis, attardons-nous sur celui de Jean-Michel Mathonière, grand spécialiste des compagnonnages (il y en eut plusieurs formes), découvreur de secrets enfouis dans des malles qu’on allait jeter, et ici analyste de la génétique et de la communication opératifs/spéculatifs, beaucoup moins claires et tranchées qu’on avait coutume de le penser. Le chercheur prend ses distances avec la théorie des deux périodes, l’une qui aurait été l’apanage des « opératifs », l’autre le règne absolu des « spéculatifs ». N’aurait-on pas fabriqué là une « dichotomie » exagérée et même plusieurs, non seulement entre les époques, mais aussi entre les catégories sociales ? Les opératifs, rappelle Mathonière, comptaient parmi eux de brillants architectes dont le nom est passé à la postérité : Philibert Delorme, Jean Bullant, Salomon de Caus, Gérard Desargues … Mais, prévient-il, « les tailleurs de pierre n’étaient pas que de simples artisans ne possédant pas les capacités intellectuelles propres à percevoir le richesse symbolique des outils et matériaux qu’il manipulaient. » On a d’excellentes preuves qu’ils étaient nombreux, ces opératifs, à « spéculer ».
