La France contre la Russie soviétique
Au sortir de la Premie`re Guerre mondiale, l'intervention antisovie´tique fut avant tout motive´e par l'e´tranglement de la contagion bolchevique. La France, comme treize autres puissances, a` des degre´s divers, y eut sa part.
D'abord de manie`re indirecte en Sibe´rie, en cornaquant la le´gion tche`que, puis apre`s la re´ouverture de la Mer Noire avec l'armistice de 1918, de manie`re directe, moyennant l'envoi de troupes franc¸aises. Michael Jabara Carley montre, en nous immergeant dans les archives franc¸aises, qu'il s'agissait alors de s'emparer de l'Ukraine et du Donbass, d'une part pour priver les bolcheviques de l'acce`s aux zones ce´re´alie`res et minie`res afin de provoquer l'effondrement de ceux-ci et, d'autre part, de faire main basse sur cet immense re´servoir de ressources a` exporter vers la France a` un prix fixe´ par celle-ci : en le « colonisant ».
Ces plans initiaux durent constamment e^tre revus a` la baisse (jusqu'au fiasco final apre`s les mutineries des soldats franc¸ais) du fait d'un faisceau de variables sous-estime´es lors de cette intervention: absence totale de soutien a` celle-ci de la population russe ; troupes franc¸aises re´calcitrantes a` se faire tuer en combattant des prole´taires russes afin de sauver les inte´re^ts de la bourgeoisie franc¸aise, apre`s de´ja` plus de quatre anne´es de boucherie a` son service ; contamination galopante de ces troupes par le bolchevisme ; opinion publique franc¸aise remonte´e contre cette intervention juste apre`s la de´vastation de la guerre mondiale ; absence de fiabilite´ des troupes allie´es « russes blanches » et sans base populaire, au contraire de l'Arme´e rouge de´voue´e et discipline´e.
« Il est arrive´ ce qui devait arriver - l'e´chec complet d'une aventure ridicule. »
Ge´ne´ral P.-H. d'Anselme, commandant des troupes franc¸aises et allie´es en Russie me´ridionale en 1919, au ge´ne´ral Berthelot.
