Venise

Auteur(s) : Massimo Favilla, Ruggero Rugolo
Editeur : Vilo

Selon les termes de Francesco Sansovino, auteur du tout premier "guide" de Venise en 1581, alors que bien d'autres villes peuvent s'enorgueillir de posséder "de nombreuses richesses et de somptueux édifices", Venise, "posée sur les eaux, n'est comparable à aucune autre ville au monde". Depuis les origines de Venise et jusqu'à sa chute en 1797, les membres de la classe dirigeante vénitienne idéalisèrent leur République, véritable incarnation, à leurs yeux, de l'Etat idéal, un Etat dont les vertus devaient se refléter dans la splendeur des édifices et dans la singularité du paysage urbain.
Du temps de sa gloire, la Sérénissime suscita l'admiration mais aussi l'envie, sentiments somme toute assez naturels face au sentiment de supériorité ostensiblement affiché par les Vénitiens. Ceux qui avaient envié et admiré Venise contemplèrent sa chute avec stupeur et incrédulité, avec une pitié teintée de mélancolie, mais non sans un certain plaisir, presque sadique, devant le spectacle de ce splendide "corps" malade, incurable mais résistant, jusqu'au bout, obstinément, à la déchéance.
Dépouillée de ses précieux ornements, dépossédée de sa propre légende qui pourtant semblait immortelle, Venise, toujours splendide, conserve les signes de sa gloire passée. Intacte dans sa substance même, malgré, il est vrai, quelques déchirures et quelques offenses, elle conserve sa forma urbis. L'image que Venise s'est forgée au fil des siècles, celle d'une cité créée, dès ses origines, par la volonté de Dieu, exerce encore aujourd'hui une attraction quasi magnétique : ainsi, le nom de Venise viendrait du latin "veni etiam", c'est-à-dire "viens et reviens, encore et encore", car, promet Francesco Sansovino, "chaque fois que tu y reviendras, tu y découvriras des choses nouvelles et de nouvelles beautés".

37,00 €
Parution : Octobre 2013
142 pages
ISBN : 978-2-7191-0979-3
Fiche consultée 44 fois