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En amour sommes-nous des femmes ?

En amour sommes-nous des femmes ?

Auteur : Florence Ehnuel

Editeur : Editions le Pommier

En amour sommes-nous des femmes ? Les femmes ont-elles une manière bien à elles d'aimer, différente de celle des hommes ? Mais les femmes aiment-elles toutes de la même manière ? Et une femme d'une seule manière ?

Les Petites Pommes du Savoir
Des réponses brèves, claires et sérieuses aux questions que vous vous posez sur le monde.

4,99 €
Vendeur : Amazon
Parution :
Format: Poche
55 pages
ISBN : 978-2-7465-0331-1
Extrait

Lorsque nous aimons, nous, femmes, aimons-nous d'une manière spécifique qui n'est pas celle des hommes ? Aimons-nous selon un style bien reconnaissable ?
Je ne suis pas férue de théorie pure. Je ne sais pas parler sans m'impliquer en première personne. Je ne sais que naviguer entre la notion abstraite et mon expérience propre qui nourrit et oriente nécessairement mon propos (je soupçonne d'ailleurs ma méfiance à l'égard des théories générales, des abstractions univer­selles, d'avoir quelque chose à voir avec mon statut de femme...).
Car comment pourrais-je parler de toutes les femmes ? Elles sont toutes si singulières ! Toutes ont construit un rapport propre au féminin et au masculin, au croisement entre une individualité, une histoire et une culture. Et pourtant la question «En amour sommes-nous des femmes ?», avec sa première personne du pluriel, me plaît : je la trouve fichtrement judicieuse ! Pourquoi salué-je ici de quitter le strict «je» ? Eh bien, parce que le «nous» va me permettre de dire à quel point, lorsque j'aime, plusieurs femmes et plusieurs définitions de la femme sont réunies en moi, entretenant, de plus, entre elles, des relations diverses, tantôt coopérant, ou vivant en bonne intelligence, tantôt s'affrontant, antagonistes. Je vous propose donc de décaler légèrement la question qui devient alors : «En amour, quelle légion de femmes circulent, se disputent, s'ac­cordent en moi, et comment souhaité-je m'arranger de cette multitude ?»
Me suivrez-vous ainsi sur le chemin de cette réponse ? Je ne prétends pas à l'universa­lité, je ne peux parler pour toute femme, je ne peux vraiment parler que depuis ma personne. Mais je décèle tout autant en moi une pluralité qui, je le crois, a plus de chances que l'universel de produire entre nous du commun et de nous permettre le partage et l'échange. Plusieurs représentations ou modèles du féminin orien­tent mon action et mobilisent mes désirs. Je voudrais, avec vous, les expliciter, ne serait-ce que pour savoir ce qu'ils valent. Me suivrez-vous ?

Je pioche dans mon jeu de femmes (je porte en moi un jeu de femmes comme un bricoleur dispose dans sa boîte de tout un jeu d'outils, ou un dandy d'un jeu fourni de foulards et de cravates). J'en tire mon premier modèle. Il a une priorité du fait de son ancienneté sans doute, ou du moins de son allure d'ancienneté, car il n'a, au fond, peut-être pas plus d'un siècle et demi. Ce premier modèle de femme est vieilli. Il est désuet, patiné, il résiste encore pourtant. Il a la vie dure.
Il prétend qu'aimer en femme, c'est se montrer douce, accueillante, serviable, coura­geuse et travailleuse au sein du foyer, toujours enjouée, mais aussi discrète. Joli modèle tout de même ! Difficile d'y résister ! Bel idéal ! Ce serait tellement bien d'être cette femme-là ! Ça me fait envie tout de même ! Cette femme est amoureuse de son homme, c'est-à-dire qu'elle lui est dévouée ; pour tout ce qui concerne la maison et son alentour, il peut compter sur elle. Elle est vertueuse, elle ne court pas après les autres hommes. Elle n'est pas non plus exigeante, elle comprend que son mari parte, revienne épuisé, de la guerre, de la chasse, ou de je ne sais quel front du travail harassant, mais ce qui compte, c'est qu'elle le laisse tran­quille s'il a besoin de se reposer et qu'elle se rende disponible s'il a besoin de sa présence ou de son corps. Elle ne lui en veut pas de ses sau­tes d'humeur ni de ses absences en tout genre. Aimer son époux, c'est pour elle rester envers et contre tout solidaire de ses entreprises, le soutenir dans ses efforts et l'encourager, tou­jours avec patience, lui manifester, même, de l'admiration. Son corps, elle l'offre sans rechi­gner mais sans réclamer non plus. Son plaisir n'est-il pas avant tout d'en donner ?