Les silences de la barbarie

Auteur : Andrea Kalix
Editeur : Createspace Independent Publishing Platform

Antoine vit quatre hommes descendre la boîte dans laquelle on avait mis son père au fond d’un trou. Pourquoi les laissait-on faire ? Tout le monde regardait mais personne ne bougeait. Au bout de quelques minutes, sa mère s’avança vers la tombe en le tirant par la main. Une femme tenait un panier rempli de roses. Anna en prit deux et en donna une à Antoine. Elle jeta la rose sur le cercueil et susurra à Antoine d’en faire de même. Il hésita. Il trouvait le geste irrespectueux. Pourquoi ne pas placer le bouquet sur le cercueil au lieu de jeter négligemment ces fleurs, comme pour s’en débarrasser. Sa mère lui fit signe de jeter la rose. Il s’exécuta en essayant de la lancer de façon à ce qu’elle tombe bien droite, comme si elle avait été déposée avec délicatesse.
La fleur tomba à côté du cercueil.

15,72 €
Parution : Février 2017
288 pages
ISBN : 978-1-5423-8368-4
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Vos avis

A découvrir...

Un polar … je dirais avant tout un roman qui raconte l’histoire d’une bascule… Une réflexion sensible sur la psychologie humaine. Les personnages sont attachants, voire émouvants par leur personnalité et leurs actes, l’auteur évitant – volontairement ou non ? - d’en dévoiler l’intimité et les tourments. Il s’en tient aux faits. Point d’extravagance ni de pathos, des faits tirés d’histoires banales qui s’entrecroisent et, implacablement …. mènent la vie d’Antoine. L’écriture est épurée, un style direct animé par de nombreux dialogues. Un bon scénario de film. Pour ma part, j’ai eu envie de le savourer par petite touche quotidienne. In fine … c’est un livre qui questionne.
M.

Extrait

Le commissaire Gasquier convoqua dans la foulée Sylvie, la mère de Mickaël. Il la vit arriver, habillée en rose des pieds à la tête. Elle avait dû être une femme appétissante. Mais aujourd’hui, le bonbon rose approchait les quatre-vingt-dix kilos.
A la différence du père, elle soutenait son fils contre vents et marées. Elle expliqua que non, son fils n’était pas violent, mais qu’il avait besoin de se défouler. C’était normal pour un garçon de son âge.
Commissaire, vous avez peut-être des enfants. Vous savez ce que c’est.
Non, je n’ai pas d’enfant. Mais ce n’est pas le problème.
Alors, vous ne pouvez pas comprendre.
Si, je crois que je peux comprendre beaucoup de choses, mais là, on parle de viol. Et ça, j’ai du mal à l’entendre. On ne parle pas d’un gamin qui a besoin de se défouler.
Le commissaire Gasquier décida de laisser tomber les questions de morale. Cette femme était sous-dotée intellectuellement.