Pourquoi je mens
«Je doutais de la fiabilité de mes souvenirs. De tous les souvenirs. Je savais bien que dans le fond ils étaient inventés. Et cette propension à l'invention s'est répandue comme un liquide.» Pourquoi sabotons-nous nos relations amoureuses ? Alors que la narratrice, Pauline, quarante-cinq ans, retrouve Roman, son amour de jeunesse, vient l'heure du bilan. Elle rouvre un dossier qu'elle croyait clos : celui de son père, cet homme si beau et si malheureux dont elle ignore tout, sinon qu'il est mort mystérieusement lorsqu'elle avait dix ans. En revenant sur les silences qui entourent ce personnage trouble, elle interroge son propre sens du drame et son penchant pour la mythomanie, qui lui ont valu tant de déboires sentimentaux. Aidée d'un détective privé à l'imagination rocambolesque, elle remonte, avec espièglerie, la piste de ce père méconnu qui a déterminé sa vie. À partir d'archives, de témoignages et de ses rares souvenirs, elle explore des hypothèses. Cherche des secrets. Attend de grandes révélations. Au risque de découvrir que, en amour comme dans l'existence, les histoires qu'on se raconte l'emportent bien souvent sur la réalité... Ce roman poignant, plein de fantaisie et d'humour, explore ce que sont les pères pour les filles, et la part d'ombre que l'on reçoit en héritage.
La presse en parle
«Il y a des familles où l’on ne raconte pas d’histoires.» Pauline ne sait presque rien de son père, Bernard, né en 1942, mort en 1986 lorsqu’elle a 10 ans. Il rendait rarement visite à sa fille. De plus, «on ne nous laissait jamais seuls, lui et moi». Sa mère l’a élevée en partageant sa vie avec un autre homme. Pauline va en classe le matin même de sa mort et se met à mentir, à tricher, à entrer dans la peau de l’orpheline modèle qui aurait fait son deuil et ne poserait pas de questions ni de problèmes. Au point que sa grand-mère remarque un jour incidemment : «Tu n’as pas tellement souffert, finalement, de la mort de ton père.» Mais «les années passent, l’événement émerge, remonte à la surface, au détour d’un autre, d’une pensée, d’un choix de vie, ou d’un énième trébuchement». Le rapport que Pauline entretient avec les hommes et avec l’argent, notamment, est curieux ; l’écrivaine s’en amuse et en fait deux singularités charmantes de son personnage. Dans ce roman émouvant que l’on devine autobiographique, Pauline Klein met en scène une héroïne attachante qui invente Bernard.
Libération
