Même pas morte

Auteur : Geneviève Rioux
Editeur : Stock

27 mars 2016. Steph est victime d'une tentative de viol et de meurtre au coeur de la nuit. Son agresseur, qui l'a laissée pour morte, ignore que Steph tire sa force des récits d'une autre survivante, sa mère, attaquée seize ans auparavant dans des circonstances d'une troublante similarité.
Une question brûle : qui est le coupable ? Un inconnu, un ami, un proche ? Steph fera tout pour découvrir l'identité de celui qu'elle a combattu et qui l'a emmenée à la lisière de la mort. Pour comprendre son geste et, peut-être un jour, guérir.
Récit d'une enquête judiciaire haletante, quête profonde de justice, ce premier roman saisissant, inspiré du vécu de l'autrice, est un cri de vie.

21,50 €
Parution : Janvier 2026
320 pages
ISBN : 978-2-2340-9944-9
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Extrait

Qui meurt au moment de tuer ?
Son souffle est court, saccadé. Étendue au sol, elle parvient à peine à respirer.
Bang ! Son pied frappe un pot de peinture. Elle est désorientée. Ses yeux s’ouvrent, elle voit le sang. Partout le sang, chaud le sang.
– Merde, je suis sur le palier de… l’escalier… Faut que je me calme. Je peux pas bouger si… je respire comme ça.
Elle se parle à voix basse d’un ton rêche. Elle détache les syllabes.
– Faut-que-je-me-cal-me.
Elle tente de remettre en ordre les souvenirs des derniers événements. Son retour du travail passé minuit, ton entrée brutale, alors qu’elle s’était assoupie dans son lit. Prise par surprise. Elle avait pourtant repéré les indices d’un passage : l’impression de tourner la clé dans le beurre à son arrivée, le store rabattu dans la salle de bains et les rideaux de la chambre fermés. Elle habite un trois-pièces au deuxième étage d’un triplex. Elle a l’habitude de laisser les fenêtres dégagées pour que ses plantes goûtent les rayons du soleil. Étonnant, donc. Les signes s’accompagnaient d’un mauvais pressentiment, d’une impression de déjà-vu. Elle s’était rassurée. Pas possible, pas deux fois. Et l’avait répété plus lentement, tel un mantra. Pas possible, pas deux fois.
Sortie au bar la veille, maganée1. Elle était passée directement au lit, complètement nue. Puis s’était réveillée en entendant le craquement de son vieux plancher en bois. Elle s’était soulevée et accoudée sur son bras droit. Encore engourdie de sommeil. Elle t’a vu, toé, quelqu’un, n’importe qui, encagoulé et vêtu de noir. Tu t’es approché brusquement de son lit et tu t’es penché sur elle.
– Tu cries pas, tu fermes ta gueule. Tu fais ce que je te dis.
– Putain, je le savais. T’es qui ? Qu’est-ce que tu fais là ?
– Tourne-toi sur le ventre !
Des ordres chuchotés sur un ton sec et acerbe. Elle a répliqué :
– T’es qui ? T’es Nicholas ?
– On se fout de qui je suis. Tourne-toi sur le ventre !
– Non, décâlisse !
Tu lui as montré l’arme serrée dans ta main droite.
– Fais ce que je te dis. J’ai un couteau.
Elle peinait à voir l’arme. C’était si sombre et tu portais des gants foncés. Elle n’y croyait pas, de toute façon. Dans sa tête, tu voulais lui foutre la chienne. Non, elle ne pouvait pas imaginer la violence qui se préparait, encore moins ton acharnement. Elle t’a même invité au dialogue, tentant de comprendre ; elle était arrogante. Ça ne se passait pas comme tu le voulais, apparemment.
C’est à ce moment-là que tu as tilté. Ta rage a giclé, sans bon sens. BANG, BANG, BANG. Tu l’as frappée au visage et à la tête. Avec le poing, celui qui tenait le couteau et tranchait sa peau. Une fois, deux fois, sept fois. BANG, BANG, BANG, BANG.

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