Les orphelins: Une histoire de Billy the Kid
Soudain, le vide se fit en lui. Son petit corps se contracta tout entier, il trembla ; et, à cette minute, il sut qu'il serait toujours seul. Une terrible angoisse lui remonta par le bas du ventre. Il aperçut à contre-jour la gueule de Cahill, la mort lui parut proche, toute proche ! Sur sa joue, il sentit le soleil, son harmonie mortelle, sa beauté. Il eut envie de pleurer. Alors, les visages des soldats, des garçons vachers qui faisaient cercle autour de lui, s'évaporèrent dans le néant. Sa main se faufila jusqu'à l'arme, et il tira.
La presse en parle
A travers Billy, pauvre gamin qui mendie et dort dehors, Petit Poucet rimbaldien échappé d’un conte de Dickens, Eric Vuillard raconte « la fable des grandes inégalités », soit les origines sordides de la superpuissance qui fête cette année les 250 ans de son indépendance : « une colonie établie à la va-vite sur des marécages » aux mains d’affairistes et d’anciens confédérés confits dans un racisme incurable. Bien qu’il ne soit jamais nommé dans le livre, Trump habite chacune de ses pages, avatar dégénéré des tueurs du Kid, aujourd’hui maîtres de Washington, la capitale fédérale avec « son immense bassin réfléchissant, déjà là, comme le témoin attardé dans le passé de tous nos crimes à venir »
E.P., Le Nouvel Obs
