Omar et Greg

Omar et Greg

Auteur : François Beaune
Editeur : Nouvel Attila

« On ne pense pas de la même façon le ventre vide et le ventre plein » Omar et Greg sont deux enfants d'ouvriers. Deux jeunes nés et grandis dans des ZUP. Le petit fils d'Algérien engagé dans l'armée française, chasseur de skins à l'adolescence, est travailleur social ; l'Italo-Tunisien, cheminot homo formé à la lecture de Jaurès et de Che Guevara, est devenu militant de carrière. Après mille expériences entre Reims et Vaulx-en-Velin, Bordeaux et Marseille, tous deux se retrouvent un jour à proposer au Front national un projet politique aberrant : faire entrer la communauté musulmane au FN. L'itinéraire de ces deux citoyens engagés et enragés témoigne de la manière dont la France accueille et forme (ou pas) ses enfants de l'immigration : quartiers, racisme, religion, éducation, sexualité, engagement, rapport à l'autre... Omar et Greg cherchent leur place avec une interrogation obsédante sur ce que c'est qu'être français.
L'écrivain François Beaune, connu pour ses Entresorts et ses Histoires vraies, a connu Omar et Greg dans le quartier de la porte d'Aix, à Marseille. Il les a rencontrés, écoutés, enregistrés, et en a tiré cette fresque sociale, récit d'une amitié hors norme et portrait croisé de deux citoyens qui, par leurs contradictions, incarnent un destin français.

17,00 €
Parution : Septembre 2018
160 pages
ISBN : 978-2-3710-0036-0

Extrait

Omar.
“Mon attrait pour le FN, c’est plein de choses, une marmelade. Des fois je me dis, Omar, tu es maboul ou quoi ? Pourquoi tu es parti voir Jean-Marie ? Et là je me réponds, mais quand même, il fallait bien montrer la bonne image ! Mais de qui ? De moi ? des musulmans ? des Arabes ? C’est un truc important que cette reconnaissance. (…) J’ai toujours du mal à me positionner sur l’échiquier français. C’est un truc de malade, tu joues où ?
Je fais partie de la génération sacrifiée. On n’a pas été français, on n’a pas été émigrés, on avait le cul entre deux chaises. Le Front national, c’était ça. Il fallait que je trouve des réponses à mon questionnement. Est-ce que je suis ou pas un Français ? Marine m’a dit que non, Jean-Marie m’a dit que oui, et au final, j’ai pas eu ma réponse.”