La capitale

La capitale

Auteur : Robert Menasse
Editeur : Editions Verdier
Sélection Rue des Livres

Un cochon sème la panique dans le centre de Bruxelles. Autour de la place de la Bourse, un Turc de passage est renversé par l'animal. Un vieux monsieur lui tend la main pour l'aider à se relever : « Gouda Mustafa prit la main et se releva. Son père l'avait mis en garde contre l'Europe. » C'est sur cette scène symbolique que débute le roman de Robert Menasse, 480 pages haletantes et débordant d'imagination qui nous emmènent dans le monde ubuesque de « l'Europe ».
L'agression du cochon fou n'est pas la seule péripétie du début de ce livre : dans le même quartier, un homme est tué d'une balle de revolver. Qui est-il, pourquoi a-t-il été tué ? La question sous-tendra le récit jusqu'à sa fin, sans qu'on y apporte de véritables réponses. Le coup de feu a été entendu par un voisin, le Dr Martin Susman, qui travaille à la Commis- sion européenne et sera l'un des personnages principaux d'une autre branche du récit. Ainsi commence à tourner un incroyable manège sur lequel Menasse dispose ses personnages avec une inventivité sans borne et une joie créative aussi sardonique que communicative. Dans cette atmosphère tantôt spectrale, tantôt burlesque, mais toujours d'une drôlerie aussi fine qu'irrésistible, Menasse s'amuse alors à entremêler la trame de ses récits et à provoquer des croisements entre tous ses personnages.
Bruxelles est la scène de son théâtre, il y déroule son récit comme un metteur en scène de talent : Le rythme est précis, l'humour sec et omniprésent, le fond pensé et solidement charpenté.

24,00 €
Parution : Janvier 2019
480 pages
ISBN : 978-2-3785-6010-2
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La presse en parle

Dans une fiction bruxelloise engagée et drôle, l’écrivain autrichien s’alarme pour l’Europe.

L’histoire commence sur le mode de l’enquête policière, par l’assassinat d’un homme à l’Hôtel Atlas de Bruxelles, tandis que les rues de la ville sont bizarrement parcourues par un cochon en liberté, au grand effroi des passants. Mais l’enquête menée par l’obèse commissaire Emile Brunfaut, vite déchargé, tourne court, et son fin mot – un commando de tueurs polonais stipendié par le Vatican – a surtout l’air d’une parodie de Da Vinci Code (JC Lattès, 2004). Elle n’est en réalité qu’un prétexte pour décrire le milieu des fonctionnaires européens que Robert Menasse a fréquenté quelques années dans la capitale belge. Sa verve parvient à humaniser contre toute attente un univers peuplé d’experts, de bureaucrates et de lobbyistes, sans renoncer aux traditions, particulièrement développées dans la littérature autrichienne, du grotesque et de la satire mordante.
Nicolas Weill, Le Monde

Extrait

[Erhart] dit : c’est la raison pour laquelle l’Union doit bâtir sa capitale à Auschwitz. C’est à Auschwitz que la nouvelle capitale européenne doit voir le jour, planifiée et édifiée comme ville du futur, mais aussi comme ville qui ne peut oublier. “Jamais plus Auschwitz !”, voilà le socle sur lequel l’œuvre d’unification européenne a été édifiée. Et dans le même temps, c’est une promesse pour tout notre avenir. Cet avenir, nous devons le construire sous forme d’un centre de l’Europe, un centre qui fonctionne et qui donne l’impression qu’il fonctionne. Avez-vous le courage de réfléchir à cette question ? Ce serait tout de même un résultat de notre Reflexion Group : recommander au président de la Commission de lancer un concours d’architecture en vue de la planification et de l’édification d’une capitale européenne à Auschwitz.