Le secret des secrets

Auteur : Dan Brown
Editeur : JC Lattès
En deux mots...

L’auteur de thrillers le plus célèbre au monde revient avec son héros culte, Robert Langdon, dans un nouveau roman stupéfiant.

Traduction : Dominique Defert, Carole Delporte
24,90 €
Parution : Septembre 2025
704 pages
ISBN : 978-2-7096-6838-5
Fiche consultée 156 fois

Présentation de l'éditeur

L'éminent professeur de symbologie Robert Langdon se rend à Prague pour une conférence sur la noétique donnée par son amie de longue date, Katherine Solomon. La scientifique est sur le point de publier un ouvrage révolutionnaire sur la nature de la conscience humaine.
Un meurtre sauvage va soudain précipiter leur séjour dans le chaos. Katherine disparaît, et son manuscrit est piraté sur le serveur de son éditeur. Commence alors une course contre la montre dans Prague et ses mystères. Langdon se retrouve pourchassé par une étrange créature mythologique et devient la cible d'une organisation dont le projet pourrait changer à jamais notre conception de l'esprit humain.
Dan Brown est l'auteur de nombreux best-sellers internationaux. Da Vinci Code reste aujourd'hui l'un des romans les plus vendus de tous les temps.

Extrait

L’air sec et froid était revigorant alors que Langdon descendait la rue Křižovnická, ses longues foulées crissant dans la neige.
Il avait toujours aimé Prague – une ville qui semblait figée dans un autre temps. Relativement épargnée par les bombardements de la Seconde Guerre mondiale, la capitale de la Bohême avait conservé la plupart de ses bâtiments historiques, où se mêlaient architecture romane, gothique, baroque, Art nouveau et néoclassicisme.
Son surnom – Stověžatá – signifiait littéralement « aux cent tours », même si le nombre réel de tours, de flèches et de clochers était plus proche de sept cents. En été, la ville les illuminait grâce à une myriade de projecteurs verts. L’effet saisissant avait inspiré, disait-on, les concepteurs de la cité d’Émeraude dans le film Le Magicien d’Oz, un lieu emprunt de mystère, comme Prague.
En passant dans la rue Platnéřská, Langdon avait l’impression de parcourir un livre d’histoire. La façade imposante du Clementinum se dressait sur sa gauche, un complexe de deux hectares qui abritait la tour de l’observatoire où les astronomes Tycho Brahé et Johannes Kepler avaient travaillé, et la magnifique bibliothèque baroque renfermant plus de vingt mille ouvrages rares et anciens. Cette bibliothèque était son lieu préféré à Prague, et peut-être en Europe. La veille, avec Katherine, ils étaient venus visiter la dernière exposition.
Là, il tourna à droite face à l’église Saint-François d’Assise. Devant lui se dressait l’un des édifices les plus célèbres de la ville, magnifique dans le halo ambré des derniers réverbères à gaz urbains : le Karlův most – le pont Charles –, le pont le plus romantique du monde, d’après certains, construit en grès et bordé de chaque côté par trente statues de saints. Ce monument qui enjambait la Vltava, protégé à chaque extrémité par des tours de guet, était autrefois le trait d’union entre l’Orient et l’Occident.
Langdon passa sous l’arche de la tour est et découvrit de l’autre côté un tapis de neige immaculé long de cinq cents mètres. L’ouvrage était exclusivement piéton, et pourtant il n’y remarqua aucune trace de pas.
J’ai le pont Charles pour moi tout seul ! Un moment unique. Il avait déjà éprouvé cette sensation – au Louvre, devant La Joconde, mais les circonstances à l’époque étaient évidemment moins plaisantes.
Petit à petit, Langdon trouva son rythme. Il ne ressentait plus la fatigue. Sur sa droite, parée de lumières, s’élevait la perle de la ville : le château de Prague.
C’était le plus grand du monde. Il s’étendait sur un demi-kilomètre de la porte ouest à la pointe est, et occupait une superficie de quarante-trois hectares. Ses remparts abritaient six jardins à la française, quatre palais, quatre églises, dont la magnifique cathédrale Saint-Guy, où étaient conservés les joyaux des rois de Bohême ainsi que la couronne de saint Venceslas, le souverain bien-aimé auquel un chant de Noël très connu rend hommage1.
Langdon esquissa un sourire en songeant à la communication de la veille, au château.
Katherine à l’œuvre…
— Viens avec moi à Prague et assiste à ma conférence, Robert ! lui avait-elle proposé deux semaines plus tôt. Ça tombe pile pendant les vacances d’hiver. Et c’est moi qui t’invite !
Langdon avait réfléchi à sa proposition. Ils avaient toujours entretenu une relation platonique, un mélange de complicité et de respect mutuel. Il était prêt à se laisser faire.
— C’est tentant, Katherine. Prague est magique, mais…
— J’ai besoin d’un cavalier ! Si tu veux tout savoir, je dois être accompagnée.
Il s’était esclaffé.
— C’est pour ça que tu fais appel à moi ? Toi, la scientifique célèbre dans le monde entier, tu as besoin d’une escorte ?
— Juste un gars à qui tenir le bras. Il y a un dîner de gala avec les sponsors, et après je vais faire ma conf dans cette salle hyperconnue, la Vlad-quelque chose.
— La salle Vladislav ?
— Exactement !
Langdon était impressionné. Il savait que les conférences de l’université Charles comptaient parmi les plus prestigieuses d’Europe, mais il ignorait qu’elles étaient aussi formelles.
— Tu es certaine que tu veux un simple professeur de symbologie pour t’accompagner à ton dîner de gala ?
— J’ai demandé à Clooney mais son smoking est au pressing.
— Toutes les noéticiennes sont aussi persuasives ?
— Juste les meilleures. Donc, j’en conclus que c’est oui.
Deux semaines, ça semble tellement loin, songea Langdon, toujours souriant, alors qu’il atteignait l’extrémité du pont Charles. Prague méritait sa réputation. C’était bien une ville magique… le point de rencontre de forces profondes. Parce qu’il s’est passé quelque chose, quelque chose de miraculeux…
Langdon n’oublierait jamais son premier jour avec Katherine dans cette ville de tous les possibles. Ils s’étaient égarés dans son dédale de rues, courant main dans la main sous la pluie, avaient cherché refuge sous les arcades du palais Kinský, et là, encore hors d’haleine, à l’ombre de la tour de l’horloge astronomique, ils s’étaient embrassés. Leur premier baiser. Un geste curieusement naturel malgré des années de relations strictement amicales.
C’était l’aura de Prague, ou un alignement des planètes, ou encore la main invisible du destin… Qu’importe, au fond. Une alchimie avait grandi entre eux et ne cessait de se renforcer depuis.

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