Elizabeth va très bien

Auteur : Julien Dufresne-Lamy
Editeur : JC Lattès

« Il me fallait réécrire ma mère fragile, féroce, ma mère au-dessus de sa vie, au-dessus de la mienne. Mais cette fois, pourvu que ça ait été beau. »
« Elizabeth va très bien. » Quatre mots inscrits sur un cahier par un infirmier. Quelques heures plus tard, Elizabeth est retrouvée morte dans son salon. Lorsque son fils apprend la nouvelle et revient sur les lieux maternels, des éléments inquiétants surgissent : des documents médicaux, une plainte pour harcèlement, des appels à l'aide. Qu'est-il arrivé à Elizabeth ?
Avec une écriture fébrile et habitée, Julien Dufresne-Lamy déploie une enquête saisissante sur ce qu'Elizabeth a enduré, sur ce qu'il ignorait, sur leur lien fusionnel, désormais brisé. Une autre histoire se dessine : celle de toutes ces femmes qu'on abîme, délaisse, et efface sans bruit.

20,90 €
Parution : Janvier 2026
288 pages
ISBN : 978-2-7096-7625-0
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Extrait

Sur la page zéro, je tape ce titre, et la magie : un livre existe. Je le prononce à voix haute. Elizabeth va très bien. En silence, je le réalise. Elizabeth va très bien. Je le regarde longuement et sans bruit, comme la couleur inouïe du monochrome. Elizabeth va très bien, je le dis comme une incantation. En chantournant les mots : Elizabeth va très bien. Comme si j’avais encore honte de l’histoire de ma mère.
Elizabeth va très bien. C’est ce qu’on a écrit à son sujet ce vendredi de printemps, quelques heures avant sa mort. En triant ses affaires dans son petit appartement de Provence, j’ai lu cette phrase comme un psaume. Elizabeth va très bien et c’est vrai qu’elle allait bien, qu’elle était encore jeune, vive et belle, qu’elle n’avait aucune alerte suspendue au-dessus de ses jours.
Oui, Elizabeth va très bien.
Ces mots ont été rédigés par un infirmier à domicile pour un contrôle de routine. Une petite note en pattes de mouche sur un grand cahier ligné posé là, sur la table basse de son salon, parmi les vases céladon, les deux télécommandes et un paquet intact de cigarettes. Sur le cahier gribouillé, c’était même la phrase ultime. Écrite une heure avant sa mort, peut-être deux. Mais quand je l’ai lue, assommé parmi les papiers étranges d’Elizabeth, incrédule de ce qui était en train de devenir sa dernière histoire, je me suis dit que cette phrase-ci serait un beau titre de livre.
Elizabeth va très bien.

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